Skip to main Skip to sidebar

La Villa Albertine choisit Abdelkader Benchamma pour réinventer le plafond de sa Ballroom

New York, le 23 juin 2026 — La Villa Albertine, l’Institut français pour la culture et l’éducation de l’Ambassade de France aux États-Unis, annonce la sélection d’Abdelkader Benchamma pour concevoir une œuvre monumentale destinée au plafond de sa Ballroom, l’un des espaces les plus emblématiques de la Payne Whitney Mansion, siège new-yorkais de l’institution, qui accueille chaque année de très nombreux évènements culturels, intellectuels et diplomatiques.

Cette commande s’inscrit dans l’engagement de la Villa Albertine en faveur du dialogue entre patrimoine et création contemporaine. En invitant des artistes à intervenir dans son siège historique, l’institution poursuit sa mission : faire vivre ce lieu exceptionnel tout en l’inscrivant dans les enjeux artistiques de notre époque.

En confiant à Abdelkader Benchamma la transformation du plafond de sa Ballroom, la Villa Albertine ouvre un nouveau chapitre dans la réinvention de la Payne Whitney Mansion, dans le respect de son héritage architectural et de son histoire.

« Stella Terrea est une vaste fresque en perpétuel mouvement. Elle est à la fois dynamique par sa réalisation in situ, en dialogue avec les échelles et les tensions du lieu mais apparemment immobile par la finesse de son exécution : une invitation à la contemplation.

Son nom renvoie à une mystérieuse substance parfois observée après des chutes de météorites. La gelée stellaire, aussi appelée astromyxine ou « étoile de la terre », est entourée de mythes et d’interprétations contradictoires, comme si le céleste ne pouvait jamais être totalement circonscrit, expliqué ou contenu.

De cette idée naît l’installation : réintroduire une force poétique dans le ciel, à une époque où l’espace tend à devenir un territoire à contrôler, exploiter et coloniser.

Le projet réenchantera le plafond de la Ballroom en convoquant des imaginaires issus de l’histoire des représentations célestes et cosmologiques, des plafonds peints aux cartes du ciel. Il dialogue notamment avec le disque de Nebra (vers 1600 av. J.-C.), l’une des plus anciennes représentations célestes connues, et la carte céleste de Dunhuang (VIIe siècle), qui recense plus de 1 300 étoiles.

La fresque place au centre une histoire essentielle : celle de la relation de l’humanité au ciel, entre observation, savoir et récits imaginaires. Elle s’inscrit dans une continuité de formes de représentation du cosmos, tout en en proposant une lecture contemporaine.

Il s’agit ainsi d’une survivance : celle d’une humanité qui observe, interprète et se projette vers les cieux. » Abdelkader Benchamma

Certains éléments figuratifs seront réalisés en collaboration ponctuelle avec l’artiste américain Raymond Pettibon, dans le prolongement des dessins à quatre mains développés depuis 2019, inscrivant le projet dans un dialogue artistique franco-américain inédit. 

Abdelkader Benchamma. Photo: Virginie Jacquet

Partageant aujourd’hui sa pratique entre Paris et Montpellier, Abdelkader Benchamma est diplômé de l’École supérieure des beaux-arts de Montpellier et de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Lauréat du Prix Drawing Now en 2015, il est invité la même année par le Drawing Center de New York à inaugurer son programme de dessins muraux avec l’œuvre Representation of Dark Matter (2015–2016). Depuis, son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives en France et à l’international, en Europe, au Moyen-Orient, dans les Amériques et en Asie. Finaliste du prix Marcel Duchamp en 2024, il y présente l’installation Au bord des mondes au Centre Pompidou. En 2026, l’Espai d’Art Contemporani de Castelló (EACC), en Espagne, lui consacre une importante exposition personnelle présentée de juin à septembre. D’octobre à décembre 2026, il rejoindra le programme de résidences de la Villa Albertine à New York, poursuivant ainsi son dialogue avec la scène artistique américaine.

Figure majeure du dessin contemporain américain, Raymond Pettibon est connu pour ses dessins à l’encre mêlant culture punk, littérature, histoire, iconographie populaire et contre-culture américaine, dans un langage à la fois érudit, ironique et profondément libre. Ses dessins habités par les grands mythes américains, jouent subtilement avec nos imaginaires contemporains.

