{"id":63780,"date":"2022-06-07T21:41:24","date_gmt":"2022-06-07T21:41:24","guid":{"rendered":"https:\/\/villa-albertine.org\/magazine\/be-determined-2\/"},"modified":"2023-08-23T08:11:00","modified_gmt":"2023-08-23T08:11:00","slug":"be-determined","status":"publish","type":"app_magazine_article","link":"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/be-determined\/","title":{"rendered":"Sameer Ahmad : \u00ab L\u2019Am\u00e9rique avec laquelle je me suis construit \u00e9tait compl\u00e8tement fantasm\u00e9e \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong>Vous avez fui l\u2019Irak avec votre p\u00e8re, d\u2019abord pour l\u2019Alg\u00e9rie puis pour la France. Quel souvenir gardez-vous de votre arriv\u00e9e en France, et de l\u2019apprentissage du fran\u00e7ais qui est devenu aujourd\u2019hui votre langue d\u2019expression artistique ?<\/strong><br \/>\nLe premier souvenir de mon arriv\u00e9e en France, c&rsquo;est le film Rabbi Jacob, avec Louis de Fun\u00e8s. On ne comprenait pas bien, m\u00eame si j\u2019avais appris mes premiers mots de fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie, rest\u00e9e en partie francophone du fait de son pass\u00e9 colonial. Louis de Fun\u00e8s, pour moi, c\u2019\u00e9tait la France. Le premier contact s\u2019\u00e9tait donc essentiellement fait \u00e0 travers les grimaces de Fun\u00e8s, qui nous faisaient penser que ce pays \u00e9tait peupl\u00e9 de gens compl\u00e9tement fous, qui ne se prenaient pas au s\u00e9rieux. Il y avait aussi dans ce film un personnage, Slimane, qui parlait un faux arabe, ce qui nous faisait beaucoup rire. Mes souvenirs ne sont donc pas aust\u00e8res comme pour tant d\u2019autres immigr\u00e9s qui parlent de leur premier contact avec la France \u00e0 travers le froid, la neige, les regards de travers&#8230; Pas du tout\u00a0! Moi j\u2019ai trouv\u00e9 \u00e7a dr\u00f4le, bienveillant, et m\u00eame cool ! Bien plus en tout cas que tout ce que j\u2019avais connu jusque-l\u00e0.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 mon apprentissage du fran\u00e7ais, ma m\u00e8re le parlait tr\u00e8s bien, mais la pratique de cette langue au quotidien, c\u2019est en France que c\u2019est arriv\u00e9. Mon p\u00e8re s\u2019y est tr\u00e8s vite mis aussi, mon fr\u00e8re et moi venons d\u2019ailleurs de retrouver une vieille cassette d\u2019environ une heure et demie, o\u00f9 je devais avoir 7 ou 8 ans, et sur laquelle on l\u2019entend nous raconter sa vie en fran\u00e7ais. Je me souviens que c\u2019est ce qu\u2019il faisait le soir, au lieu de nous raconter une histoire, il nous racontait sa vie en fran\u00e7ais. Apr\u00e8s seulement quelques ann\u00e9es sur place, cette langue s\u2019\u00e9tait compl\u00e8tement impos\u00e9e \u00e0 la maison et devenait la langue officielle de notre famille.<\/p>\n<p><strong>Vous d\u00e9finissez votre rap avant tout comme un rapport \u00e0 l\u2019oralit\u00e9, et tr\u00e8s peu comme une forme d\u2019\u00e9criture. Est-ce une fa\u00e7on pour vous de r\u00e9pondre \u00e0 une sorte de complexe que porte encore aujourd\u2019hui le rap fran\u00e7ais, qui se sent oblig\u00e9 de se situer par rapport \u00e0 la po\u00e9sie ou \u00e0 la chanson \u00e0 texte\u00a0? Comme si ce genre ne pouvait pas en \u00eatre un, en soi\u2026<\/strong><br \/>\nIl y a en effet une diff\u00e9rence entre ma pratique du rap, et celle par exemple d\u2019un musicien que j\u2019admire beaucoup et avec qui j\u2019ai travaill\u00e9, Sako du groupe