Tiss Rodriguez
Musicien
Février-Mai 2023
- Arts de la scène
- Musique
- La Nouvelle-Orléans
« Avec la Villa Albertine de La Nouvelle-Orléans, je compte promouvoir la tradition du jazz français dans sa ville d’origine et y recueillir des graines de savoir et de traditions que je rapporterai à Paris où elles pourront fructifier. »
Je m’appelle Tiss Rodriguez, je suis batteur et compositeur. Je suis né et j’ai grandi à Paris où ma famille a fondé il y a 40 ans le célèbre club de jazz Le Baiser Salé, rue des Lombards, réputée pour ses établissements dédiés à ce style musical. Ma mère en est toujours la gérante. Mon père, batteur, m’a initié à l’âge de 10 ans. Depuis ma naissance, je baigne dans la musique africaine et le jazz.
Avant même de sentir l’appel du jazz, Le Baiser Salé m’a permis de découvrir la musique caribéenne, africaine et latino-américaine. J’ai eu la chance de pouvoir étudier la musique nord-africaine avec Mokhtar Samba, cubaine avec Lukmil Perez et camerounaise avec Etienne M’bappé et Richard Bona. Je suis allé à Bahia, au Salvador, pour recevoir l’enseignement de maîtres percussionnistes. C’est en rencontrant le grand batteur de jazz Leon Parker à Paris que je suis tombé amoureux du jazz. Leon m’a ouvert les yeux et les oreilles à une nouvelle approche mélodique du rythme. Je me suis ensuite rendu à New York, où j’ai eu le privilège d’apprendre auprès de maîtres tels que Greg Hutchinson et Jeff Balard.
Batteur depuis sa plus tendre enfance, Tiss Rodriguez s’est formé au cœur du Paris jazzy, dans la célèbre rue des Lombards, aux quatre clubs de jazz légendaires. En 2013, il a rejoint le Didier Lockwood Music Center pour étudier, notamment, auprès d’André Charlier. Il a travaillé avec des artistes comme Catherine Ringer, Moodoïd, Mayra Andrade, Sébastien Tellier, Shy’M, Imany Asa, Spleen, Juan Rozhoff, Daby Touré, et est actuellement en tournée avec Sopico. Ses sources d’inspiration sont nombreuses et d’origines très diverses : il a une curiosité insatiable pour les styles et genres musicaux du monde entier.
APPEL ET RÉPONSE : UNE CÉLÉBRATION DES CONVERSATIONS SPIRITUELLES DANS LA MUSIQUE ET LA DANSE AFRO-AMÉRICAINES
La Nouvelle-Orléans symbolise la convergence entre la diaspora africaine et les traditions européennes, dont de nouvelles formes de musique et de danse ont émergé. Leurs origines et leurs traditions sont tout autant célébrées aujourd’hui qu’à l’époque de leur création. La batterie y façonne la musique et la danse, et donne leur impulsion aux joies, rituels et célébrations des habitants.
BATTERIE
Je voudrais tout d’abord étudier la batterie auprès de maîtres comme Herlin Riley et Shannon Powell et explorer le monde des « Second Line » (les cortèges qui accompagnent notamment les funérailles jazz, NdT) en prenant part à cette tradition.
BUCK JUMPING
Parallèlement, j’aimerais étudier la danse associée à la musique des « Second Line », le Buck Jumping. Pour moi, il est important d’apprendre à la fois la musique et la danse pour se plonger plus profondément dans les traditions et les rythmes de la ville. Je souhaite mieux comprendre la musique de rue de La Nouvelle-Orléans et la façon dont les fanfares ont évolué, d’un point de vue rythmique et harmonique. La ville peut s’enorgueillir de ses nombreux styles musicaux, de la musique traditionnelle néo-orléanaise au funk, en passant par le R ’n’ B (à toutes les époques), la bounce et la musique électronique expérimentale.
Ma résidence aura lieu à La Nouvelle-Orléans et peut-être à New York, si j’ai la possibilité d’y rencontrer les grands musiciens originaires de La Nouvelle-Orléans qui y résident.
LE « VIEUX CARRÉ » FRANÇAIS
Le club de ma famille fait partie de l’association Paris Jazz Club. À ce titre, il participe chaque année au French Jazz Festival à New York, qui met en lumière l’immense valeur des échanges culturels. J’espère pouvoir un jour inclure La Nouvelle-Orléans dans ce programme. La tradition de l’appel et la réponse ne font pas seulement référence à un dialogue musical à l’église ou dans les kiosques à musique, mais aussi à un dialogue entre les cultures.
La Nouvelle-Orléans et Paris ont un passé riche d’échanges, de Sidney Bechet à Wynton Marsalis. Avec la Villa Albertine de La Nouvelle-Orléans, je compte promouvoir la tradition du jazz français dans sa ville d’origine et y recueillir des graines de savoir et de traditions que je rapporterai à Paris où elles pourront fructifier.
En partenariat avec
Cité de la musique – Philharmonie de Paris
Située au cœur du parc de la Villette dans le Nord-Est parisien, la Cité de la Musique – Philharmonie de Paris est un complexe musical unique qui accueille près de 1.5 million de visiteurs chaque année.
Elle développe une programmation ambitieuse et éclectique (450 concerts et 2 à 3 expositions temporaires par an), tout en assumant pleinement son rôle social et sociétal. Elle vise ainsi à rendre accessible sa programmation à tous les publics, de tous âges et toutes origines sociales et géographiques, mais également à faire des enjeux d’égalité femmes-hommes, de diversité et d’éco-responsabilité une partie intégrante de son projet. C’est en ce sens qu’elle a créé, avec le Paris Mozart Orchestra, le concours de cheffes d’orchestre la Maestra et qu’elle développe de nombreuses actions sur l’ensemble du territoire en partenariat avec les collectivités, à l’instar du projet d’orchestres d’enfants Démos. Elle mène également des projets de coopération et de partenariat à l’international avec de nombreuses institutions culturelles (États-Unis, Brésil, Pays du Golfe, Pays européens…).
New Orleans Jazz Museum
Le New Orleans Jazz Museum célèbre l’histoire du jazz dans la ville même où il est né, par le biais d’expositions interactives, de programmes pédagogiques, de centres de recherche et de performances. Le musée met en valeur la renaissance culturelle de la ville en fournissant des ressources variées aux musiciens et les mélomanes de toutes nationalités.