{"id":63790,"date":"2023-01-13T17:14:53","date_gmt":"2023-01-13T17:14:53","guid":{"rendered":"https:\/\/villa-albertine.org\/magazine\/art-history-creation-racial-identity-2\/"},"modified":"2023-08-23T08:11:01","modified_gmt":"2023-08-23T08:11:01","slug":"art-history-creation-racial-identity","status":"publish","type":"app_magazine_article","link":"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/art-history-creation-racial-identity\/","title":{"rendered":"Art History in the Creation of Racial Identity"},"content":{"rendered":"<p><strong>Existe-t-il un regard propre \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art sur la question de la race\u00a0? <\/strong><\/p>\n\n<p>Pour \u00eatre parfaitement honn\u00eate, cette question de la race n\u2019a pas tout de suite \u00e9t\u00e9 centrale dans mes travaux. C\u2019est apr\u00e8s ma th\u00e8se, une fois en poste, que j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 explorer des chemins nouveaux, et que je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la question de la repr\u00e9sentation des Noirs. C\u2019\u00e9tait alors un objet qu\u2019il fallait construire et j\u2019avoue que je n\u2019ai compris l\u2019importance de ce travail fondamental que plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s le d\u00e9but de mes recherches iconographiques sur la construction de la race et du racisme. Il y a donc eu deux temps, d\u2019abord une recherche positive par la documentation d\u2019un corpus in\u00e9dit sur l\u2019image des noirs dans l\u2019histoire de l\u2019art, puis une \u00e9tude historique de la race fond\u00e9e sur des objets visuels et artistiques qui me permettait d\u2019aller plus loin. C\u2019\u00e9tait aussi, il y a 15 ans, la possibilit\u00e9 de participer \u00e0 un chantier collectif et pluridisciplinaire, mobilisant les histoires politique, sociale, intellectuelle, et l\u2019histoire de l\u2019art, sous l\u2019impulsion de Jean-Fr\u00e9d\u00e9ric Schaub et Silvia Sebastiani \u00e0 l\u2019\u00c9cole des Hautes \u00e9tudes en Sciences Sociales (EHESS). Il \u00e9tait paradoxalement tr\u00e8s compliqu\u00e9 alors d\u2019aborder ces questions dans ma discipline, l\u2019histoire de l\u2019art, qui traite pourtant directement de la visualit\u00e9, qui est de mani\u00e8re \u00e9vidente au c\u0153ur de l\u2019exp\u00e9rience m\u00eame de la race. Est-il besoin de rappeler que c\u2019est d\u2019abord par la vue que se d\u00e9finit le familier et l\u2019\u00e9tranger, le similaire et le diff\u00e9rent\u00a0? Il a malgr\u00e9 tout fallu batailler pour montrer que l&rsquo;archive visuelle \u00e9tait particuli\u00e8rement int\u00e9ressante lorsqu&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9ressait \u00e0 l\u2019histoire de la race.<\/p>\n\n<p><strong>Vous travaillez sur le XVIIIe si\u00e8cle, si\u00e8cle des Lumi\u00e8res mais aussi de l\u2019apog\u00e9e de la traite des esclaves. Comment r\u00e9soudre cette apparente contradiction qu\u2019on retrouve aujourd\u2019hui dans les d\u00e9bats sur la question du racisme et de l\u2019universalisme\u00a0?\u00a0 <\/strong><\/p>\n\n<p>Je ne la r\u00e9sous pas\u00a0! Comme historienne, je constate la r\u00e9alit\u00e9 de cette contradiction entre la pens\u00e9e universaliste et la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019esclavage et de la traite d\u00e8s le XVIIIe si\u00e8cle, et ce qui me semble important c\u2019est avant tout de pouvoir en faire \u00e9tat, puis de suivre l\u2019\u00e9mergence et le d\u00e9ploiement de cette apparente contradiction. Selon moi, l&rsquo;esclavage aiguise la d\u00e9finition de la citoyennet\u00e9, et par cons\u00e9quent de l&rsquo;universalisme r\u00e9publicain, en ce que ce statut social et politique de citoyen \u00e9tait pens\u00e9 volontairement <em>in abstracto<\/em>. L\u2019esclavage est donc l\u2019\u00e9preuve fondamentale d&rsquo;une citoyennet\u00e9 renouvel\u00e9e par les r\u00e9volutions politiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle atlantique.