Chiens de Paille. Quand lui \u00e9crit en premier pour ensuite rapper, moi j\u2019\u00e9coute d\u2019abord la musique, je rappe, et apr\u00e8s il m\u2019arrive d\u2019\u00e9crire pour ne pas oublier. Mais je n\u2019\u00e9cris pas de fa\u00e7on syst\u00e9matique. C\u2019est toujours la m\u00eame chose\u00a0: je me joue l\u2019instrumental, je trouve des phrases, je joue beaucoup avec les sonorit\u00e9s sans me concentrer uniquement sur les fins de rimes, et apr\u00e8s \u00e9ventuellement j\u2019\u00e9cris. Mais c\u2019est \u00e0 double tranchant car il m\u2019arrive aussi de perdre en \u00e9crivant ce que je viens de rapper, qui tient de la sonorit\u00e9 pure. Quand je fais de la musique, je me dis qu\u2019il faut que m\u00eame un non-francophone puisse appr\u00e9cier, sans n\u00e9cessairement qu\u2019il comprenne le texte. Apr\u00e8s, bien entendu, s\u2019il y a du fond c\u2019est de la mati\u00e8re suppl\u00e9mentaire, mais ce n\u2019est pas l\u2019essentiel. Je tiens vraiment \u00e0 cultiver ce travail de rimes alambiqu\u00e9es, ces fa\u00e7ons de surprendre au d\u00e9tour d\u2019une rime, d\u2019un flow qu\u2019on vient casser, de le faire avec une certaine nonchalance\u2026 du swing quoi\u00a0! Il ne s\u2019agit pas juste de rapper, il faut qu\u2019il y ait un style. Tout le monde peut rapper, c\u2019est comme souffler dans une trompette, jouer du piano ou de la guitare. Tout le monde peut apprendre deux ou trois accords. Ce n\u2019est pas ce qui est dit qui est important, c\u2019est la fa\u00e7on dont c\u2019est dit.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous un processus de cr\u00e9ation \u00e9tabli ou cela \u00e9volue-t-il\u00a0? Comment en arrivez-vous par exemple \u00e0 un album comme <em>Effendi<\/em>\u00a0? <\/strong><br \/>\nTous les jours et quoi qu\u2019il arrive, je m\u2019oblige \u00e0 \u00e9crire entre 4 et 8 mesures, parfois m\u00eame 12. Des mesures que j\u2019utiliserai ou non. J\u2019ai des milliers de notes, des agencements d\u2019id\u00e9es, de rimes, de mots, etc. Lorsque commence le processus de cr\u00e9ation avec mes collaborateurs, on trouve une couleur, une ambiance, une ligne directrice dans le vocabulaire comme dans le grain de la musique. C\u2019est le plus long, le plus difficile : choisir un son, proposer une intention, adopter un champ lexical, d\u00e9finir le rythme, le bpm (NDLR\u00a0: battement par minute). C&rsquo;est \u00e0 ce moment que je ressors mes notes et que je pioche dedans. Une fois que l\u2019on a rassembl\u00e9 toute cette mati\u00e8re, on travaille conjointement la musique et les mots.<\/p>\n<p><strong>\u00c7a veut dire que vous avez d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e du rythme avant d\u2019avoir la m\u00e9lodie ?<\/strong><br \/>\nOui \u00e7a peut m\u2019arriver d\u2019avoir une id\u00e9e, mais il arrive aussi que le rythme s\u2019impose \u00e0 moi. Sur le morceau <em>Pazuzu<\/em> par exemple, on avait opt\u00e9 pour un bpm tr\u00e8s lent, et cela m\u2019a entra\u00een\u00e9 vers un type de cr\u00e9ation bien particulier. Au d\u00e9part, j\u2019avais simplement le mot \u00ab\u00a0Pazuzu\u00a0\u00bb avec deux ou trois rimes, et c\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 que j\u2019ai enclench\u00e9 tout le processus cr\u00e9atif. Une fois que j\u2019ai trouv\u00e9 la cadence, j\u2019\u00e9cris et \u00e7a peut aller vite. En r\u00e9alit\u00e9, il est possible de sortir un morceau par jour, mais parvenir \u00e0 trouver quelque