{"id":63788,"date":"2022-09-23T22:12:58","date_gmt":"2022-09-23T22:12:58","guid":{"rendered":"https:\/\/villa-albertine.org\/magazine\/felwin-sarr-reinvest-history-and-utopia-2\/"},"modified":"2023-08-23T08:11:01","modified_gmt":"2023-08-23T08:11:01","slug":"felwin-sarr-reinvest-history-and-utopia","status":"publish","type":"app_magazine_article","link":"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/felwin-sarr-reinvest-history-and-utopia\/","title":{"rendered":"Felwine Sarr, r\u00e9investir l\u2019histoire et l\u2019utopie"},"content":{"rendered":"<p><strong>La tourn\u00e9e am\u00e9ricaine des pi\u00e8ces <em>Traces \u2013\u00ad \u00a0Discours aux nations africaine<\/em> (<em>Traces \u2013 Speach to African Nations<\/em>) et <em>Libert\u00e9, j&rsquo;aurais habit\u00e9 ton r\u00eave jusqu&rsquo;au dernier soir<\/em> (<em>Freedom, I&rsquo;ll have lived your dream until the last day<\/em>) a d\u00e9marr\u00e9 le 19 septembre. Elles seront jou\u00e9es \u00e0 New York, Princeton, Georgia State University (Atlanta) et \u00e0 Duke University (Durham). Duke o\u00f9 vous avez d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9, il y a deux ans, Anne-Marie Bryan Distinguished Professor in French and Francophone Studies. Ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 une premi\u00e8re question qui concerne votre arriv\u00e9e aux Etats-Unis, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de multiples p\u00e9r\u00e9grinations puisque vous avez \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement actif sur le continent africain, tout autant qu&rsquo;europ\u00e9en. Le rapport sur la restitution des \u0153uvres d&rsquo;art spoli\u00e9es que vous avez co-sign\u00e9 avec Benedicte Savoy et remis en 2018 au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Emmanuel Macron a eu un immense \u00e9cho en France mais aussi plus largement en Afrique et en Europe. Il a je crois fait profond\u00e9ment bouger les mentalit\u00e9s europ\u00e9ennes et mus\u00e9ographiques sur ce sujet postcolonial. D\u00e8s lors, de quelle mani\u00e8re envisagez-vous le d\u00e9placement de vos activit\u00e9s d&rsquo;enseignement et de recherche artistique sur le continent am\u00e9ricain ?<\/strong><br \/>\nJe suis arriv\u00e9 en pleine pand\u00e9mie de Covid-19 \u00e0 Duke, en 2020, \u00e0 un moment o\u00f9 je n&rsquo;\u00e9tais d\u2019ailleurs plus vraiment pr\u00e9sent au S\u00e9n\u00e9gal. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 une ann\u00e9e \u00e0 Nantes en 2017-2018, puis quelques mois de r\u00e9sidence \u00e0 Cassis, et c&rsquo;est l\u00e0-bas que m&rsquo;est arriv\u00e9e la proposition de l\u2019Universit\u00e9 de Duke, qui tombait \u00e0 pic. J&rsquo;y ai r\u00e9pondu favorablement \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, d\u2019abord parce que j&rsquo;avais l\u2019envie profonde de changer de discipline, de quitter l&rsquo;\u00e9conomie. C\u2019\u00e9tait devenu une bo\u00eete trop \u00e9troite, compl\u00e8tement d\u00e9bord\u00e9e par mes pr\u00e9occupations. J&rsquo;avais aussi envie de prendre du recul par rapport \u00e0 mon continent d&rsquo;origine, \u00e0 mes espaces \u00e9pist\u00e9mologiques que sont l&rsquo;Europe et l&rsquo;Afrique. Une fois arriv\u00e9 ici, s\u2019est pos\u00e9e la question de savoir comment continuer toutes les activit\u00e9s que j\u2019avais entreprises et qui me tenaient \u00e0 c\u0153ur, comme les Ateliers de la pens\u00e9e \u00e0 Dakar (S\u00e9n\u00e9gal). Or, il m\u2019est vite apparu que j\u2019avais d\u00e9sormais la possibilit\u00e9 de regarder et de construire \u00e0 partir d&rsquo;un autre