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Nouveau programme de résidence qui accueille créateurs et penseurs africains

Villa Albertine

A partir de cet automne, cinq artistes, chercheurs et professionnels de la culture du continent africain viendront chaque année mener une recherche aux Etats-Unis dans le cadre de résidences sur mesure de la Villa Albertine. La première sélection, assurée par N’Goné Fall, rassemble des profils venant d’Afrique du Sud, d’Algérie, d’Ethiopie, du Nigéria et du Sénégal.

New York, le 12 septembre 2022 — La Villa Albertine dévoile les noms des cinq premiers résidents africains sélectionnés dans le cadre d’un nouveau partenariat avec la Fondation Ford. Ils s’inscrivent dans le programme des 70 résidences d’exploration accompagnées chaque année par la Villa Albertine sur l’ensemble des Etats-Unis.

Le programme « Afrique » de la Villa Albertine entend promouvoir des voix et pratiques singulières de la création africaine dans les débats internationaux autour des grands enjeux sociétaux (questions mémorielles, genre, lien social, accès aux technologies…), et ouvrir de nouvelles perspectives aux États-Unis et en France.

Les cinq premiers résidents ont été sélectionnés dans le cadre d’une curation de N’Goné Fall, curatrice et commissaire générale de la Saison Africa 2020. Bahia Bencheick El Fegoun (réalisatrice), Caroline Gueye (artiste et astrophysicienne), Missla Libsekal (curatrice), Judith Okonkwo (directrice d’un lab dédié aux technologies immersives) Jay Pather (chorégraphe) composent cette sélection. Ils se rencontreront à New York, et seront notamment réunis le 21 septembre lors d’une table ronde sur l’art et la justice sociale, avant de débuter leurs résidences dans différentes villes américaines.

Ce programme est rendu possible par un soutien de la Fondation Ford. D’une durée de trois ans, il accueillera à nouveau cinq résidents africains en 2023 puis en 2024. Il trouve sa place dans un partenariat plus large de la Villa Albertine avec la Fondation Ford, pour promouvoir la diversité dans les programmes d’échanges transatlantiques proposés par la Villa Albertine en partenariat avec la fondation FACE dans les domaines des arts visuels (Etant donnés Contemporary Art) et du spectacle vivant (FACE Contemporary Theater, et FUSED: French US Exchange in Dance). Des programmes spécifiques complètent cet ensemble : la bourse Beauford Delaney (encourageant les recherches en France portant sur l’histoire de l’art afro-américain) et le programme d’invitation d’artistes afro-américains pour enseigner dans les écoles d’art françaises, en partenariat avec l’ANDEA.

 

Les résidents et leurs projets

Présentés par N’Goné Fall

 

Bahia Bencheikh El Fegoun, réalisatrice

Alger (Algérie) à New York et Salem

Relier des peuples est le point de départ du projet de la cinéaste Bahia Bencheikh El Fegoun. Mêlant rituels anciens et militantisme féministe, sa recherche présente l’activisme comme un mouvement global qui connecte l’Algérie, ancienne Mecque des révolutionnaires, aux États-Unis d’Amérique et ses luttes pour les droits de toutes les minorités. Cette enquête géopolitique et culturelle entre Alger et New-York joue avec l’élasticité de l’espace et du temps, interroge le substrat de luttes sociopolitiques, et suggère que la culture demeure une arme de résistance.

Bahia Bencheikh El-Fegoun

Caroline Gueye, artiste visuelle et astrophysicienne

Dakar (Sénégal) à Houston (Texas)

Les recherches en neurosciences de l’astrophysicienne et artiste visuelle Caroline Gueye nourrissent ses installations multisensorielles qui incitent les publics à réaliser l’impact de la physique théorique ou expérimentale sur leurs vies. Ses productions artistiques sont toujours une invitation à réfléchir à cet invisible qui améliore notre quotidien, qui nous donne la capacité de transcender le futur grâce à l’aventure spatiale américaine, et qui nous rappellent à quel point nous sommes fortement connectés les uns aux autres.

