Xie Lei
Artiste
Novembre-Décembre 2027
- Arts visuels
- San Francisco
« Xie Lei plongera au sein des communautés asiatiques et LGBTQIA+ de San Francisco, auprès desquelles il interrogera la convivance, ou comment s’imprégner d’une autre culture tout en conservant la sienne. »
Par conviction, j’ai choisi la peinture parce qu’elle m’ouvre la voie d’un langage traduisant mon univers sensible et un terrain d’expérimentation pour creuser la spécificité de ce médium dans la contemporanéité. Ma pratique part du réel mais s’en échappe pour explorer des mondes équivoques, incertains, que mon imaginaire transforme. La plupart de mes tableaux renvoient à des situations troubles ou inquiétantes, discrètement rattachées à des souvenirs littéraires et cinématographiques, ou bien puisées au creuset profond des sentiments. Ils s’attachent à la complexité des évènements, des situations et surtout à leurs ambiguïtés, leurs tensions. Ma peinture récente intrigue par un entre-deux, celui du sommeil et la mort. Les couleurs sont sombres, mais mutent pour devenir lumineuses, puissantes. Ma pratique se singularise aussi en délivrant une autre perception du temps : salutairement, elle propose de ralentir le regard et d’échapper aux ivresses de l’accélération et de l’immédiateté.
Xie Lei (né en 1983 en Chine) vit et travaille à Paris depuis 2006, et est diplômé de la CAFA de Beijing et de l’ENSBA de Paris. Il est le lauréat du Prix Marcel Duchamp 2025. Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses institutions : Musée d’art moderne de Paris ; Fondation Louis Vuitton, Paris ; MO.CO, Montpellier; CAPC, Bordeaux; Villa Noailles, Hyères ; Collection Lambert, Avignon; MAC VAL, Vitry-sur-Seine ; Langen Foundation, Neuss (DE) ; Musée national de l’histoire de l’immigration, Paris ; Fondation d’entreprise Ricard, Paris. Ses œuvres figurent dans des collections publiques et privées, telles que Thyssen-Bornemisza Art Contemporary, MAC VAL et Albertina Museum.
Depuis mon arrivée en France en 2006, la convivance a toujours été un sujet qui m’a intéressé. Comment s’imprégner d’une autre culture tout en conservant la sienne ? Cette interrogation a nourri ma pratique picturale depuis ces presque vingt ans.
Cette recherche vise à comprendre les fonctionnements et les dysfonctionnements de la convivance à San Francisco, ville dans laquelle vit l’une des plus grandes communautés asiatiques hors d’Asie, et notamment celle des LGBTQIA+. Cette recherche porte sur les questions d’identité et de genre dans la société américaine contemporaine et dans son histoire.
Ces deux mois de résidence seront le temps d’une immersion dans la ville, d’une attention et d’une compréhension de ses fonctionnements. Ces conditions inédites, cette plongée dans San Francisco et la vie de ces communautés me permettra d’appréhender leurs codes et leurs habitudes à travers les lieux où elles se croisent et se rencontrent.
Mais il ne s’agit pas d’une recherche sociologique ou historique. Ce projet a pour but de sourcer de nouvelles images pour mon travail, à partir des signes, des symboles véhiculés, détournés ou réinventés par ces communautés. Non-dits, tolérances, interdits, transgressions sont tout autant les éléments d’une réalité vécue par ces communautés.
Cette résidence a pour but d’être un double déplacement, autant par la chose observée que la manière dont ces images pourront agir sur l’iconographie de mon travail. Elle donnera lieu à un nouveau corpus d’images et ainsi de tableaux. Déjouant tout ostracisme ou littéralité, ces sources ne seront pas directement identifiables dans les tableaux, à l’image de l’ensemble de mon travail.
Cette transition culturelle singulière s’inscrit logiquement dans la construction du contenu des images et de la question de la représentation.
San Francisco a été à partir de la moitié du XIXe siècle le point d’entrée de la communauté chinoise aux États-Unis. Le Chinese Exclusion Act de 1882 resté en vigueur jusqu’en 1943, a provoqué une organisation communautaire très fermée à Chinatown. À New York, l’établissement notable d’une communauté chinoise date des années 1960. Ainsi, San Francisco représente la première communauté chinoise aux États-Unis.
Mes recherches s’appuieront sur des sources documentaires collectées sur place, qu’elles soient anciennes ou récentes, auprès d’associations et de centres culturels, comme 41 Ross qui multiplient les initiatives sur le terrain. Par ailleurs, cette résidence me permettra l’accès au Chinese Center de la Public Library de San Francisco qui archive des documents sur l’histoire de la communauté chinoise.
En partenariat avec
ADIAF
Mobilisant aujourd’hui 300 collectionneurs d’art contemporain engagés intensément dans l’aventure de la création, l’ADIAF s’est constituée en 1994 pour mettre en lumière le foisonnement créatif de la scène française de ce début du XXIème siècle et contribuer à son rayonnement international. Cette association privée a créé en 2000 le Prix Marcel Duchamp organisé dès l’origine avec le soutien du Centre Pompidou et illustrant une collaboration public-privée exemplaire dans le cadre d’une mission commune d’intérêt général. Considéré aujourd’hui comme l’un des grands prix de référence, ce prix de collectionneurs est devenu en vingt ans le plus pertinent vecteurs d’information sur l’art contemporain en France. Il distingue chaque année un lauréat parmi quatre artistes de la scène française les plus novateurs de leur génération : artistes français ou résidant en France, travaillant dans le domaine des arts visuels.