lieu, d\u2019adopter une perspective que j&rsquo;appellerais \u00ab\u00a0triangulaire\u00a0\u00bb. Je pouvais enfin sortir du face \u00e0 face entre l&rsquo;Afrique et l&rsquo;Europe pour d\u00e9caler un peu mon regard. Du point de vue de la recherche, j\u2019ai trouv\u00e9 aussi \u00e0 Duke un d\u00e9partement d&rsquo;\u00e9tudes fran\u00e7aises et francophones o\u00f9 les profils sont tr\u00e8s divers, l\u2019agr\u00e9gat am\u00e9ricain permettant sans doute une plus grande ouverture \u00e9pist\u00e9mologique. Enfin, je laissais derri\u00e8re moi des d\u00e9bats souvent caricaturaux sur les pens\u00e9es d\u00e9coloniales dans laquelle la France s\u2019est enferm\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es. J\u2019avais donc, pour toutes ces raisons, le d\u00e9sir de me mettre en route, de me d\u00e9placer d&rsquo;un point de vue disciplinaire autant que g\u00e9ographique, et d&rsquo;entreprendre une autre aventure. L\u2019occasion s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e, je l\u2019ai saisie.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates \u00e9conomiste, mais aussi \u00e9crivain, musicien, po\u00e8te. Toute votre \u0153uvre vise \u00e0 un d\u00e9cloisonnement des savoirs, \u00e0 cr\u00e9er des relations, des rencontres, des chocs, des recoupements, des points de contact\u2026 Par quelle voie \u00eates-vous arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture dramaturgique ? Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, vous aviez surtout publi\u00e9 des po\u00e8mes, des m\u00e9ditations, \u00e9galement ce qu\u2019on pourrait qualifier de roman philosophique avec <em>Dahij <\/em>(Gallimard, \u00ab\u00a0L\u2019Arpenteur\u00a0\u00bb, Paris, 2009). C&rsquo;\u00e9taient \u00e0 chaque fois des genres hybrides. Mais vous n&rsquo;aviez pas abord\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre, jusqu&rsquo;\u00e0 <em>Sur la barri\u00e8re (We call it Love) <\/em>votre pi\u00e8ce sur le Rwanda. Comment avez-vous d\u00e9couvert ce type d&rsquo;\u00e9criture, comment l&rsquo;avez-vous approch\u00e9e, apprivois\u00e9e ? C&rsquo;est \u00e9videmment un type d&rsquo;\u00e9criture qui est tr\u00e8s diff\u00e9rent puisque dans l&rsquo;espace sc\u00e9nique entrent en jeu la question de la voix, de l&rsquo;oralit\u00e9, du corps qui s\u2019engage\u2026<\/strong><br \/>\nC&rsquo;est une rencontre qui m&rsquo;y a amen\u00e9. Tout a commenc\u00e9 avec mon int\u00e9r\u00eat pour le g\u00e9nocide des Tutsis au Rwanda. Un certain nombre d&rsquo;\u00e9crivains africains \u00e9taient all\u00e9s au Rwanda en 1998 dans le cadre du projet \u00ab\u00a0Rwanda\u00a0: \u00e9crire par devoir de m\u00e9moire\u00a0\u00bb, pour recueillir des t\u00e9moignages et en tirer une \u0153uvre litt\u00e9raire, afin de laisser une trace. Moi, je tournais autour de la question, j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 fait le voyage au Rwanda plusieurs fois, mais je ne savais pas comment l&rsquo;aborder. C\u2019est une amie dramaturge et actrice, Carole Karemera, qui m&rsquo;a donn\u00e9 la solution en me racontant et en m\u2019invitant \u00e0 \u00e9crire une pi\u00e8ce \u00e0 partir d&rsquo;une histoire survenue dans son cercle proche. C&rsquo;est devenu <em>Sur la barri\u00e8re <\/em>(<em>We Call it Love<\/em>). Je suis parti \u00e0 Kigali \u00e0 son invitation pour l\u2019\u00e9criture, qui m\u2019a pris une dizaine de jours, avant de monter la pi\u00e8ce. C&rsquo;est comme \u00e7a que l&rsquo;aventure a d\u00e9marr\u00e9. C\u2019est donc \u00e0 Carole Karemera que je dois d&rsquo;avoir \u00e9crit cette pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre et d&rsquo;avoir entam\u00e9 l&rsquo;\u00e9criture dramaturgique.