chose d\u2019original, c\u2019est le plus difficile. Bien s\u00fbr, il y a des morceaux qui sont rapides et je dirais m\u00eame faciles \u00e0 composer, comme <em>Nora Miao<\/em>. D\u2019autres comme <em>Vera Cruz <\/em>ou <em>Pazuzu<\/em> ont des rythmes et des swings tr\u00e8s particuliers qui demandent plus de travail. Tout est cadenc\u00e9, millim\u00e9tr\u00e9, donc je suis parfois oblig\u00e9 d\u2019enlever une syllabe ici, d\u2019en rajouter une l\u00e0, mais c\u2019est quand il y a beaucoup de contraintes que \u00e7a devient ludique. Je ne peux plus faire des morceaux comme avant, \u00e0 la cha\u00eene, comme <em>Mon polo<\/em>. J\u2019aime les morceaux \u00e0 50 bpm par exemple car on peut faire rebondir le flow diff\u00e9remment et surtout raconter d\u2019autres histoires. Une phrase peut passer compl\u00e8tement inaper\u00e7ue sur un certain tempo, et devenir grandiose sur un autre. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il m\u2019arrive souvent de reprendre et de recalibrer des phrases enti\u00e8res dans mes morceaux. \u00ab\u00a0<em>Mon \u00e2ge tendre s\u2019est fait rouer de coups de vieux<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9tait pass\u00e9e inaper\u00e7u sur mon album <em>Un amour supr\u00eame<\/em>, et quand je l\u2019ai ressorti sur <em>Apache<\/em>, les gens l\u2019ont reprise tout de suite parce qu\u2019elle \u00e9tait sur le bpm qui lui convenait, avec les jeux de mots qui convenaient pour l\u2019amener.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est un exemple int\u00e9ressant, car vous r\u00e9injectez beaucoup de phrases de vos anciens projets dans les nouveaux, parfois en les modifiant au passage. D\u2019o\u00f9 vient cette habitude\u00a0? <\/strong><br \/>\nC\u2019est une fa\u00e7on de montrer que je continue le m\u00eame projet depuis le d\u00e9but. Dans le fond, c\u2019est toujours moi, c\u2019est toujours la m\u00eame chose, le m\u00eame disque. Il n&rsquo;y a que la forme qui change, le packaging pour ainsi dire, je ne fais pas de nouvel album, il s&rsquo;agit du m\u00eame depuis le d\u00e9part.<\/p>\n<p><strong>Votre culture est donc un h\u00e9ritage de vos origines irakiennes, elle est percut\u00e9e par votre arriv\u00e9e en France, mais aussi plus tard par votre passion pour le skateboard et l\u2019amour du jazz. Quel est le lien commun entre toutes ces disciplines\u00a0? <\/strong><br \/>\nVers 13 ans, j\u2019ai d\u00e9couvert le skate par le biais des vid\u00e9os qui nous arrivaient des Etats-Unis, et \u00e7a a \u00e9t\u00e9 le plus gros chamboulement de toute ma vie, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 \u00e9norme, \u00e7a a tout chang\u00e9. Je trouvais \u00e7a fou\u00a0: le d\u00e9lire, le style, l\u2019ambiance. Et puis c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 faire des figures, en quelque sorte.\u00a0 C\u2019\u00e9tait un mode de vie aussi \u00e0 travers lequel j\u2019ai d\u00e9couvert des styles musicaux, des groupes comme Primus, NOFX, Pennywise et toute cette sc\u00e8ne californienne. On s\u2019est pris \u00e7a tellement fort, en plein visage\u00a0! Je vivais \u00e0 Flers, une petite ville en Normandie, et c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 cette culture skate que j\u2019ai vraiment pu \u00eatre moi-m\u00eame, m\u00eame si on \u00e9tait incompris. C\u2019est aussi \u00e9trangement gr\u00e2ce \u00e0 ma passion pour le skate que j\u2019ai d\u00e9couvert le jazz, \u00e0 travers des musiciens