Asya Djoulaït
Professeure de lettres modernes, romancière, comédienne
Printemps 2027
- Littérature
- New York
« Paris et New York y sont envisagées non comme de simples espaces géographiques, mais comme des milieux vivants, traversés par les mots, les accents, les silences et les récits de celles et ceux qui les habitent. »
Au Liban, au cours de mes études de littérature comparée, je découvre des écrivains de langue française qui déplacent les frontières de « la » langue.
Je rentre en France avec une conviction ; la langue doit être une récréation pour nos vies fatiguées.
À vingt ans, portée par cet élan, j’écris une première nouvelle inspirée du pillage des antiquités syriennes au début de la guerre civile. Je reçois un prix décerné par la Sorbonne. J’y vois une invitation à continuer d’écrire.
Dans le même temps, j’enseigne le français au lycée. Mes élèves deviennent mes premiers lecteurs du monde. Leur manière de s’approprier les classiques me rappelle que la littérature ne survit qu’en changeant de regard. Pourtant, Y a pas trop d’gens comme nous dans les livres, Madame, me dit un élève. Cette phrase est mon point de départ littéraire.
J’écris, en partie, pour eux. J’écris cet âge que l’on croit, à tort, léger. J’écris pour ouvrir un espace où leurs langues, leurs imaginaires, leurs croyances et leurs voix littéraires puissent exister, afin que la littérature demeure un lieu de rencontre avec l’autre et avec soi-même.
Asya Djoulaït est lauréate du Prix du Jeune Écrivain. Elle publie Noire précieuse(Gallimard), distingué par le Festival du Premier roman, puis Ibn (Grasset), retenu par Le Mondeparmi les meilleurs livres de l’année. Après avoir suivi les Cours Florent, elle intègre une troupe de théâtre internationale. Elle figure également dans le palmarès culturel de Vanity Fair des personnalités de moins de trente ans.
Atlas linguistique Paris–New York – Voyager dans les langues de la ville est un album illustré destiné aux enfants. Il propose une exploration sensible de deux grandes métropoles à travers leurs langues. Paris et New York y sont envisagées non comme de simples espaces géographiques, mais comme des milieux vivants, traversés par les mots, les accents, les silences et les récits de celles et ceux qui les habitent.
Chaque double page met en regard un lieu parisien et son écho new-yorkais (stations de métro, rues commerçantes, écoles, parcs ou immeubles) pour montrer comment les langues façonnent les paysages urbains et révèlent la diversité des expériences quotidiennes.
À la croisée de la géographie, de la sociolinguistique et de la littérature jeunesse, l’atlas adopte une approche hétérolingue attentive aux formes ordinaires et hybrides du langage. Il dépasse les « langues officielles » pour explorer les accents, les écritures urbaines, les mots intraduisibles, les formes orales, les slogans, les graffitis ou encore les annonces publiques. La ville apparaît ainsi comme un espace polyphonique, où le visible et l’audible s’entrelacent.
Ce projet s’organise autour d’une circulation continue entre texte et image. Composé de cartes sensibles et de récits courts, il associe expériences d’enfants, jeux linguistiques et éclairages accessibles sur les phénomènes de contact des langues.
À la fois objet esthétique, outil de découverte et invitation à la curiosité, Atlas linguistique Paris–New York rappelle qu’il est possible de voyager en apprenant à écouter ce qui se dit au coin de la rue.
J’ai été invitée à New York pour animer des ateliers d’écriture en milieu scolaire. J’y ai découvert une ville façonnée par ses sons autant que par ses formes, traversée par une diversité de langues qui m’a enthousiasmée.
L’idée d’approcher la ville non pas seulement à travers ses monuments ou ses distances, mais à travers les langues qui l’habitent est au cœur de mon travail de recherche et d’écriture. Je pense la ville comme un espace produit par les voix, les mots et les circulations langagières. J’explore ces dynamiques dans mes romans.
De cette expérience parisienne et new-yorkaise est né le désir de construire un projet reliant ces deux métropoles. New York, marquée par des vagues successives de migration, constitue un terrain d’observation privilégié des pratiques linguistiques urbaines, en particulier dans des quartiers comme Queens, Brooklyn, le Bronx ou Harlem, où langues, histoires sociales et cultures musicales s’entrelacent.
Mon projet s’appuie sur un travail de terrain fondé sur l’observation, l’écoute et la documentation visuelle des langues dans l’espace urbain, en collaboration avec des écoles, des associations, des chercheurs en sociolinguistique et en études urbaines du Sociolinguistics Lab de NYU.
En partenariat avec
Editions Gallimard
Les Éditions Gallimard, fondées par Gaston Gallimard en 1911, sont l’un des principaux éditeurs français de livres. Son catalogue comprend 36 lauréats du prix Goncourt, 38 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature et dix écrivains ayant reçu le prix Pulitzer.
Festival des Littératures Urbaines
Le Festival des Littératures Urbaines est un événement dédié aux récits contemporains qui racontent la ville et ses réalités, mettant en lumière de nouvelles voix et des imaginaires urbains souvent peu représentés dans le paysage littéraire.