Marie de Brugerolle
Commissaire d'exposition, autrice, dramaturge
Automne 2027
- Arts visuels
- Los Angeles
« Film as Performance considère le film comme une forme performative, remettant en question la durée des projections et les formes d’attention fragmentées. »
Je suis autrice, commissaire d’exposition et dramaturge. Diplômée de l’Ecole du Louvre j’ai rejoint le MNAM Centre Pompidou où j’ai co-organisé Hors Limites, l’art et la vie (1994) sur les racines de la performance et découvert Guy de Cointet (1934-1983). En 1995, je suis au MoMA pour la rétrospective B. Nauman et assiste Louise Bourgeois. Remettant en question l’histoire linéaire, mon travail entremêle théorie et pratique. Les gossips, les archives spéculatives et le reenactement font partie de ma méthode. La rencontre avec la Californie fut fondamentale, notamment le lien avec la performance, la cinématographie, la lumière, l’immensité. J’organise les rétrospectives d’Allen Ruppersberg (1996), John Baldessari (2005), Larry Bell (2011) en parallèle à la recherche sur Guy de Cointet (1934-1983), sa monographie, un film documentaire (Who’s That Guy, 2004-2011) et les reenactements (Tell Me (1979-2012) au LACMA, MoMA, MUSAC. Actuellement consultante pour le ré-enactement de A NEW LIFE, MoMA au Wesleyan Art Center (2026-2027). Je m’interroge sur les conséquences du « screen time » sur la visualité (RIDEAUX/Blinds, 2015, IAC).
Depuis 2011, ma recherche Post-Performance Future explore l’impact de la performativité sur les arts visuels. Post-Performance Future Method/e est publié en 2023 et réédité en 2024. Film as Performance, VILLA ALBERTINE, Los Angeles, en est le nouveau chapitre. Autrice publiée régulièrement, Polyspherus, éd. Ishtar Bruxelles, 2021 ; mes Anecghostories sont performées (MACVAL, 2026). Je prépare Watch Your Mouth, programme sonore 2026 Londres & FRAC Pays de la Loire/FLUXUS.
Marie de Brugerolle est autrice, commissaire d’exposition et dramaturge. Lauréate de la Bourse Fulbright, 2001 : Guy de Cointet ; 2006 : Villa Medicis Hors Les Murs: Portugal; 2015 : Emily Harvey Foundation, Venise; 2023 Bourse de recherche du CNAP : What Spicer did to US ? Berkeley; 2024: HEADLANDS Artist in Residence: Re-enacting Spicer; Fluxus 2026: Watch your mouth, Londres. Spécialiste de la Californie, elle a organisé les rétrospectives d’Allen Ruppersberg (1996), John Baldessari (2005), Larry Bell (2011) et redécouvert l’œuvre de Guy de Cointet (Who’s That Guy ? livre, film, exposition). Polyspherus, éd Ishtar,2021. Post-Performance Future, Method/e, 2023 réd.2024.
Film as Performance est le nouveau chapitre de Post-Performance Future, un projet qui explore l’impact de la performativité sur les arts visuels. Il donnera lieu à une série de programmes, de conférences et à un ouvrage. Los Angeles, ville de « l’Industrie » (comme la nommait John Baldessari), constitue un territoire idéal pour étudier les imbrications, les évolutions, les enjeux et les nouvelles formes de performativité au sein des images en mouvement.
Film as Performance considère le film comme une forme performative, remettant en question la durée des projections et les formes d’attention fragmentées. « Cinéma sans cinéma », hors cadre, utilisant des dispositifs low-tech, « temps queer » de la performance, mise en scène de la caméra qui devient une persona. Les arts du temps, le cinéma et la performance partagent une histoire commune. Ici, le film est envisagé comme un langage et une forme qui donnent à voir leur propre poétique.
Des écoles d’art telles que CalArts, où Kathryn Bigelow fut invitée par Baldessari, ou encore Sharon Lockhart et son programme télévisuel actuel, ainsi que les conférences de Godard à UCLA, qui ont inspiré Cointet, ou encore le département New Genre and Film (Andrea Fraser, Vishal Judgeo), constituent des sources de réflexion, au-delà de l’économie du divertissement.