<\/p>\n\n<p>Le paradoxe de l\u2019ambition universaliste et de l\u2019esclavage racial n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 inconcevable. L\u2019histoire qui se dessine en r\u00e9alit\u00e9, quand on s\u2019y int\u00e9resse vraiment, est moins pure que ce qu\u2019affirment tant les adversaires que les partisans de l\u2019universalisme, et c\u2019est bien l\u00e0 toute la complexit\u00e9 des Lumi\u00e8res. De mon point de vue, l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;esclavage de masse, la traite de 12 millions d\u2019Africains, les plantations coloniales, l\u2019organisation rationnelle et cruelle de la d\u00e9shumanisation et de l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme, nous obligent \u00e0 regarder ce que fut concr\u00e8tement la citoyennet\u00e9 au cours du XIXe si\u00e8cle. En revanche, que l\u2019esclavage racial et la pens\u00e9e universaliste aient cohabit\u00e9, cela ne me surprend pas. Au contraire, je pense m\u00eame que, d\u2019une certaine mani\u00e8re, l\u2019irrationalit\u00e9 du premier excite la d\u00e9pense intellectuelle de la seconde.<\/p>\n\n<p><strong>Vous \u00e9voquez dans votre dernier ouvrage ce que vous appelez une \u00ab\u00a0politique de la blancheur\u00a0\u00bb, qui est aussi une esth\u00e9tique, qui se d\u00e9veloppe au XVIIIe si\u00e8cle. En quoi l\u2019approche par l\u2019histoire de l\u2019art permet-elle de renouveler le regard sur cette question\u00a0? <\/strong><\/p>\n\n<p>Lorsque j\u2019ai pr\u00e9sent\u00e9 le r\u00e9sultat de mes recherches, qui ont d\u00e9bouch\u00e9 en 2019 sur <em>L\u2019Art et la Race : l\u2019Africain (tout) contre l\u2019\u0153il des Lumi\u00e8res<\/em>, un historien dont je tairai le nom, avait cru bon de me dire que ce travail ne reposait sur rien. Ce qui voulait dire dans sa bouche qu\u2019il n\u2019y avait m\u00eame pas la mati\u00e8re, le corpus d\u2019archives et d\u2019\u0153uvres, pour pouvoir effectuer un travail s\u00e9rieux et important d\u2019historienne sur ce sujet ; que, depuis la discipline histoire de l\u2019art, la question de la construction de la race au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res \u00e9tait finalement nulle et non avenue. Je dois avouer que cela m\u2019a d\u2019abord beaucoup vex\u00e9e, puis cela m\u2019a mise en col\u00e8re car c\u2019\u00e9tait objectivement de la mauvaise foi. Il y a en r\u00e9alit\u00e9 \u2013 comme on le voit dans mon livre \u2013 une grande diversit\u00e9 de repr\u00e9sentations, de nombreuses it\u00e9rations de la figure des Noirs \u00e0 diff\u00e9rents niveaux de la vie sociale, tels qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 immortalis\u00e9s par les archives visuelles. J\u2019ai donc travaill\u00e9 aussi sur la quantit\u00e9, au poids, afin de montrer qu\u2019il ne s\u2019agissait pas de pi\u00e8ces exceptionnelles, bien au contraire.<\/p>\n\n<p>Pour ce qui concerne la fabrique de la blancheur comme identit\u00e9 raciale, c\u2019est le fruit de la confrontation avec la noirceur incarn\u00e9e par la pr\u00e9sence accrue des Africains dans l\u2019Europe des XVIIIe et XIXe si\u00e8cles. L\u2019exp\u00e9rience rapproch\u00e9e et amplifi\u00e9e de l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 noire a, en retour, rendue n\u00e9cessaires l\u2019affirmation et la performance de la blancheur, ce qui a induit des pratiques sociales comme l\u2019utilisation de poudres pour les cheveux et le visage. Ce que