Lou Fauroux
Artiste et réalisatrice
Janvier-février 2026
- IA
- Los Angeles
« Le projet pourrait être décrit, de manière très générale, comme « GTA rencontre Hollywood Babylon », à travers un prisme queer, critique et technologique. »
Après des études à l’ECAL, j’ai été diplômé·e de l’ENSAD Paris en 2022. À travers la vidéo, la sculpture, l’installation et la 3D, j’explore les enjeux éthiques liés à l’intelligence artificielle et, plus largement, l’influence des technologies sur l’humain, en cherchant à décrypter les structures sociales de pouvoir à travers la culture populaire et des médiums tels que la musique ou les références aux jeux vidéo. J’ai réalisé mes premières images animées à partir de vidéos produites par l’industrie pornographique à Los Angeles en 2018.
En insufflant mon expérience queer dans de multiples strates de narration et de représentation, je tente de me réapproprier les images avec lesquelles j’ai grandi en créant de nouvelles mythologies qui interrogent les systèmes actuels. Nourri·e par Tumblr, GTA et The Sims, mon éducation visuelle et culturelle issue du web est profondément marquée par la culture numérique des années 2000. Je suis également très conscient·e des angles morts de cette culture du Web 1.0, dont le potentiel émancipateur a peut-être été trop rapidement présumé par mes aîné·e·s du post-Internet. Alors que, dans les années 2000–2010, les réseaux sociaux promettaient de libérer la société des structures de pouvoir dominantes et de dissoudre les inégalités de genre dans l’éther, ma position actuelle s’inscrit en réponse à la décennie présente, portée par la conviction que la fluidité n’est pas inscrite dans les systèmes technologiques, mais qu’elle doit au contraire être conquise.
Je m’intéresse tout particulièrement — et avec inquiétude — aux transformations anthropologiques générées par les nouvelles technologies dans un laps de temps aussi court.
Les narrations spéculatives en contextes dystopiques, mêlées à des éléments très factuels, presque documentaires et archivistiques, constituent un langage que j’ai développé pour mettre en lumière et explorer des dilemmes éthiques.
En 2022, après être diplômée de l’ENSAD, Lou Fauroux intègre la résidence Artagon (Pantin) et présente sa première exposition personnelle,What Remains, finaliste du prix SCAM Émergence. En 2023, elle crée une plateforme sonore multimédia intitulée FÆRIES aux côtés de la DJ française Jennifer Cardini. Lou Fauroux a présenté ses œuvres vidéo et ses films dans des institutions telles que le MoMA —The Porn Selector y a été présenté en avant-première dans le cadre de New Directors/New Films (2024) au Film at Lincoln Center (New York) — ainsi qu’au Centre Pompidou (Paris), au FRAC Poitou-Charentes, à Forde (Genève), à la Fondation Pernod Ricard, et dans de nombreux festivals de cinéma (Cinéma du Réel, Kurzfilm Hamburg, London Film Festival…). Elle est lauréate du programme FoRTE Île-de-France pour The Internet Collapse (2024). En 2024, elle présente son exposition personnelle K-Detox dans le cadre du booth Exo Exo à Art Basel Paris, et expose au Palais de Tokyo ainsi qu’à la Salle 37 à l’issue d’une résidence de trois mois sur place. Son travail fait partie des collections du KADIST, du FRAC Île-de-France et du FRAC Poitou-Charentes.
Parallèlement à son travail cinématographique et d’installation, je développe actuellement un jeu vidéo conçu comme une extension narrative et conceptuelle de sa pratique du cinéma. Le film précéderait le jeu, auquel il donnerait ensuite naissance, selon une méthodologie (rendu animé en 3D) que j’ai déjà explorée.
Le projet (titre de travail Diamonds and Rust) imagine un Los Angeles docu-fictionnel construit à partir de strates volontairement anachroniques de l’histoire de la ville. Des avatars pilotés par l’IA — entraînés via des API et créés à partir de personnes réelles (vivantes ou décédées, célèbres ou anonymes) — interagissent au sein d’environnements reconstitués mêlant différentes époques. Ces anachronismes permettent de faire émerger des questions éthiques liées à la présence, à la mémoire, à l’identité, ainsi qu’aux transformations anthropologiques induites par des technologies telles qu’Internet, les smartphones et l’intelligence artificielle.