Je souhaite créer des passerelles entre les domaines et les générations, et stimuler les dialogues. Des artistes historiques avec lesquels j’ai travaillé aux générations émergentes, des réalisateurs de studios aux artistes visuels. Pour cela, j’étudierai les archives du Getty Research Institute, de la Mike Kelley Foundation, des John Baldessari Family Archives et de la LAICA. Je rencontrerai des commissaires du Performance Museum, du MOCA, du LACMA et du Hammer Museum, et échangerai avec le LACE, le New Theater Hollywood et le RED CAT. Les écoles d’art jouent un rôle essentiel dans cette transmission, notamment CalArts, Otis et UC Riverside.
Je mènerai également des entretiens avec des artistes — Coleman Collins, Anna Wittenberg, P. Staff, Asher Hartman, Sondra Perry et Aria Dean — dont les œuvres ouvrent de nouvelles voies entre Film as Performance et la mise en scène de la poésie.
Los Angeles, ville de « l’Industrie », constitue un territoire idéal pour étudier les évolutions, les enjeux et les nouvelles formes de performativité au sein des images en mouvement : Film as Performance. Ce nouveau chapitre de Post-Performance Future prend en compte les dynamiques propres à Los Angeles dans le contexte américain actuel. L’ironie, la performance comme moyen d’expression, l’esthétique du montage, la mise en scène de soi, l’intimité entre langage et poésie visuelle sont autant d’outils que les artistes californiens utilisent dans une déconstruction continue, de l’intérieur, de la société du spectacle. Cela crée une scène polysémique et un espace permettant d’explorer les dysfonctionnements de notre époque.
Dans cette dynamique, les écoles d’art et les espaces expérimentaux jouent un rôle essentiel. CalArts a été un terreau de l’art conceptuel californien et de la première formation hybride mêlant vidéo et performance, en lien avec The Red Cat. La critique institutionnelle développée à UCLA avec Andrea Fraser, ainsi qu’Otis, où Guy de Cointet a enseigné et où Asher Hartman enseigne aujourd’hui, constituent des incubateurs pour les artistes. ArtCenter a été fondé par Mike Kelley et Stephen Prina. Tous réalisaient des films en Super 16 mm et des performances en réaction à l’économie de la production. Ce contexte constitue un terrain d’émulation pour ma recherche.
Les archives du Getty et de la Mike Kelley Foundation seront des sources précieuses, tout comme les commissaires du Performance Museum, du MOCA, du LACMA et du Hammer. The New Theater Hollywood est un partenaire idéal, tout comme LACE et The Brick, en raison de leur histoire continue à la croisée de la performance et du cinéma. Je rencontrerai des artistes tels que Sharon Lockhart, Paul McCarthy, Coleman Collins, Anna Wittenberg, P. Staff, Aria Dean, Sondra Perry et Olivia Mole.
En partenariat avec
La Fondation Cartier pour l’art contemporain
La Fondation Cartier pour l’art contemporain est une institution culturelle privée dont la mission est de promouvoir tous les domaines de la création artistique contemporaine auprès du public international à travers un programme d’expositions temporaires, de performances et de conférences. Créée en 1984 par la Maison Cartier, l’institution est située à Paris dans un bâtiment conçu par l’architecte Jean Nouvel. À l’image de notre époque, la Fondation Cartier croise tous les domaines de la création contemporaine, du design à la photographie, de la peinture à la vidéo, de la mode au spectacle vivant. Elle a une collection unique qui rassemble plus de 2 000 œuvres de 500 artistes de 50 nationalités différentes. Depuis plus de deux décennies, la Fondation Cartier s’engage dans des projets qui examinent et abordent les enjeux les plus urgents auxquels sont confrontés l’environnement, la vie animale et les peuples autochtones.
Getty Research Institute
Le Getty Research Institute est un centre international de recherche consacré à l’étude de la culture visuelle, abritant une importante bibliothèque d’art et des collections d’archives et de documents rares.