Cette commande a été rendue possible grâce au soutien exceptionnel de la Fondation Sisley-d’Ornano, ainsi qu’à la générosité de French Heritage Society – New York et d’Ann et Bill Van Ness.

Le projet a été développé en étroite collaboration avec le Centre national des arts plastiques (Cnap), acteur majeur du soutien à la création contemporaine et de la commande publique en France. L’appel à candidatures a reçu 225 propositions, témoignant du dynamisme et de la diversité de la scène artistique contemporaine française.

La commande du plafond de la Ballroom marque une nouvelle étape dans la transformation du siège historique de la Villa Albertine à New York. La Ballroom, majestueux espace de réception surplombant la Cinquième Avenue, est le cœur battant de l’institution, qui accueille chaque année des événements artistiques, intellectuels et diplomatiques majeurs. Après la création de l’Atelier par Hugo Toro et de la librairie Albertine par Jacques Garcia, cette intervention prolonge le dialogue engagé entre création contemporaine et patrimoine architectural.

« Par cette commande ambitieuse, nous poursuivons une vision de long terme pour la Payne Whitney Mansion : préserver l’héritage exceptionnel de ce lieu tout en l’ouvrant aux formes les plus exigeantes de la création contemporaine. L’œuvre imaginée par Abdelkader Benchamma inscrira durablement la Villa Albertine dans le paysage artistique new-yorkais comme un lieu où le patrimoine dialogue avec la vitalité de la scène française d’aujourd’hui. Je tiens à saluer le rôle déterminant du Cnap, partenaire précieux à chaque étape de ce processus, ainsi que le soutien généreux de notre principal mécène la Fondation Sisley-d’Ornano. Par la force de son imaginaire et l’ampleur de son geste, Abdelkader Benchamma laissera une empreinte profonde sur l’un des bâtiments historiques les plus remarquables de New York. » déclare Mohamed Bouabdallah, conseiller culturel de l’Ambassade de France aux États-Unis et directeur de la Villa Albertine.

« À travers cette commande, le Cnap poursuit sa mission de soutien à la création et au rayonnement international des artistes de la scène française. Ce partenariat exemplaire avec la Villa Albertine illustre le rôle du Cnap comme partenaire de référence pour la commande publique, en apportant son expertise au pilotage de projets ambitieux dans des lieux d’exception comme la Payne Whitney Mansion », explique Martin Bethenod, directeur du Centre national des arts plastiques.

L’œuvre sera dévoilée en septembre 2026. Cette nouvelle commande viendra enrichir la mission de la Villa Albertine : favoriser les échanges entre les États-Unis, la France et le monde francophone à travers la création contemporaine.

Les candidatures ont été examinés par un jury composé de personnalités reconnues :

  • Mohamed Bouabdallah, conseiller culturel de l’Ambassade de France aux États-Unis, directeur de la Villa Albertine et président du jury ;
  • Mariët Westermann, directrice et présidente du Solomon R. Guggenheim Museum
  • Martin Bethenod, directeur du Centre national des arts plastiques ;
  • Eva Jospin, artiste;
  • Christine d’Ornano, administratice de la Fondation Sisley-d’Ornano ;
  • Soizic Huchet du Guermeur, représentante du bureau régional de la Délégation aux collectivités territoriales et à la société civile à Washington, au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ;
  • Stéphane Foin, directeur adjoint de la Villa Albertine.

« Sur le plan esthétique, le projet d’Abdelkader Benchamma entre en résonance avec les espaces de la Villa Albertine, et notamment avec la librairie, grâce à sa palette de gris, de sombres et de tons plombés et irisés qui évoquent une nuit noire. Symboliquement, l’artiste n’a pas pensé son ciel peint comme une simple représentation picturale, mais plutôt comme un observatoire. Ce choix tisse un lien direct avec la science et l’histoire de l’humanité, qui a scruté le ciel pour fonder à la fois l’astronomie et l’astrologie : mêlant ainsi le vrai et le faux. Cette œuvre convoque aussi l’idée de navigation et de voyage : c’est en regardant les étoiles que l’on guidait les navires et que l’on a fini par atteindre l’Amérique. »  – Eva Jospin