j\u2019appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;\u0153il des Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb est, de mon point de vue, obs\u00e9d\u00e9 par les sujets noirs, les corps noirs, l&rsquo;africanit\u00e9. Aussi, pour r\u00e9pondre indirectement et des ann\u00e9es apr\u00e8s \u00e0 ce coll\u00e8gue, il n\u2019y a pas \u00ab\u00a0rien\u00a0\u00bb, bien au contraire, il existe une quantit\u00e9 d&rsquo;objets qui permettent de poser la question de la race dans tous les lieux et \u00e0 partir de toutes les pi\u00e8ces dont l&rsquo;histoire de l&rsquo;art s\u2019est toujours occup\u00e9e. Ce n\u2019est pas ext\u00e9rieure \u00e0 la discipline, je dirais m\u00eame que c\u2019est au c\u0153ur du corpus, quasiment de tout le corpus artistique du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n\n<p><strong>C\u2019et une question qui est au c\u0153ur aujourd\u2019hui des recherches acad\u00e9miques, et notamment des <em>critcal race theories<\/em>\u00a0: quelles archives mobiliser quand il y a soit une totale absence de la voix des Noirs, soit elle est relay\u00e9e dans des archives qui sont celles des dominants\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n<p>C&rsquo;est toute la question. On peut d\u2019abord, et c\u2019est la r\u00e9ponse la plus facile, s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la m\u00e9moire comme ph\u00e9nom\u00e8ne et en faire un objet historique. Comment cette m\u00e9moire s\u2019est transmise et est parvenue \u00e0 survivre \u00e0 l&rsquo;absence de mat\u00e9rialisation originale par les acteurs. Mais on peut aussi \u2013 et c&rsquo;est actuellement une tendance importante de la recherche aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 propos de laquelle, en tant qu\u2019historienne, je m\u2019interroge encore beaucoup \u2013, compenser l\u2019absence d\u2019archives, par la mise en \u0153uvre d\u2019un projet fictionnel. C\u2019est une d\u00e9marche avec laquelle je ne suis pas tout \u00e0 fait \u00e0 l\u2019aise, car je pense qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019y a jamais tout \u00e0 fait \u00ab rien \u00bb, et que l\u2019on peut, avec toute la rigueur historique possible, faire feu de tout bois, c&rsquo;est-\u00e0-dire travailler l&rsquo;archive coloniale et entendre les voix noires qui se trouvent dedans, m\u00eame de mani\u00e8re indirecte. Sans avoir un avis arr\u00eat\u00e9 sur la question de la fiction, qui a d\u00e9finitivement ses vertus, je suis, dans mon travail, encore prudente, et continue d\u2019explorer l\u2019archive coloniale qui ne me semble pas avoir encore tout dit.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-full\">\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"239\" height=\"300\" src=\"https:\/\/villa-albertine.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Laveau20portrait_0.jpg\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"\" \/>\n\t\t\t<figcaption>\n\t\t\t<p>Portrait of a Creole Woman in a Madras Tignon, attributed to George Catlin, oil on canvas, Virginia Museum of Fine Arts<\/p>\n\t\t<\/figcaption>\n\t<\/figure>\n<p><strong>Si vous avez travaill\u00e9 au poids, pour reprendre vos mots, dans votre dernier ouvrage, votre r\u00e9sidence \u00e0 la Nouvelle Orl\u00e9ans vous a permis de vous pencher pr\u00e9cis\u00e9ment sur une personnalit\u00e9\u00a0: Marie Laveau. Qui est-elle et pourquoi \u00e9tait-il important pour vous de mener des recherches sur elle\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n<p>Marie Laveau \u00e9tait une pr\u00eatresse vaudou de La Nouvelle-Orl\u00e9ans, qui avait \u00e9pous\u00e9 en 1819 un affranchi \u00e9migr\u00e9 d\u2019Ha\u00efti nomm\u00e9 Gabriel Paris, et qui tenait une consultation