comme Yusef Lateef qui \u00e9taient souvent jou\u00e9s sur les vid\u00e9os. Je me rappelle d\u2019ailleurs un morceau de Miles Davis, <em>Lonely fire<\/em>, sampl\u00e9 par Mobb Deep sur <em>The Infamous<\/em>, qui m\u2019a fait r\u00e9aliser d\u2019un coup les liens nombreux entre ces deux genres musicaux. Il y a aussi la joie, \u00e0 cette \u00e9poque de ma vie, de d\u00e9couvrir et de tracer des liens entre diff\u00e9rentes cultures. Apr\u00e8s avoir visionn\u00e9 les vid\u00e9os, on allait \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que chercher ce que l\u2019on avait entendu\u00a0: Curtis Mayfield, De La Soul, Tribe Called Quest, Souls of Mischief, Smif-n-Wessun, etc., et comme on pouvait commander, on \u00e9tait quinze skaters \u00e0 commander des disques que la m\u00e9diath\u00e8que recevait le mois d\u2019apr\u00e8s. C\u2019\u00e9tait une \u00e9poque fabuleuse, les plus belles ann\u00e9es de ma vie\u00a0! Et exactement comme Sergio Leone a cr\u00e9\u00e9 son Am\u00e9rique \u00e0 Almeria, on a cr\u00e9\u00e9 notre Far West \u00e0 Flers. Il y avait un petit coin que l\u2019on avait appel\u00e9 le San Jos\u00e9, il y avait aussi le Venice, la Justin Herman Plaza, moi je m\u2019appelais Sam\u2026on \u00e9tait compl\u00e8tement <em>matrix\u00e9s<\/em>\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la culture am\u00e9ricaine sont extr\u00eamement nombreuses dans vos chansons, qu\u2019il s\u2019agisse du jazz, du cin\u00e9ma, du basketball, du baseball, du hiphop\u2026 Qu\u2019est-ce que les Etats-Unis ont repr\u00e9sent\u00e9 dans votre construction en tant qu\u2019individu et comment cela a-t-il \u00e9t\u00e9 per\u00e7u dans votre famille\u00a0? <\/strong><br \/>\nL\u2019Am\u00e9rique avec laquelle je me suis construit \u00e9tait \u00e9videmment compl\u00e8tement fantasm\u00e9e. Quand j\u2019\u00e9tais jeune, les Etats-Unis, ce n\u2019\u00e9tait pas New York mais la Californie, San Francisco et peut-\u00eatre un peu Los Angeles. C\u2019\u00e9tait \u00e7a mon r\u00eave \u00e0 13 ans, j\u2019aurais tout donn\u00e9 pour y aller. C\u2019\u00e9tait la ville du skateboard, du <em>keep cool<\/em>, la musique, la douceur de vivre, le pass\u00e9 hippie, la tol\u00e9rance, la ville o\u00f9 tu pouvais \u00eatre qui tu voulais, o\u00f9 il n\u2019y avait pas de jugement\u2026<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re, lui, n\u2019a pas du tout compris. Avant \u00e7a, j\u2019\u00e9tais fascin\u00e9 par Bruce Lee et je faisais du karat\u00e9. Il \u00e9tait tr\u00e8s content parce que le karat\u00e9 c\u2019est carr\u00e9, droit, disciplin\u00e9, avec un <em>sensei<\/em>, des horaires\u2026 c\u2019\u00e9tait la RDA\u00a0! Il aimait ce c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s respectueux, tr\u00e8s travailleur, qui allait bien avec son autre obsession\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cole, l\u2019\u00e9cole, l\u2019\u00e9cole, l\u2019\u00e9cole, apprendre, apprendre, apprendre, apprendre le fran\u00e7ais\u2026 si tu t\u2019appelles Samir il faut que tu sois le premier \u00e0 l\u2019\u00e9cole parce que si tu es premier \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec Fr\u00e9d\u00e9ric, ils vont prendre Fr\u00e9d\u00e9ric.\u00a0\u00bb Alors quand j\u2019ai d\u00e9couvert le skate et que j\u2019ai tout arr\u00eat\u00e9 pour faire de la planche \u00e0 roulette, il n\u2019a rien compris. Il n\u2019y avait pas de professeur, pas d\u2019horaires, je me cassais la figure, les sapes et la musique, c\u2019\u00e9tait pour lui du grand n\u2019importe quoi. Mais l\u2019\u00e9cole ne marchait pas trop mal et je progressais beaucoup en skate, donc petit \u00e0 petit il a accept\u00e9.