<\/p>\n<p><strong>Ce n&rsquo;est pas <em>Sur la barri\u00e8re <\/em>qui va \u00eatre donn\u00e9e aux \u00c9tats-Unis mais <em>Traces \u2013 Discours aux nations africaine <\/em>et <em>Libert\u00e9, j&rsquo;aurais habit\u00e9 ton r\u00eave jusqu&rsquo;au dernier soir<\/em>. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois qu&rsquo;elles voyagent aux \u00c9tats-Unis. Si vous deviez en parler bri\u00e8vement \u00e0 un public am\u00e9ricain, comment les pr\u00e9senteriez-vous ? <\/strong><br \/>\nJe dirais que <em>Traces <\/em>est d\u2019abord un discours adress\u00e9 \u00e0 la jeunesse africaine qui s&rsquo;ancre dans le m\u00eame univers m\u00e9taphorique que mon livre <em>Afrotopia<\/em> (Philippe Rey, Paris, 2016), qui en reprend le propos mais dans un geste que je souhaite symbolique et mythologique. Il s\u2019agit de \u00ab\u00a0renarrer\u00a0\u00bb la longue histoire du continent, \u00e0 travers les diff\u00e9rentes tribulations dont il a eu \u00e0 faire l&rsquo;exp\u00e9rience. Mais surtout, adresser un message \u00e0 une jeunesse en lui disant que l&rsquo;on doit gu\u00e9rir, qu&rsquo;il faut continuer \u00e0 \u00e9largir les chemins, tourner la face vers le soleil et continuer \u00e0 entreprendre l&rsquo;\u0153uvre de cr\u00e9ation de soi\u00a0; que son histoire n&rsquo;est pas limit\u00e9e \u00e0 ses \u00e9pisodes obscurs ou sombres, et qu&rsquo;elle avait la possibilit\u00e9, le devoir, l&rsquo;\u00e9lan, d&rsquo;\u00eatre \u00e0 nouveau sujet de son destin. C&rsquo;est vraiment \u00e7a le propos, insister sur les puissances en gen\u00e8se, sur les potentialit\u00e9s, sur les forces endormies qu&rsquo;il faut excaver afin de les rendre pleinement op\u00e9rante. Sur la forme, je d\u00e9sirais le servir par un verbe qui ne s&rsquo;inscrit pas dans une forme de factualit\u00e9, mais dans une langue po\u00e9tique et mythique, qui permettrait de revenir sur ce texte dans des temps autres, sans que le propos ne vieillisse. En somme, <em>Traces<\/em> est une r\u00e9flexion sur le rapport \u00e0 l&rsquo;histoire et \u00e0 l&rsquo;utopie. Avec cette question : comment r\u00e9investir l\u2019histoire et l\u2019utopie sans que ce soit un retour vers un pass\u00e9 mythologique ou mythifi\u00e9 ? Et comment est-ce que la trace de ce qu&rsquo;on a v\u00e9cu et des exp\u00e9riences pass\u00e9es peut servir \u00e0 ouvrir des futurs\u00a0?<\/p>\n<p><em>Libert\u00e9 <\/em>rel\u00e8ve d&rsquo;un tout autre geste\u00a0: c\u2019est une tentative de mise en conversation des itin\u00e9raires de Ren\u00e9 Char et de Franz Fanon, de leur vision de la litt\u00e9rature et de la po\u00e9sie, de leur vision de l&rsquo;engagement et du r\u00f4le du texte \u00e9crit dans cet espace de vie et d&rsquo;engagement. Ren\u00e9 Char est un grand ma\u00eetre, un po\u00e8te que je fr\u00e9quente depuis de longues ann\u00e9es, que j&rsquo;aime \u00e9norm\u00e9ment, et chez qui j\u2019admire aussi l&rsquo;engagement pendant l\u2019\u00e9poque obscure du nazisme. Il a alors quitt\u00e9 l&rsquo;espace du livre pour s\u2019engager corps et \u00e2me dans la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. Or, en lisant Fanon, je me suis rendu compte que ces deux personnages pr\u00e9sentaient des accointances et des r\u00e9sonances, notamment par leur engagement contre le nazisme. Ils ont estim\u00e9 que devant la vue du sang supplici\u00e9, la litt\u00e9rature \u00e9tait insuffisante, qu&rsquo;il fallait un autre type d&rsquo;engagement. Ils sont tous les deux par la suite revenus \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture.