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Youssef Nabil

Artiste, photographe, vidéaste
Mars - Mai 2027

  • Arts visuels
  • Hawaï
  • Los Angeles
  • New York

« Je souhaite aujourd’hui saisir la culture du jazz et la danse hula hawaïenne, afin de créer une sorte de capsule temporelle, au rythme lent caractéristique de mes images cinématographiques. »

Je m’appelle Youssef Nabil. Je suis un artiste qui utilise la photographie et le film pour proposer une vision du monde traversée par le passage du temps et inspirée par le cinéma du XXᵉ siècle. Ma technique photographique consiste à colorier à la main des tirages gélatino-argentiques, renouant ainsi avec le savoir-faire artisanal des films Technicolor. Ce voile coloré et éthéré me permet de peindre la réalité que je mets en scène et d’en transformer les couleurs selon mon désir.

J’ai commencé ma carrière en 1992 en réalisant des tableaux vivants dans lesquels mes sujets interprétaient des mélodrames rappelant les photogrammes de l’âge d’or du cinéma égyptien. Mes photographies proposent une échappée hors du réel, filtrée par ma sensibilité cinématographique. Mes premières œuvres sont peuplées de mes icônes personnelles — vedettes de cinéma, artistes et ami·es — qui deviennent les personnages de mes récits.

Au fil des années, j’ai approfondi ma relation de longue date avec le cinéma en écrivant et réalisant cinq films : You Never Left (2010), I Saved My Belly Dancer (2015), Arabian Happy Ending (2016), The Beautiful Voyage (2021) et The Room (2025). Avec le soutien de la Villa Albertine, je souhaite entreprendre une nouvelle recherche cinématographique à New York, Los Angeles et Hawaï.

Avec mon film I Saved My Belly Dancer (2015), je me suis attaché à préserver l’image de la danseuse orientale de mon enfance. À la suite des événements révolutionnaires de 2011 en Égypte, la danse orientale, autrefois célébrée, a fait l’objet de restrictions croissantes, voire d’interdictions, étant considérée comme immorale par le nouveau régime. Refusant d’accepter sa disparition, j’ai souhaité immortaliser cette tradition ancienne. Dans un contexte tout autre, je souhaite aujourd’hui saisir la culture du jazz et la danse hula hawaïenne, afin de créer une sorte de capsule temporelle, au rythme lent caractéristique de mes images cinématographiques.

 

Youssef Nabil est un artiste égyptien dont les expositions personnelles et collectives internationales ont notamment été présentées, aux États-Unis, au Pérez Art Museum de Miami, au LACMA, au Studio Museum in Harlem et à l’Aperture Foundation à New York, au Smithsonian National Museum of African Art et au Kennedy Center à Washington, D.C., au SCAD à Savannah et Atlanta, ainsi qu’au North Carolina Museum of Art à Raleigh. En France, son travail a été montré à la Maison Européenne de la Photographie à Paris et aux Rencontres de la photographie d’Arles. En 2020-2021, il a fait l’objet d’une première rétrospective au Palazzo Grassi à Venise, intitulée Once Upon A Dream. En 2026, il est le premier artiste arabe et africain à bénéficier d’une exposition personnelle au musée d’Orsay à Paris.

Mon projet pour la Villa Albertine s’articule autour d’un sujet central dans ma pratique, que je souhaite explorer dans une direction entièrement nouvelle. La danse, et en particulier la danse orientale, constitue un motif important dans mon travail, que j’ai souvent représenté. Elle est pour moi un véhicule permettant d’exprimer des idées de nostalgie, de culture et d’identité.

Avec le soutien de la Villa Albertine, je souhaite entamer un nouveau projet autour de la danse, de la musique et de l’exploration de leurs fondements culturels. Je prévois de mener des recherches sur deux sujets distincts — la culture du jazz et la danse traditionnelle hawaïenne — et de commencer à documenter le projet au cours d’un même voyage.

La culture du jazz offre une représentation riche de l’identité, dont l’influence durable s’est étendue aux États-Unis comme au reste du monde. L’art du hula, la danse hawaïenne, est quant à lui à la fois un mode de transmission de l’histoire et un symbole de la culture hawaïenne à travers le monde. Ces deux traditions sont pour moi des prismes à travers lesquels représenter un peuple et une histoire essentielle.

Les tonalités pastel de mon travail, produites par la coloration manuelle de l’image, confèrent à mes photographies une dimension onirique, en accord avec la représentation intemporelle que je souhaite proposer. J’envisage ainsi d’immortaliser ces deux traditions profondément ancrées à travers la photographie et le film.

Ce projet sera un hommage visuel, par le film et la photographie, à ces deux cultures et à ces deux danses : une célébration de l’identité et de la mémoire, porteuse de joie et de nostalgie.

À New York, je souhaite approfondir mon approche de la culture jazz en m’immergeant plus particulièrement à Harlem et en rencontrant celles et ceux qui font vivre cette tradition. À Los Angeles, je prévois de visiter la bibliothèque de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences afin d’étudier les représentations cinématographiques de la danse jazz et de la danse hawaïenne. Je souhaite également explorer les ressources de son département des costumes, l’un des plus fascinants au monde. Enfin, à Hawaï, je pourrai rencontrer des danseur·ses hawaïen·nes et découvrir plus intimement leur culture.

New York et Hawaï sont les lieux auxquels je me sens le plus lié aux États-Unis. Je suis attiré à la fois par l’énergie brute de New York et par les paysages extraordinaires d’Hawaï.

Bien que j’aie vécu de nombreuses années à New York, j’étais alors trop impliqué dans la vie de la ville pour pouvoir la considérer comme un sujet photographique. Grâce au recul que me donne mon départ, je souhaite aujourd’hui y revenir, alors qu’elle n’est plus mon lieu de vie, afin de l’expérimenter comme un visiteur, nourri par les années que j’y ai passées.

J’ai ressenti un lien immédiat avec Hawaï dès ma première découverte de l’archipel. Je n’ai jamais exploré de lieu comparable. Les couchers de soleil et la manière dont la lune se reflète sur l’eau ont été des sources d’inspiration majeures pour mon travail. J’ai développé une sensibilité profonde aux couleurs de l’île, que je souhaite désormais saisir à travers le film. Mon lien avec la danse hawaïenne est également personnel : visuellement, elle m’a immédiatement rappelé la danse orientale, ce qui a d’abord éveillé mon intérêt pour elle.

En partenariat avec

Galerie Nathalie Obadia

https://www.nathalieobadia.com/fr/