<\/p>\n<p>Ce que j\u2019aimais, c\u2019\u00e9tait le c\u00f4t\u00e9 <em>entertainment<\/em> des Etats-Unis, je ne me pr\u00e9occupais pas de ce qui se passait sur le plan politique, je n\u2019avais pas de revendications. De toute fa\u00e7on, dans mon esprit, nous \u00e9tions fran\u00e7ais, nous n\u2019\u00e9tions plus irakiens. Je me consid\u00e9rais comme Fran\u00e7ais, fan de San Francisco, de rap, de jazz, de cin\u00e9ma am\u00e9ricain. C\u2019\u00e9tait \u00e7a les ann\u00e9es 90, il n\u2019y avait pas encore eu la vague du cin\u00e9ma asiatique, ni du rap mondial qui allaient tout submerger. On achetait de la Dakatine, une sorte de p\u00e2te de cacahu\u00e8tes sucr\u00e9e, parce qu\u2019il n\u2019y avait pas de beurre de cacahu\u00e8tes en France. On voyait Zack Morris dans <em>Sauv\u00e9 par le gong\/Saved by the Bell<\/em>, arriver en skate au lyc\u00e9e, pendant que nous on \u00e9tait dans des immeubles gris, dans le froid. Alors on a essay\u00e9 de reproduire \u00e7a dans la petite ville industrielle de Flers. \u00c7a nous a mis du baume au c\u0153ur et gr\u00e2ce \u00e0 tout \u00e7a on n\u2019est pas tomb\u00e9 comme d\u2019autres jeunes de 15 ans dans la culture du bar, \u00e0 boire et \u00e0 fumer des joints pour se mettre K.O.<\/p>\n<p><strong>Dans le titre <em>Sitting Bull<\/em>, vous opposez la figure du grande leader Sioux \u00e0 celle de Clint Eastwood. N\u2019y-a-t \u2019il pas quelque chose d\u2019ambivalent dans votre rapport \u00e0 la culture am\u00e9ricaine\u00a0? <\/strong><br \/>\nCe morceau ne fait pas directement r\u00e9f\u00e9rence aux Etats-Unis. C\u2019est une m\u00e9taphore de l\u2019oppress\u00e9 qui \u00ab\u00a0goume\u00a0\u00bb (NDLR\u00a0: abat) l\u2019oppresseur. Enfant, je me rangeais comme les autres du c\u00f4t\u00e9 du cowboy parce que je ne comprenais pas, on m\u2019avait toujours dit que c\u2019\u00e9taient les Indiens les m\u00e9chants. Maintenant, et sur plein d\u2019autres sujets, j\u2019ai compris que l\u2019histoire est \u00e9crite par les vainqueurs. Mais bon, \u00ab\u00a0Clic-clic-boom-Clint-East-Wood-Sitting-Bull\u00a0\u00bb, c\u2019est surtout des sonorit\u00e9s tr\u00e8s riches. En fait c\u2019est exactement \u00e7a l\u2019oralit\u00e9. Si je dis\u00a0: \u00ab Je pense qu\u2019on peut inverser les valeurs, et que le vainqueur n\u2019a pas toujours raison\u00a0\u00bb, ce n\u2019est pas beau, il n\u2019y a pas de style. Si je dis\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<em>Clic clic boom que Sitting Bull nous goume Clint Eastwood<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e7a veut dire la m\u00eame chose, mais c\u2019est moins niais et on salue le geste de l\u2019oralit\u00e9.<\/p>\n<p>Quand je parle de Bruce Lee dans la <em>Fureur de vaincre<\/em>, je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019occupation japonaise de la Chine, il est donc encore question de la violence de l\u2019oppress\u00e9. J\u2019adore ce film, qui raconte l\u2019histoire d\u2019un type qui perd son ma\u00eetre et d\u00e9cide de le venger. Mais en r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est un homme ab\u00eem\u00e9 qui se sert de cette perte comme justification pour assouvir ses pulsions psychopathes, et tuer un maximum de Japonais. Il l\u00e9gitime