<\/p>\n<p><strong>Les deux pi\u00e8ces ont une tessiture fondamentalement diff\u00e9rente, ne serait-ce qu&rsquo;au niveau de la langue. <em>Traces<\/em> est comme vous l\u2019avez d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 un discours, une adresse. C&rsquo;\u00e9tait une pi\u00e8ce de commande qui a fait sa premi\u00e8re lors de l&rsquo;ouverture du Mus\u00e9e des civilisations noires \u00e0 Dakar, mais elle rejoint une partie importante de votre \u0153uvre qui s\u2019attache \u00e0 penser l&rsquo;utopie aujourd\u2019hui, \u00e0 la refonder pour un nouveau si\u00e8cle. <em>Libert\u00e9 <\/em>est quant \u00e0 elle une pi\u00e8ce qui s\u2019inscrit dans des dimensions beaucoup plus sombres, aux r\u00e9sonances tr\u00e8s fortes avec aujourd&rsquo;hui. Elle pr\u00e9sente deux voix qui se rencontrent, se recoupent, mais qui ont chacune une texture tr\u00e8s sp\u00e9cifique. La langue de Ren\u00e9 Char, avec cette densit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre mais qui est aussi parfois un peu \u00e9sot\u00e9rique, face \u00e0 la langue de Fanon qui est beaucoup plus articul\u00e9e. Comment avez-vous envisag\u00e9 l&rsquo;entrecroisement de ces deux voix, et la mani\u00e8re dont elles se tissent \u00e0 la v\u00f4tre ? <\/strong><br \/>\nIl a fallu d\u2019abord parvenir \u00e0 restituer Ren\u00e9 Char dans sa langue, tout en le rendant moins abscons, ce qui a suppos\u00e9 un grand travail de choix, de coupes dans ces textes pour ne retenir que ce qui me semblait le plus explosif, le plus lumineux et le moins obscur. Sans toutefois, bien entendu, perdre compl\u00e8temnt cette opacit\u00e9 qui est centrale et \u00e0 laquelle il a fallu rendre justice. Pour Fanon, ce qui m&rsquo;a int\u00e9ress\u00e9, c&rsquo;est que ses textes ne sont ni des textes litt\u00e9raires, ni \u00e9crits pour le th\u00e9\u00e2tre. Et pourtant, j&rsquo;ai trouv\u00e9 qu&rsquo;il y avait quelque chose dans la prose <em>fanonienne<\/em> qui se pr\u00eatait \u00e0 l&rsquo;adresse, \u00e0 l&rsquo;oralit\u00e9, \u00e0 ce que j\u2019appelle \u00ab\u00a0une mise en <em>orature<\/em>\u00a0\u00bb.\u00a0 J\u2019ai compris pourquoi en travaillant, car <em>Les Damn\u00e9s de la terre <\/em>a \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e dans une forme d\u2019urgence, se sachant atteint d\u2019une leuc\u00e9mie qui allait prendre sa vie, il se promenait dans la pi\u00e8ce et disait son texte \u00e0 sa femme Josie. Il y a donc d\u00e8s le moment de l\u2019\u00e9criture une forme d&rsquo;oralit\u00e9, marqu\u00e9 par la redite, la redondance, un souffle qu\u2019on trouve moins dans <em>Peau Noir et Masque Blanc<\/em>. Tout mon travail s\u2019est jou\u00e9 l\u00e0, selon moi, dans ma capacit\u00e9 \u00e0 les faire dialoguer tout en respectant l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de leur langue, \u00e0 trouver des espaces o\u00f9 leurs diff\u00e9rents univers langagiers et linguistiques, leurs gestes pouvaient se rencontrer. Quant \u00e0 ma place l\u00e0-dedans, \u00e9videmment je suis l&rsquo;intercesseur entre ces deux voix, il y a des pr\u00e9occupations qui r\u00e9sonnent en moi, et qui me permet un dialogue tiss\u00e9 dans le texte.