de divination tr\u00e8s courue. \u00c0 mes yeux, elle s\u2019inscrit aussi dans un ensemble de femmes fortes, noires, de l\u2019espace atlantique, qui se distinguaient par leur esprit d\u2019initiative, leur libert\u00e9, leur succ\u00e8s dans les affaires\u2026 malgr\u00e9 les contraintes coloniales et imp\u00e9riales tout autour de l\u2019Oc\u00e9an. Marie Laveau est donc une ic\u00f4ne \u00e0 qui on pr\u00eate des pouvoirs surnaturels mais aussi une grande sagesse, associ\u00e9e aussi bien \u00e0 l\u2019imaginaire artistique de la Louisiane qu\u2019au mouvement pour les droits civiques. Par ailleurs, il n\u2019existe aucun portrait original de Marie Laveau, la seule image, c\u2019est une copie d&rsquo;un tableau de la fin du XIXe si\u00e8cle, d&rsquo;apr\u00e8s un tableau du peintre am\u00e9ricain George Caitlin. Comme je l\u2019ai fait dans mon livre \u00e0 propos de Toussaint-Louverture, j\u2019aime me confronter autant au portrait qu\u2019\u00e0 l\u2019absence de portrait, car cette histoire, avec ses fluctuations \u2013 Marie Laveau fait d\u00e9sormais l\u2019objet d\u2019une imagerie populaire abondante \u2013 r\u00e9v\u00e8le les r\u00f4les de l\u2019image dans le travail m\u00e9moriel. C\u2019est d\u2019autant plus int\u00e9ressant que les formes d\u2019appropriation de l\u2019histoire noire par divers groupes sociaux vont de pair avec l\u2019\u00e9mergence de types de savoirs vari\u00e9s, et souvent nouveaux. C\u2019est le cas de l&rsquo;histoire noire, pour laquelle les sources, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 dit, sont moins conventionnelles, parce que les archives \u00e9crites n\u2019ont pour la plupart pas \u00e9t\u00e9 produites par les acteurs, en l\u2019occurrence les esclaves, \u00e0 qui on interdisait d\u2019apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire. Aussi, entendre les voix noires dans les archives coloniales et imp\u00e9riales, oblige \u00e0 travailler de biais. Mais on les entend\u2026<\/p>\n\n<p><strong>On trouve chez des artistes contemporains, africains-am\u00e9ricains notamment, une certaine fa\u00e7on de produire un r\u00e9cit alternatif, de donner sa place \u00e0 un regard noir sur l\u2019histoire, en se r\u00e9appropriant les motifs de l\u2019art occidental classique. On peut penser aux photographies d\u2019Ayana Jackson ou aux portraits de Kehinde Wiley. Quel regard portez-vous sur ce mouvement\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n<p>Je vois d&rsquo;abord une tendance longue, assez g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, qui a pris des formes tr\u00e8s diverses et dont on peut faire remonter les origines au Black British Art des ann\u00e9es 1980. Je pense par exemple au dialogue \u00e9troit qu\u2019a entretenu Yinka Shonibare avec William Hogarth. J\u2019avais d\u00e9couvert les \u0153uvres de Shonibare dans l&rsquo;exposition Hogarth du mus\u00e9e du Louvre en 2006\u00a0: il s\u2019agissait d\u2019une s\u00e9rie de 5 photographies (<em>Diary of a Victorian Dandy<\/em>, 1998) d&rsquo;apr\u00e8s la s\u00e9rie de 8 gravures de Hogarth\u00a0: <em>The Rake\u2019s Progress<\/em> (1735). Dans ce cycle, l\u2019artiste contemporain \u00e9tait lui-m\u00eame le personnage principal d\u2019une \u00e9pop\u00e9e photographique calqu\u00e9e sur le r\u00e9cit en gravures de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, cr\u00e9ant ainsi un d\u00e9calage saisissant dans une imagerie famili\u00e8re.