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Mickaël Vis

Artiste
Printemps - Eté 2027

  • Arts visuels

«Walnut Grove, là où les trajectoires individuelles habitent, prolongent ou contredisent un récit collectif, et où le réel déborde les images qui ont façonné le mythe. »

Artiste visuel, mon travail explore l’intime comme un espace critique, où les histoires personnelles rencontrent des récits sociaux, politiques et culturels. Ma pratique s’inscrit dans une approche documentaire dont je cherche constamment à interroger les formes, les limites et les zones d’incertitude. 

Mes projets prennent souvent pour point de départ des matériaux biographiques — archives familiales, documents personnels, récits oraux, photographies — que je collecte, réactive et mets en relation. Dans des projets comme La Pièce manquante ou To Dance with the Devil, l’archive devient une matière narrative que je confronte à de nouvelles images afin de faire dialoguer différentes temporalités et différentes versions d’une histoire. J’utilise ces fragments pour construire des narrations ouvertes, traversées par la mémoire, la perte et les déplacements temporels. 

La photographie devient ainsi pour moi un espace où différentes temporalités peuvent coexister. Plutôt que de chercher à documenter le réel comme un enregistrement stable, je m’intéresse à ce que l’image révèle, dissimule ou reconstruit, mais aussi à ce qui lui échappe. 

Dans le Minnesota, je souhaite prolonger cette démarche autour de Walnut Grove et de ses alentours, en explorant la mythologie construite autour de ce territoire et la manière dont elle se confronte à sa réalité contemporaine. À travers les paysages, les archives et les récits locaux, je chercherai à explorer la distance entre le territoire et sa représentation, entre ce qui a été vécu, ce qui a été transmis et ce qui est devenu mythe. 

Mickaël Vis (né en 1989) est photographe et artiste visuel, basé à Paris. En 2022, il publie sa première monographie, To Dance with the Devil, aux éditions Rue du Bouquet. En 2025, il est lauréat de la commande nationale Regards du Grand Paris, portée par le CNAP et les Ateliers Médicis, et présente L’abri et la tempête à la galerie Possibly Sometime Tomorrow, à Paris. Parallèlement à sa pratique artistique, il mène des workshops et intervient régulièrement au sein d’écoles d’art. 

Mon projet prend pour point de départ Walnut Grove, petite ville du Minnesota devenue mondialement célèbre à travers La Petite Maison dans la prairie. La série a participé à construire et à diffuser une vision idéalisée de l’Amérique rurale : pionnière, blanche, familiale et stable. En France, comme ailleurs, cet imaginaire a profondément marqué notre perception des États-Unis. Mon propre prénom, Mickaël, hérité de cette culture américaine omniprésente dans les années 1980-1990, constitue un point d’entrée intime dans cette recherche. 

Je souhaite me rendre à Walnut Grove pour confronter cette image héritée à la réalité contemporaine du territoire. Depuis les années 2000, la ville accueille notamment une importante communauté Hmong, dont la présence transforme profondément un lieu pourtant encore largement représenté à travers sa mythologie pionnière. Cette collision entre un imaginaire figé et une réalité sociale mouvante constitue le cœur du projet : comment de nouvelles histoires viennent-elles habiter un territoire saturé de représentations qui les précèdent ? 

Durant la résidence, je développerai un ensemble mêlant observation documentaire, rencontres, portraits, paysages et travail à partir d’archives. Questionner les lieux liés à la mémoire de la série — musées, paysages, traces touristiques — autant que les espaces du quotidien contemporain, tout en construisant progressivement des relations avec les habitants et notamment la communauté Hmong. Les archives locales et familiales viendront alors dialoguer avec images et textes. 

La résidence me permettra de constituer la première matière d’un travail au long cours : un corpus explorant les différentes strates de Walnut Grove, entre fiction, mémoire collective et transformations contemporaines. Plus largement, le projet interrogera ce que deviennent les mythologies lorsque le territoire réel finit par déborder les images qui l’ont façonné. 

Les États-Unis occupent une place particulière dans mon imaginaire, comme dans celui de nombreux Européens : celle d’un territoire que nous connaissons avant même de l’avoir parcouru, à travers le cinéma, la télévision, la photographie et la culture populaire. Je souhaite travailler dans cet écart entre un territoire vécu et les représentations qui le précèdent. 

Cette recherche prolonge Sous le soleil devant les divins, projet développé en France autour de la place de l’individu au sein des mythologies collectives. Je m’intéresse à la manière dont chacun hérite de récits, de symboles et de représentations qui le dépassent, et tente d’y trouver sa place. Aux États-Unis, cette question prend une autre dimension. Là où la France entretient un rapport souvent institutionnel et patrimonial à ses récits collectifs, les mythologies américaines se sont largement construites et diffusées par la fiction et la culture populaire, jusqu’à intégrer nos imaginaires européens. 

Le Midwest, et particulièrement Walnut Grove, constitue un terrain privilégié pour observer ce phénomène. Je souhaite parcourir la ville et ses alentours, ses paysages agricoles et ses espaces quotidiens, mais aussi les lieux consacrés à la mémoire de La Petite Maison dans la prairie. Je souhaite consulter des archives locales et rencontrer historiens, habitants de longue date et différentes communautés qui composent aujourd’hui le territoire. 

Ces rencontres me permettront d’observer comment des trajectoires et mémoires différentes habitent, prolongent ou contredisent un même récit collectif, et comment les indi

En partenariat avec

Ateliers Médicis

Situés à Clichy-sous-Bois et Montfermeil dans le département de Seine-Saint-Denis, les Ateliers Médicis s’attachent à faire émerger des voix artistiques nouvelles, diverses, et à accompagner des artistes aux langages singuliers et contemporains. Ils accueillent en résidence des artistes de toutes disciplines et soutiennent la création d’œuvres pensées en lien avec les territoires. Ils favorisent et organisent la rencontre entre artistes et habitants.

 

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