<\/p>\n<p><strong>Ces deux pi\u00e8ces vont \u00eatre donn\u00e9es en fran\u00e7ais, avec un surtitrage en anglais. Ce qui permet bien s\u00fbr de garder toute la musicalit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 de ces langues et de ces voix. Mais de quelle mani\u00e8re pensez-vous que de telles pi\u00e8ces, avec chacune leur sp\u00e9cificit\u00e9, peuvent \u00eatre re\u00e7ues, comprises par un public am\u00e9ricain ? J&rsquo;ai envie d\u2019ajouter, par un public am\u00e9ricain jeune, puisqu\u2019elles seront donn\u00e9es dans trois universit\u00e9s sur les quatre institutions qui vont les accueillir. De quelle fa\u00e7on une jeunesse am\u00e9ricaine peut-elle recevoir ces textes ? Je pense \u00e0 <em>Libert\u00e9<\/em>, puisque Ren\u00e9 Char est clairement moins connu aux Etats-Unis que Frantz Fanon, et c&rsquo;est une rencontre qui peut surprendre, interroger les spectateurs. Qu\u2019attendez-vous en somme de cette r\u00e9ception\u00a0?<\/strong><br \/>\nJe crois que ce qui sera int\u00e9ressant pour moi, ce sera de voir dans quelle mesure ces pi\u00e8ces sont capables de traverser ce que j&rsquo;appelle des \u00ab\u00a0univers culturels originaux et premiers\u00a0\u00bb.\u00a0 <em>Traces<\/em> est ancr\u00e9e en Afrique, comment va-t-elle r\u00e9sonner devant un public de jeunes \u00e9tudiants am\u00e9ricains\u00a0? Peut-\u00eatre par le biais de la question des consciences utopiques, de l\u2019invention les devenirs, qui ont une port\u00e9e universelle. Je m\u2019interroge aussi sur la port\u00e9e d\u2019une question centrale pour les jeunes Africains, celle de l&rsquo;\u00e9mancipation. Est-elle partag\u00e9e de la m\u00eame fa\u00e7on, dans les m\u00eames termes, par la jeunesse d\u2019ici ? Peut-\u00eatre cette question est-elle derri\u00e8re elle\u2026<\/p>\n<p>Pour <em>Libert\u00e9<\/em>, je me dis que l&rsquo;engagement est une th\u00e9matique intemporelle. La question de la violence aussi, qui est l\u00e0, tr\u00e8s pr\u00e9sente, et qui trouvera certainement un \u00e9cho dans le contexte social am\u00e9ricain et dans son histoire r\u00e9cente. Il y a autre chose, je suis tr\u00e8s heureux que, par le biais de Fanon et de sa notori\u00e9t\u00e9 ici, Char puisse apparaitre. Cela permet de transcender la question raciale. Ces deux individus, Char qui est blanc et Fanon qui est m\u00e9tisse, noir, non blanc \u2013 comme on voudra \u2013 tous deux ont le m\u00eame combat, la m\u00eame pr\u00e9occupation. Ils sont pris par le m\u00eame \u00e9lan, et je pense que ce que ce dialogue-l\u00e0 dans un contexte am\u00e9ricain, qui est passionnant, qui permet de faire ressortir ce transracialisme de l&rsquo;engagement, du rapport au monde, \u00e0 la libert\u00e9 de ne pas l&rsquo;inscrire et de ne pas l&rsquo;essentialiser dans la question raciale. Et je pense que le dialogue entre Char et Fanon dit \u00e7a aussi, on voit \u00e0 quel point ils r\u00e9sonnent et \u00e0 quel point ils convergent en d\u00e9pit de leur singularit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Il faut aussi que nous parlions de la musique, qui est fondamentale dans les deux pi\u00e8ces dont elle est \u00e0 chaque fois l\u2019un des acteurs. Dans <em>Traces<\/em>, Simon Wins\u00e9 joue diff\u00e9rents instruments traditionnels : kora, ngoni, fl\u00fbte. La voix, l&rsquo;adresse ne cesse de r\u00e9sonner avec la musique. Vous \u00eates vous-m\u00eame musicien, donc ce n&rsquo;est sans doute pas un hasard. Dans <em>Libert\u00e9<\/em>, on retrouve ce m\u00e9lange de voix et de musique \u2013 plut\u00f4t proche de l\u2019Afrobeat \u2013 avec la participation de Majnun et T.I.E. Comment pourriez-vous nous parler de la place de la musique et de son r\u00f4le, de sa fonction dans votre \u00e9criture th\u00e9\u00e2trale ? <\/strong><br \/>\nDans <em>Traces<\/em>, il y a un d\u00e9sir de retrouver une forme d&rsquo;adresse qui s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;univers ouest-africain