<\/p>\n\n<p>Dans l&rsquo;art africain-am\u00e9ricain, il y a bien s\u00fbr les exemples les plus connus comme l\u2019\u0153uvre de Kehinde Wiley, qui a produit des tableaux remarquables. Par exemple, j\u2019ai revu r\u00e9cemment au mus\u00e9e de Brooklyn son tableau inspir\u00e9 du <em>Bonaparte franchissant les Alpes<\/em> de David, avec une figure noire \u00e0 la place de l\u2019empereur. Il s\u2019est jou\u00e9, dans ce type d\u2019approches \u2013 qui fait un peu trop recette \u00e0 mon go\u00fbt d\u00e9sormais \u2013, quelque chose de fondamental\u00a0: une fa\u00e7on de se mesurer aux canons d\u2019un art dont on se pensait exclu. D\u00e9caler le canon, en le rendant plus noir, fonctionne tr\u00e8s bien car cela permet d\u2019introduire l\u2019\u00e9tranger dans le connu, le moins familier dans le commun. Et ce qui ressort de ces d\u00e9marches artistiques, c\u2019est surtout que l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas si grande que cela. Ce qui pourrait sugg\u00e9rer que dans le monde de l\u2019art et de la culture, l\u2019op\u00e9ration de rattrapage de visibilit\u00e9 est achev\u00e9e.<\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-full\">\n\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"971\" height=\"666\" src=\"https:\/\/villa-albertine.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/school-of-beauty-school-of-culture-2012-acrylic-and-glitter-on-unstretched-canvas.jpg\" class=\"attachment-full size-full\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/villa-albertine.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/school-of-beauty-school-of-culture-2012-acrylic-and-glitter-on-unstretched-canvas.jpg 971w, https:\/\/villa-albertine.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/school-of-beauty-school-of-culture-2012-acrylic-and-glitter-on-unstretched-canvas-300x206.jpg 300w, https:\/\/villa-albertine.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/school-of-beauty-school-of-culture-2012-acrylic-and-glitter-on-unstretched-canvas-768x527.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 971px) 100vw, 971px\" \/>\n\t\t\t<figcaption>\n\t\t\t<p>Kerry James Marshall, School of Beauty, School of Culture (2012), Birmingham Museum of Art <\/p>\n\t\t<\/figcaption>\n\t<\/figure>\n<p><strong>Si cela est acquis, que reste-t-il\u00a0? Qu\u2019est-ce qui vous para\u00eet int\u00e9ressant comme d\u00e9marche\u00a0?<\/strong><\/p>\n\n<p>Peut-\u00eatre peut-on d\u00e9sormais aller au-del\u00e0 de ce rattrapage, \u00e9tape qui a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire mais qui a occult\u00e9 d\u2019autres approches artistiques plus fines de l\u2019exp\u00e9rience africaine-am\u00e9ricaine. Je pense par exemple au travail de cette grande artiste qui a \u0153uvr\u00e9 tout au long du XXe si\u00e8cle, et m\u00eame au-del\u00e0\u00a0: Elizabeth Catlett (1913-2012), et dont l\u2019\u0153uvre a pris plusieurs formes (sculpture, gravure, peinture). Tr\u00e8s engag\u00e9e politiquement, elle a particip\u00e9 \u00e0 la lutte pour les droits civiques par une \u0153uvre qui affirmait la n\u00e9cessit\u00e9 pour les Noirs am\u00e9ricains de trouver leurs propres moyens artistiques. Elle recourait \u00e0 l\u2019image suivante pour illustrer son propos\u00a0: \u00ab\u00a0nous avons fini par arr\u00eater de penser que nous devions avoir les cheveux raides\u00a0\u00bb, et cette id\u00e9e puissante devait selon elle s\u2019appliquer aux formes repr\u00e9sentant et s\u2019adressant aux Noirs. L\u2019image est tr\u00e8s parlante, dans l\u2019absolu, mais d\u2019autant plus quand on pense \u00e0 l\u2019une de ses sculptures conserv\u00e9es au Metropolitan Museum of Art\u00a0: <em>Woman fixing her hair<\/em> (1993)<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n<p>C\u2019est aussi la d\u00e9marche adopt\u00e9e par Kerry James Marshall par exemple, qui, dans son magnifique tableau intitul\u00e9 <em>School of beauty, School of culture<\/em> (2012, Birmingham Museum of Art)<em>, <\/em>fait, parmi