Marabout photo

Missla Libsekal, commissaire d’exposition

Vancouver (Canada) à Washington

La résistance culturelle est un sujet récurrent dans la démarche de la curatrice en art contemporain Missla Libsekal, originaire d’Ethiopie. Le territoire et les frontières, les déplacements de populations et les voyages des plantes, sont autant de portes d’entrée à une analyse de l’impact des conquêtes coloniales sur les sociétés contemporaines. De l’Afrique aux Amériques, ses recherches donnent la parole aux militants de l’ombre. Et dans ce processus continue, la mémoire, par le biais de la transmission orale de savoirs ancestraux, occupe une place centrale.

Paul MPAGI SEPUYA

Judith Okonkwo, directrice d’un lab dédié aux technologies émergentes, et développeuse d’écosystèmes

Lagos (Nigeria) à New York, Seattle, Washington DC, San Francisco et San José

Développer l’activisme politique et social à travers l’accès aux technologies numériques pour tous, tel est le défi que Judith Okonkwo lance aux entreprises américaines. Des hackathons sur l’éducation et la santé, à la production de kits pédagogiques et de films immersifs, l’innovation est le moteur de ses réalisations. Son studio de création XR, laboratoire dédié à la construction communautaire, rend hommage au sens de la solidarité des sociétés africaines et tisse un réseau continental de producteurs de contenus engagés.

Judith Okonkwo

Jay Pather, chorégraphe et curateur live art

Cape Town (Afrique du Sud) à New York

Le corps, envisagé comme un temple sacré qui abrite une mémoire collective, est au cœur du travail académique et artistique de Jay Pather. L’art vivant lui permet d’exhumer des histoires oubliées ou volontairement effacées pour nous rappeler que d’une rive à l’autre de l’Atlantique, le chaos et les traumatismes ont souvent accompagné les récits de l’aventure humaine. Ses projets sont toujours des caisses de résonnance d’auteurs qui exigent la mise en œuvre immédiate et irrévocable d’une justice plus égalitaire et de progrès sociaux.

NAF

« En s’appuyant sur la science, l’histoire, la géographie, la mémoire et l’innovation technologique, ces cinq personnalités développent résolument des projets au service du bien commun et qui résonnent autant au niveau local que global » explique N’Goné Fall. « Ce parti pris assumé les place dans le sillage de générations de militants africains de la lutte pour les droits fondamentaux. Car la justice sociale, fil rouge des questionnements qu’ils portent, met en relief le renforcement du leadership des communautés créatives que l’on observe en Afrique depuis le début de ce nouveau millénaire. »

« Grâce au soutien de la Fondation Ford et à la curation de N’Goné Fall, la saison inaugurale de la Villa Albertine s’enrichit de cinq profils ayant en commun d’être des acteurs culturels du changement en Afrique, déjà très identifiés dans leurs pays » souligne Gaëtan Bruel, Directeur de la Villa Albertine. « Leur résidence vise autant à leur permettre de prolonger leur réflexion, qu’à faire entendre dans le paysage culturel américain des voix différentes qui ont beaucoup à y apporter. La Villa Albertine confirme ainsi qu’elle n’est pas seulement un canal privilégié entre la France et les Etats-Unis, mais une plateforme globale ouverte à toutes les approches et sensibilités. »

« L’art nous permet de nous relier aux autres en créant un espace propice au partage d’idées, et cette compréhension de notre humanité devient d’autant plus riche quand nous sommes exposés à une grande diversité d’expériences et de perspectives » indique Darren Walker, président de la Fondation Ford. « A travers ce nouveau partenariat avec la Villa Albertine, nous sommes fiers de soutenir la venue aux Etats-Unis de figures culturelles du continent africain dont le travail saura à coup sûr inspirer durablement ceux et celles qu’ils rencontreront. ».

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