o\u00f9 l&rsquo;instrument, la kora ou le n&rsquo;goni, alternant avec la voix parl\u00e9e, dans un jeu de questions r\u00e9ponses et d&rsquo;\u00e9chos, de paroles et contre-paroles, de pauses et des respirations musicales\u2026 La voix a le temps de r\u00e9sonner, la musique vient signifier autrement ce qui est dit dans le texte \u00e9crit. C\u2019est ce qu\u2019on voit g\u00e9n\u00e9ralement dans les assembl\u00e9es ouest-africaines o\u00f9 la musique est un grand medium. Aristide Tarnagda qui a mis en sc\u00e8ne la pi\u00e8ce a voulu restituer cette forme d&rsquo;adresse-l\u00e0, et montrer aussi son efficacit\u00e9. Le choix d&rsquo;instruments plut\u00f4t m\u00e9lodiques que harmoniques, \u00e9tait judicieux pour faire \u00e9cho \u00e0 la voix d&rsquo;Etienne Minoungou.<\/p>\n<p>Dans <em>Libert\u00e9<\/em>, l\u2019approche est tr\u00e8s diff\u00e9rente puisque l\u2019objectif \u00e9tait aussi d\u2019en faire un conte musical. On s&rsquo;est donc interrog\u00e9 avec T.I.E et Majnoun sur le meilleur style de musique \u00e0 mettre en sc\u00e8ne, pour soutenir l&rsquo;articulation entre les voix d\u00e9j\u00e0 musicales de Char, de Fanon, et la mienne. Le r\u00e9sultat est qu\u2019ils ont vraiment su, selon moi, capter l&rsquo;essence du propos et proposer une vari\u00e9t\u00e9 de compositions musicales avec en effet de l&rsquo;Afro beat, mais on tend aussi parfois vers la techno, des chansons beaucoup plus folk\u2026 diff\u00e9rents types de genres musicaux s&rsquo;entrecroisent et cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re qui accompagnent les moments de tension dramatique de la pi\u00e8ce. Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas gagn\u00e9 d&rsquo;avance.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Il y a un autre \u00e9l\u00e9ment qui distingue les deux pi\u00e8ces\u00a0: si <em>Traces<\/em> est servie par un extraordinaire acteur professionnel en la personne d\u2019Etienne Minoungou, <em>Libert\u00e9<\/em> m\u00e9lange sur le plateau des acteurs professionnels, des acteurs non professionnels et des musiciens. Parmi ces acteurs non professionnels, on vous retrouve d\u2019ailleurs Felwine Sarr. Pourquoi avoir fait ce choix, qui est loin d\u2019\u00eatre in\u00e9dit \u00e9videmment au th\u00e9\u00e2tre, mais qui engage diff\u00e9remment les corps, qui suppose un autre jeu, une autre mise en sc\u00e8ne, une autre r\u00e9flexion aussi sur la th\u00e9\u00e2tralit\u00e9\u00a0?<\/strong><br \/>\n\u00c7a a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9sultat d&rsquo;une grande discussion avec Dorcy Rugumba, le metteur en sc\u00e8ne \u00e0 qui on doit ce choix-l\u00e0, qui j&rsquo;avoue ne m\u2019a pas beaucoup convaincu au d\u00e9part. Sans doute parce que je n&rsquo;\u00e9tais pas tr\u00e8s d\u00e9sireux personnellement de monter sur les planches et de jouer le r\u00f4le qu&rsquo;il me fait jouer. Il m&rsquo;a finalement convaincu sur ce que \u00e7a allait apporter, par une forme d&rsquo;incarnation entre le non-jeu et l&rsquo;adresse. Il a fallu apprendre tout de m\u00eame quelques ficelles : le rapport au corps, \u00e0 la voix, \u00e0 la pr\u00e9sence. Mais il y avait aussi quelque chose qui devait relever du v\u00e9cu, de la naturalit\u00e9, de l&rsquo;exp\u00e9rience intime de celui qui est sur sc\u00e8ne et qu&rsquo;il accepte de donner \u00e0 voir. Il y avait aussi chez lui le d\u00e9sir de me sortir du cerveau, de l&rsquo;intellectualit\u00e9, et de me demander d&rsquo;oser une nudit\u00e9, d&rsquo;oser une parole, un d\u00e9voilement, dans un espace inconfortable pour moi qui est la salle de