d\u2019autres, r\u00e9f\u00e9rence aux<em> Ambassadeurs<\/em> d\u2019Holbein (1533, Londres, National Gallery) en utilisant le m\u00eame subterfuge optique que le peintre allemand. On voit en effet dans le bas du tableau l\u2019anamorphose d\u2019une jeune fille blonde : la belle au bois dormant de Disney, au sein d\u2019un salon de coiffure africain-am\u00e9ricain. On retrouve le th\u00e8me important de la coiffure, qui renvoie \u00e0 la question de la norme et de la beaut\u00e9 noires. Mais l\u2019emploi de l\u2019anamorphose devient ici une fa\u00e7on de repr\u00e9senter l\u2019informe et l\u2019inopportun. L\u2019artiste donne un espace \u00e0 la beaut\u00e9 comme \u00e0 la culture noire, qui ne sont pas n\u00e9cessairement la n\u00e9gation de l\u2019esth\u00e9tique \u00ab\u00a0blonde\u00a0\u00bb, mais qui s\u2019en d\u00e9tachent, en rejetant cette norme dans une forme incongrue, peut-\u00eatre jadis obsessionnelle, mais d\u00e9sormais ignor\u00e9e et inappropri\u00e9e, et finalement inefficace comme mod\u00e8le dans cette \u00e9cole de beaut\u00e9 et de culture africaine-am\u00e9ricaine. Kerry James Marshall joue avec les canons de l&rsquo;art de la renaissance allemande, en plus et en marge de ceux propre \u00e0 la culture panafricaine.<\/p>\n\n<p>Ce qu\u2019il y a d\u2019int\u00e9ressant, selon moi, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9marche subtile, qui dit le cr\u00e9dit, la connaissance, la culture sur laquelle se fonde toute intervention dans le domaine artistique. Ainsi, l\u2019\u0153uvre de Marshall pense plastiquement avec des moyens et un imaginaire qui vont au-del\u00e0 de la citation d\u2019un canon europ\u00e9en ancien, ou de la simple introduction de mod\u00e8les noirs dans les sch\u00e9mas artistiques d\u2019Ancien R\u00e9gime. Aussi, pour ce qui concerne les d\u00e9marches les plus int\u00e9ressantes de l&rsquo;intervention noire dans l\u2019art actuel, je dirais qu\u2019elles se situent dans leur capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9passer le rattrapage historique au profit de l&rsquo;invention de moyens propres et ajourn\u00e9s, qui disent au plus pr\u00e8s l\u2019histoire et l\u2019exp\u00e9rience Africaine-Am\u00e9ricaine. Et nombreux sont les artistes remarquables qui vont dans ce sens.<\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> \u00ab\u00a0\u2026 we stopped thinking that we had to have straight hair\u2026\u00a0\u00bb. C\u2019est dans une conversation avec Samella S. Lewis qu\u2019Elizabeth Catlett a fait ce parall\u00e8le. Voir Samella S. Lewis, <em>African American Art and Artists<\/em>, Los Angeles, University of California Press, 2003, p. 135.<\/p><p><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 initialement publi\u00e9 dans States, la revue de la Villa Albertine.<\/em><\/p>","protected":false},"featured_media":60985,"menu_order":0,"template":"","app_discipline":[265,282],"app_city_tax":[272],"app_magazine_category":[],"class_list":["post-63790","app_magazine_article","type-app_magazine_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","app_discipline-arts-visuels-fr","app_discipline-sciences-humaines-et-sociales-fr","app_city_tax-nola-fr"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Art History in the Creation of Racial Identity - Villa Albertine<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/art-history-creation-racial-identity\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Art History in the Creation of Racial Identity - Villa Albertine\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Existe-t-il un regard propre \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art sur la question de la race\u00a0? 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