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Marame Kane & Bamar Kane

Autrice de bande dessinée / Acteur, scénariste et réalisateur
2023

Bamar Kane

  • Arts visuels
  • Bande dessinée
  • Atlanta
  • La Nouvelle-Orléans
  • Washington, DC

« Sais-tu d’où vient ton nom ? Es-tu prêt·e à être dépossédé·e de ta langue pour être accepté·e ? Marame est le modèle de réussite de l’assimilation à la française, là où Bamar résiste comme un irréductible non-gaulois. »

Je m’appelle Marame, j’ai 35 ans, je vis à Paris et je suis Scorpion. J’ai un parcours plutôt éclectique. J’ai commencé ma carrière dans le monde des assurances, dans lequel je me suis investie pendant 10 ans. Mais mon cœur a toujours appartenu au monde du dessin. Ces cinq dernières années, j’ai collaboré en autodidacte à plusieurs revues féministes et LGBTQIA+ (La Revue LGBT, Le Castor Magazine, AssiégéEs). Je suis très engagée dans la lutte pour l’accès aux droits et à l’égalité des minorités sexuelles et de genre en France et en Europe. J’ai à cœur de porter ma voix par le dessin et la bande dessinée pour mettre en lumière la pluralité des identités de nos sociétés. 

 

Je m’appelle Bamar, je suis un « boy Dakar » à Paris. Ingénieur dans une vie précédente, ma passion pour le cinéma m’a fait changer de trajectoire. Ayant commencé comme acteur au théâtre et en fiction, la marginalisation des histoires et des personnages auxquels je me suis identifié m’a donné envie d’écrire ces récits et de les porter à l’écran. Les questions d’identité et de représentation sont omniprésentes tant dans nos quotidiens que dans le théâtre, le cinéma et la fiction. Ouvrons les voix et multiplions les imaginaires. 

 

 

 

 

Marame est ancienne présidente du Centre LGBTQIA+ de Paris Ile-de-France et ex co-secrétaire d’ILGA Europe. Elle est à présent coordinatrice politique à l’Inter-LGBT et membre du conseil d’administration d’EL*C (EuroCentralAsian Lesbian* Community). Elle a suivi une formation en dessin et édition jeunesse au CESAN à Paris. En 2022, elle est en résidence au 59 Rivoli à Paris. 

 

Bamar écrit et réalise en autodidacte des courts métrages et mini-séries, dont My Little Black Girl et Mirror, Mirror qui ont été sélectionnés à plusieurs festivals en Europe et aux Etats-Unis. Il a suivi des cours de cinéma et d’écriture de scénario à l’association 1000 Visages, et est membre de la première promotion (2022) de l’école d’écriture de séries Nouvelles Écritures, où il a développé son futur projet. 

Nous avons grandi avec deux langues : le wolof, la langue maternelle ; et le français, la langue officielle. Notre langue de réconfort reste la première. C’est celle avec laquelle nous exprimons la joie, la fatigue, avec laquelle nous nous énervons, insultons, et depuis que nous sommes en France, celle que nous utilisons quand nous ne souhaitons pas que les autres nous comprennent. 

 

Nous sommes les KANE. Chez nous, ça se prononce « Kane ». Nous sommes tenté·e·s de dire que ça s’écrit comme ça s’entend. Malheureusement, nous nous sommes vite rendu compte que nous n’entendons pas tou·te·s la même chose. En France, ce nom est trop exotique et en fait oublier que le « e » muet existe. Nous devenons les « Kané ». 

 

Aux États-Unis, nous serons certainement les “Kayn”. On pensera au Citizen – cela semble mieux sonner à l’oreille. Mais ce n’est toujours pas nous.  

 

Et toi ? À quel moment deviens-tu fatigué·e d’épeler ton nom ? 

 

Marame s’est longuement interrogée, particulièrement ces dix dernières années, sur son identité en tant que femme noire vivant en France, ainsi que sur les places qu’occupent sa langue de naissance et sa langue imposée dans sa trajectoire de vie. Ainsi lui est naturellement venue l’idée d’en faire un roman graphique. Elle a donc commencé à travailler sur un projet semi-autobiographique qui intègre des interviews de femmes africaines et afro-caribéennes vivant sur les territoires francophones (Afrique de l’Ouest, France Métropolitaine, Outre-Mer). 

 

Dans les fictions qu’il écrit, Bamar développe beaucoup de personnages s’interrogeant sur leurs identités. Ce projet est dans la lignée de sa réflexion en tant qu’homme noir né en Afrique francophone et arrivé en France jeune adulte.  

 

L’objectif de notre résidence est de trouver un écho auprès de ces mêmes communautés aux États-Unis, sous un prisme linguistique différent. 

 

Qu’est-ce que la langue dite « puissante » t’a apporté ? De quoi t’a-t-elle privé ? 

 

Et pourtant, la langue française, nous l’avons adoptée, respectée et aimons la pratiquer. Lorsque nous sommes avec des non-francophones, elle devient presque motif de fierté ou moyen de séduction. Tout en essayant de glisser que nous en avons une autre, moins connue mais tout aussi riche et tout aussi belle.  

 

Sais-tu d’où vient ton nom ? Es-tu prêt·e à en être dépossédé·e pour être accepté·e ? 

 

ASSIMILATION : LANGUES & PATRONYMES, tel est l’objet de notre résidence. 

 

À court terme, Bamar produira un documentaire sur les sujets interviewés dans leurs environnements (lieux de sociabilité, famille, lieu de culte, etc.). 

 

À moyen terme, Marame publiera un roman graphique (mix BD, écrits et collages), regroupant les interviews réalisées sur tous les territoires. 

 

Nous nous appuierons sur les lieux et figures communautaires pour cibler les personnes concernées par notre projet (centres culturels, universités, collectifs artistiques, lieux de culte, etc.).

​Les États-Unis sont l’un des cinq pays où il y a le plus d’immigration. Qui dit immigration dit questions d’identité. Identité à soi ? Identité de la terre d’« accueil » ? 

 

Pour ce projet, il est important pour nous de parcourir le Sud-Est des États-Unis : Nouvelle-Orléans, Atlanta, Miami, Washington DC, car ces territoires sont des carrefours de communautés noires partagées entre plusieurs cultures. 

 

Nous ciblons les communautés africaines (Sénégal, Nigéria, Ghana etc.), afro-caribéennes (haïtiennes, jamaïcaines etc), afro-latino-américaines et états-uniennes noires. 

 

Une priorité sera donnée aux récits des femmes et autres minorités de genre. 

En partenariat avec

Nouvelles Ecritures

Engagée en faveur de l’égalité des chances, l’école Nouvelles Écritures est gratuite, sans prérequis de diplôme et ouverte à tous. Sa vocation est de former les scénaristes de série de demain et d’accompagner les talents vers leur réussite professionnelle

 

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