th\u00e9\u00e2tre. Ce n&rsquo;est pas mon lieu, et il a fallu m&rsquo;adresser \u00e0 un autre \u00e9tage de l&rsquo;\u00eatre en moi-m\u00eame, me mettre un peu en danger. Comme j&rsquo;aime les d\u00e9fis apr\u00e8s avoir un temps rechign\u00e9, je me suis lanc\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><em>Felwine Sarr est un universitaire, \u00e9crivain et musicien s\u00e9n\u00e9galais. Depuis 2020, il enseigne la philosophie contemporaine africaine et diasporique \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Duke en Caroline du Nord. Ses travaux universitaires portent sur l&rsquo;\u00e9cologie de la connaissance, la philosophie africaine contemporaine, la politique \u00e9conomique, l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie, l&rsquo;anthropologie \u00e9conomique et l&rsquo;histoire des id\u00e9es religieuses. Avec les \u00e9crivains s\u00e9n\u00e9galais Boubacar Boris Diop et Nafissatou Dia, il est le cofondateur de la maison d&rsquo;\u00e9dition Jimsaan. Felwine Sarr fait de la litt\u00e9rature une n\u00e9cessit\u00e9 vitale, une \u0153uvre de lumi\u00e8re et de libert\u00e9. En 2022, il publie Les lieux qu&rsquo;habitent mes r\u00eaves, un roman m\u00e9ditatif et initiatique.<\/p>\n<p>Anne-Ga\u00eblle Saliot, docteur en philosophie, est Associate Professor of Romance Studies and Core Faculty of the Arts of the Moving Image program \u00e0 la Duke University. D&rsquo;origine fran\u00e7aise, elle a fait ses \u00e9tudes en France, au Lyc\u00e9e Henri IV (Paris) et \u00e0 la Sorbonne, avant d&rsquo;obtenir un doctorat de l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Oxford, au Royaume-Uni. Elle a ensuite men\u00e9 une carri\u00e8re universitaire en \u00e9tudes fran\u00e7aises aux \u00c9tats-Unis. Elle a enseign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de York (Royaume-Uni) et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Johns Hopkins avant de rejoindre Duke.<\/em><\/p>\n\t<a class=\"btn\" href=\"https:\/\/villa-albertine.org\/events\/liberte-i-will-have-inhabited-your-dream-until-last-evening\" target=\"\">\n\t\t\u00ab\u00a0Libert\u00e9: I Will Have Inhabited Your Dream Until the Last Evening\u00a0\u00bb, Page Auditorium, Duke University\t<\/a>\n\t\t<a class=\"btn\" href=\"https:\/\/villa-albertine.org\/events\/traces-speech-african-nations\" target=\"\">\n\t\t\u00ab\u00a0Traces: A Speech to African Nations\u00a0\u00bb, Rialto Center for the Arts, Atlanta, GA\t<\/a>\n\t\n","protected":false},"featured_media":60979,"menu_order":0,"template":"","app_discipline":[275],"app_city_tax":[268,264],"app_magazine_category":[],"class_list":["post-63788","app_magazine_article","type-app_magazine_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","app_discipline-arts-de-la-scene-fr","app_city_tax-atl-fr","app_city_tax-nyc-fr"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Felwine Sarr, r\u00e9investir l\u2019histoire et l\u2019utopie - Villa Albertine<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/felwin-sarr-reinvest-history-and-utopia\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Felwine Sarr, r\u00e9investir l\u2019histoire et l\u2019utopie - Villa Albertine\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La tourn\u00e9e am\u00e9ricaine des pi\u00e8ces Traces \u2013\u00ad \u00a0Discours aux nations africaine (Traces \u2013 Speach to African Nations) et Libert\u00e9, j&rsquo;aurais habit\u00e9 ton r\u00eave jusqu&rsquo;au dernier soir (Freedom, I&rsquo;ll have lived your dream until the last day) a d\u00e9marr\u00e9 le 19 septembre. 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