Skip to main Skip to sidebar

Sarah Fila Bakabadio

Maîtresse de conférences
Mai-Juin 2023

  • Arts de la scène
  • New York

« A travers cette résidence, je recherche comment la danse devient un geste vers un autre autrui pour inventer un agir politique et un futur communs à l’Afrique et aux diasporas. »

Je suis historienne en études africaines-américaines et américaines. J’ai étudié aux États-Unis (l’université du Minnesota, The Graduate Center, New York) et en France (université Rennes 2, Ecole des Hautes en Sciences Sociales).  

Mes travaux portent les circulations politiques, culturelles, intellectuelles et visuelles (19e siècle-présent) dans l’Atlantique noir. Ils s’appuient sur deux questions : comment Africains et Afro-descendants des Amériques et d’Europe, travaillent-ils à un faire ensemble qui dessine l’Atlantique noir ? Quels dialogues, formes d’engagement et solidarités ces dialogues (re)noués produisent-ils ? Au fil des ans, le faire ensemble et la Relation, comme dirait Edouard Glissant, se sont transformés en une démarche scientifique située qui me permet de raconter le monde depuis les histoires africaines et afro-descendantes. J’ai donc suivi les migrations et les rencontres de part et d’autre de l’océan atlantique et ai exploré les diasporas africaines, les nationalismes africains-américains, les panafricanismes, le corps noir, la beauté noire, les Black Studies en Europe et les cosmopolitismes noirs. J’ai publié en 2016, une étude sur les afrocentrismes aux Etats-Unis sous le titre Africa on my Mind : histoire sociale des afrocentrismes aux Etats-Unis (Les Indes Savantes). 

Dans une première vie, j’étais danseuse, formée pendant douze ans aux techniques Horton et Cunningham et membre de la compagnie Nikita. Depuis 2018, je reviens vers les arts grâce au séminaire co-organisé avec Christine Douxami, Dominique Malaquais (†) et Julie Peghini sur les arts en Afrique et dans les diasporas intitulé Dialogues Afriques.

 

 

Sarah Fila-Bakabadio est historienne en études africaines-américaines et américaines, maîtresse de conférences à CY Cergy Paris Université et rédactrice en chef de African Diaspora (Brill). Formée aux Etats-Unis et en France, elle est notamment l’auteure de Africa on My Mind : histoire sociale de l’afrocentrisme aux Etats-Unis (Les Indes Savantes, 2016). Elle est depuis près de quinze ans, chercheure et enseignante en histoires américaine, africaine-américaine et de la diaspora. Ses recherches ont été soutenues par l’université du Minnesota (2000), le Ministère de la recherche et de l’enseignement (2000-2001), l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (2002), le programme Fulbright (2004), le Gilder Lehrman Institute of American History (2009) et le Conseil National des Universités (2017-2021). 

Ce projet porte sur le Dancemobile (1967-1985), un festival de danse contemporaine noire. Le concept est celui d’une scène itinérante qui s’implante dans trois des cinq boroughs de New York (Manhattan, Brooklyn et le Queens). Pendant deux mois, elle se déplace dans différents espaces de vie et de rencontres (parcs, intersections de rues, places, etc.) pour confronter les habitants des quartiers populaires à l’art en construction (in the making). La création chorégraphique, processus d’ordinaire réservé aux studios, investit alors l’urbain pour créer du lien social et contribuer au changement de regard sur les Africains-Américains et les populations noires. Bill Taylor, son fondateur, réunit une pépinière de jeunes chorégraphes dont Garth Fagan, Rod Rodgers, Gus Solomons, Carol Johnson et Chuck Davis. Dans leurs œuvres, ils abordent la condition noire, l’Afrique passée et contemporaine, la diaspora et l’histoire africaine-américaine mais aussi leur présent : la lutte contre la discrimination raciale. Ils contredisent l’image de corps noirs qui, dans l’espace public sont vus avec défiance, comme des symboles de disruption voire de mort sociale. Ils montrent au contraire des corps agissant qui occupent conjointement la scène et la rue pour représenter un agir politique noir qui serait capable de produire un changement social en Afrique comme aux Etats-Unis. La résidence servira d’abord à raconter l’histoire du Dancemobile. Pour ce faire, je m’appuierai sur le concept proposé par le philosophe sud-africain AbdouMaliq Simone de “ people as infrastructure ” pour tenter de comprendre comment, pendant près de vingt ans, le Dancemobile fut un microcosme panafricain constitué autour des danses des mondes noirs. Puis je suivrai les voyages de sa scène à travers New York. Ces déplacements ont produit une cartographie originale de la ville, composée de points nodaux soit des espaces ordinaires (carrefours, places ou parcs) alors transformés en lieux de rencontres entre des artistes et le public. Puis, il s’agira de discuter de la danse comme une forme d’agir politique soit un discours politique propre, avec sa temporalité, sa grammaire, ses codes et ses lieux. 

 

La résidence se déroulera entièrement à New York et a deux objectifs. Le premier est de documenter l’histoire du Dancemobile. Je collecterai les archives écrites, audiovisuelles et sonores produites par le festival, les institutions partenaires, les organisations publiques et par les artistes eux-mêmes.  

Il s’agira également d’évaluer quel est l’héritage artistique et politique du Dancemobile. Ce volet s’appuiera sur des rencontres avec des danseurs et des chorégraphes qui ont participé au festival mais aussi avec les jeunes générations d’artistes, des historiens de la danse, des curateurs et des militants pour répondre à trois questions : que reste-il de cet évènement aujourd’hui ? Existe-il des continuités chorégraphiques entre la génération fondatrice du festival Dancemobile et les chorégraphes noirs contemporains ? L’engagement politique de danseurs qui performent au milieu des manifestants de Black Lives Matter fait-il suite à celui des artistes du festival?  

Enfin il s’agira de retrouver le Dancemobile dans la ville. Je referai les parcours de cette scène mobile pour observer les lieux où elle s’est installée, leur évolution et peut-être, comme les artistes de l’époque, faire de nouvelles rencontres.  

En partenariat avec

Centre national de la danse (CN D)

Établissement public, créé à l’initiative du ministère de la Culture, le CN D rassemble l’ensemble des ressources au service du secteur chorégraphique et des publics sur deux sites, à Pantin en Île-de-France et à Lyon en Auvergne-Rhône-Alpes. Il accompagne et forme les danseurs professionnels, favorise la pratique amateur, aide la recherche, conserve et diffuse le patrimoine chorégraphique, soutient la création d’œuvres chorégraphiques dans toute sa diversité, et dialogue avec les autres champs artistiques. 

 

En savoir plus

Contenus associés

Inscrivez-vous pour recevoir toute notre actualité en exclusivité