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Diaty Diallo

Artiste, autrice
Été 2024

  • Littérature
  • Atlanta
  • Chicago
  • La Nouvelle-Orléans
  • Miami
  • New York

« Séjourner dans plusieurs grandes villes américaines me permettra avant tout de cerner l’aspect visible de leur transformation, comme la gentrification, qui cache souvent des liens philosophiques plus complexes et de profondes disparités, y compris dans les géométries urbaines contrastées des métropoles françaises et américaines. » 

J’écris de la poésie, des chansons et de la fiction, je photographie, je performe. J’ai étudié les arts plastiques, la fabrication de projets culturels en espace public et suivi un cursus de création littéraire. A la suite de quelques années passées à surveiller des œuvres dans des musées, des enfants dans des salles de permanence, à errer dans Londres à la recherche d’un travail ou d’une nouvelle chambre en auberge de jeunesse, j’ai finalement travaillé pendant six ans au sein d’associations socio-culturelles et d’éducation populaire.  

En 2022, j’ai publié mon premier roman, Deux secondes d’air qui brûle, aux éditions du Seuil puis écrit des textes plus courts pour des revues et médias tels qu’AOC, Dears, La Déferlante, Médiapart, Manifesto XXI ou pour de nouvelles lectures ou performances. 

Diaty Diallo est romancière et artiste. En 2022, elle publie son premier roman Deux secondes d’air qui brûle, finaliste du prix Médicis et du prix du Livre Inter, notamment.

J’ai écrit un roman qui raconte comment survivre et gérer collectivement la mort d’un proche lorsque celle-ci est due aux violences de l’appareil d’État et qu’elle affecte toute une communauté. 

Deux secondes d’air qui brûle fait référence à des musiques noires comme le rap ou la techno, qui aident les personnages à transcender leur peine en se retrouvant pour danser. J’ai également choisi des styles musicaux profondément ancrés dans la culture nord-américaine et implantés en Europe, afin de souligner que les violences d’État sont aussi présentes en France, de même que les réactions possibles qu’elles engendrent : le développement d’une contre-culture pour résister et valoriser nos identités brisées. 

Les diasporas noires démontrent depuis des lustres leur capacité à diffuser leurs courants culturels dans le monde entier. Lors de la promotion du livre, j’ai fait de nombreuses lectures en public et profité de ces occasions pour construire quelque chose de différent, d’hybride, avec des sons, des musiques, des mots et des chants, établissant ainsi une sorte de cartographie sonore du livre. Je me dis aujourd’hui que je pourrais poursuivre cette expérience, mon objectif étant d’aller encore plus loin. 

J’ai toujours voulu m’éloigner du livre traditionnel, souvent porteur de liens symboliques forts avec la culture dominante française et de manifestations de classisme. Je suis absolument certaine que je continuerai à écrire mais j’ai aussi le besoin profond de revenir sur mon premier livre, afin de rendre l’histoire plus concise et plus percutante de manière à la transposer efficacement sur scène. Cette réinterprétation s’adresse à un public différent, qui ne fréquente généralement pas les cercles intellectuels ou littéraires. 

En parallèle, j’ai commencé à réfléchir à un deuxième roman. À ce stade, je n’ai que des pensées aléatoires, diverses obsessions et des fragments de synopsis, mais je sais que je veux continuer à parler de l’impact des espaces urbains sur le corps, du ressenti, de l’endurance, de la distance qui sépare les différents lieux de la vie quotidienne, de la persistance du vivant, des plantes et des animaux, et travailler sur les sons,  les chants de la ville, et la musique en tant qu’expérience sociale. 

La plupart des musiques que j’écoute – rap (Trap, Drill, Jersey Drill, etc.), blues, folk, techno, etc. — sont nées en Amérique du Nord. Mais je suis consciente que j’ai de nombreuses lacunes à combler avant d’avoir une vision plus cohérente de ce que pourrait être la création d’un continuum culturel des diasporas entre les États-Unis et la France. 

 Séjourner dans plusieurs grandes villes américaines me permettra avant tout de cerner l’aspect visible de leur transformation, comme la gentrification, qui cache souvent des liens philosophiques plus complexes et de profondes disparités, y compris dans les géométries urbaines contrastées des métropoles françaises et américaines. 

 J’irai dans les espaces publics pour observer les chorégraphies qui se déroulent, inventorier les fantômes du passé, les lambeaux de mémoire personnifiés par toutes les traces de résistance dans le paysage urbain, afin de comprendre comment les différents niveaux – l’époque, la profession, l’âge, la classe sociale, le sexe, les décisions de politiques publiques – interagissent. 

 J’ai un imaginaire spécifique pour chacune des villes choisies pour ce projet et, bien sûr, tout commence par la musique : la naissance du Jazz et Mardi Gras à la Nouvelle-Orléans, le rap, la no wave et les comédies musicales à New York, la house et le drill à Chicago, le disco et la techno à Detroit, le Dirty South à Atlanta et Miami, le b-more club à Baltimore, etc. C’est toute une bande originale qui accompagne cet itinéraire. Je veux écouter de la musique là où elle est produite, diffusée et jouée. Je veux danser dessus. 

 J’ai besoin d’examiner la réalité et de comprendre comment elle recoupe les récits des œuvres de fiction. Je veux voir si le paysage actuel correspond aux histoires que j’ai entendues : y a-t-il un peu de Treme à la Nouvelle-Orléans, de Spring Breakers à Miami, de Nola Darling n’en fait qu’à sa tête à New York ? 

En partenariat avec

Maison internationale des écritures contemporaines d’Aix-en-Provence (MéCA)

La Maison Internationale des écritures contemporaines d’Aix-en-Provence (MéCA) est un lieu municipal de création, de résidence et de programmation pluridisciplinaire, appelé à faire rayonner les arts de la narration. Née du mouvement des nouvelles scènes littéraires, la MéCA s’y inscrit d’une manière singulière en prenant le parti d’unir l’écriture littéraire aux autres écritures artistiques, qu’elles soient sonores, scéniques, graphiques ou numériques. La MéCA propose des lieux de travail au plateau avec pour objet de donner un espace et du temps aux auteurs et artistes émergents et confirmés dans un processus de production d’objets littéraires scéniques et de nouvelles propositions qui s’inscrivent dans l’espace public.

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