Une importante dimension archivistique se concentre sur le Sewing Circle, un réseau d’artistes et de cinéastes queer / dyke de l’âge d’or hollywoodien, qui ont vécu, aimé et créé sous les contraintes du Code Hays (mariages de façade, identités dissimulées, œuvres effacées). Leur ancien lieu de rassemblement, le Garden of Alla sur Sunset Boulevard — aujourd’hui profondément transformé — devient un site symbolique central du projet.
S’inspirant librement de références telles que Los Angeles Plays Itself, City of Quartz, L.A. Noire, Grand Theft Hamlet, Hollywood Babylon, ainsi que du cinéma queer et de la théorie des technologies, le projet pourrait être décrit, de manière très générale, comme un « GTA rencontre Hollywood Babylon », à travers un prisme queer, critique et technologique. Des éléments emblématiques de la culture de Los Angeles et de ses industries du cinéma et de la musique (y compris le cinéma pornographique), de la culture du fitness et de l’obsession automobile apparaissent à travers des figures telles qu’Alla Nazimova, Lana Del Rey et Kasey Warner.
Los Angeles est au cœur de cette recherche, la ville considérée à la fois comme représentation et comme histoire.
Je mènerai des recherches aux archives ONE, une ressource LGBTQ+ de l’USC, ainsi qu’au June Mazer Lesbian Collection à West Hollywood.
Je prévois également de rencontrer des acteurs clés travaillant sur les relations entre technologie et humain, qu’ils soient chercheurs ou professionnels basés à Los Angeles et dans le comté, que ce soit dans l’industrie ou le domaine de l’éducation.
Je participerai à l’AVN Expo à Las Vegas afin de comprendre l’état de l’IA dans l’industrie du film pour adultes, et je rencontrerai des personnalités de différentes industries (musique, cinéma, etc.) à Los Angeles, dans le but de réaliser des interviews et, éventuellement, de les intégrer comme avatars dans l’œuvre.
En partenariat avec
Fidji Simo
CEO, Applications chez OpenAI
Fidji Simo est CEO, Applications chez OpenAI, où elle dirige les applications de l’entreprise, dont ChatGPT, ainsi que l’ensemble de ses opérations – y compris le développement produit, l’ingénierie, les ventes, la finance, le marketing, le juridique et les ressources humaines. Leader expérimentée dans la tech grand public, elle cumule plus de 15 ans d’expérience à piloter la stratégie, les produits et les opérations de certaines des entreprises les plus influentes au monde.
Avant de rejoindre OpenAI, Fidji Simo était CEO et Présidente du conseil d’administration d’Instacart, qu’elle a accompagnée jusqu’à son introduction réussie en bourse. Avant Instacart, elle a passé dix ans chez Meta, où elle a contribué à construire l’activité publicitaire de Facebook et dirigé l’application Facebook.
Fidji Simo demeure Présidente du conseil d’administration d’Instacart et siège également au conseil d’administration de Shopify. Elle est par ailleurs co-fondatrice de Chronicle Bio, une entreprise tech-bio dont la mission est de guérir des pathologies chroniques complexes.
Originaire du sud de la France, Fidji Simo est diplômée du Master in Management d’HEC Paris et a effectué sa dernière année à UCLA Anderson School of Business. Elle vit aujourd’hui en Californie avec son mari et sa fille.
Palais de Tokyo
Le Palais de Tokyo, plus grand centre d’art contemporain en Europe, propose une expérience multisensorielle, exceptionnelle et hors limite de la création tout en étant traversé par les enjeux du monde contemporain. Il s’affirme comme une plateforme de réflexion engagée et accessible, où le rêve et l’imaginaire deviennent prise de conscience, où la contemplation et l’évasion stimulent la créativité et la connaissance, où l’art dans sa dimension inclusive devient un processus de transformation de l’homme et de la collectivité.
Exo Exo
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