ainsi son ultra violence, mais il cherche surtout \u00e0 montrer qu\u2019il est le plus fort, peut-\u00eatre m\u00eame qu\u2019il cherche juste \u00e0 s\u2019amuser. Il a beau tabasser ses adversaires, tuer des gens, et y prendre un certain plaisir, il sait pertinemment que \u00e7a ne sert \u00e0 rien. Ses amis se font tuer un par un, peu importe, il va jusqu\u2019au bout\u00a0! C\u2019est compl\u00e8tement nihiliste et donc d\u2019une certaine fa\u00e7on c\u2019est tr\u00e8s romantique. Ce fim a \u00e9t\u00e9 ador\u00e9 dans les pays arabes, dans les pays africains et aux Etats-Unis pas les communaut\u00e9s afrodescendantes car, certes, c\u2019\u00e9tait l\u2019histoire de l\u2019oppress\u00e9 qui se r\u00e9volte contre l\u2019oppresseur, mais surtout parce que c\u2019\u00e9tait un h\u00e9ros non-blanc issu du Tiers-Monde. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que tous ces gens-l\u00e0 se sentaient, \u00e0 une \u00e9chelle mondiale, repr\u00e9sent\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s les Etats-Unis, la France est aujourd\u2019hui le deuxi\u00e8me march\u00e9 mondial du rap en termes de volume de ventes, d\u2019auditeurs, mais aussi de cr\u00e9ativit\u00e9. On parle d\u2019ailleurs depuis 2015 du \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me \u00e2ge d\u2019or du rap fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb Avez-vous le sentiment, derri\u00e8re cette expression, d\u2019appartenir \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration, d\u2019avoir favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle sc\u00e8ne\u00a0? <\/strong><br \/>\nNon, pas vraiment. Si vous m\u2019aviez pos\u00e9 cette question entre 2010 \u00e0 2015, j\u2019aurais sans doute r\u00e9pondu oui, car j\u2019ai eu alors l\u2019impression d\u2019appartenir \u00e0 quelque chose de nouveau, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019artistes comme Nemir, Ta\u00efpan mais aussi l\u2019Entourage. Nous arrivions avec des propositions originales et des sons plus l\u00e9ch\u00e9s inspir\u00e9s par des rappeurs comme Curren$y. C\u2019\u00e9taient des propositions artistiques singuli\u00e8res qui ont rencontr\u00e9 un certain public, mais \u00e0 partir de 2015, ce qu\u2019on commen\u00e7ait \u00e0 appeler \u00ab\u00a0nouvel \u00e2ge d\u2019or\u00a0\u00bb \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 plus industriel qu\u2019artistique. Cette expression d\u00e9signait tout et n\u2019importe quoi. Il faut bien avoir conscience qu\u2019en France la vari\u00e9t\u00e9 gagne toujours. Toujours. On dit que le rap est aujourd\u2019hui partout, mais le rap a \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement infiltr\u00e9 par la vari\u00e9t\u00e9. Avant on disait de la m\u00eame mani\u00e8re que\u00a0le rock \u00e9tait partout, mais le rock c\u2019\u00e9tait qui\u00a0? Alain Souchon\u00a0? C\u2019est tr\u00e8s bien Souchon mais ce n\u2019\u00e9tait plus du rock, c\u2019\u00e9tait de la vari\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, \u00e0 l\u2019instar de Patricia Kaas qui soi-disant chantait le blues. M\u00eame Johnny \u00e0 la fin produisait de la vari\u00e9t\u00e9. Il n\u2019y a pas de culture pop en France, comme aux Etats-Unis ou en Angleterre. Aujourd\u2019hui, force est d\u2019admettre que la vari\u00e9t\u00e9 a encore gagn\u00e9, elle est juste saupoudr\u00e9e d\u2019un peu de rap.\u00a0 J\u2019ajouterais que la vari\u00e9t\u00e9 a gagn\u00e9 mais qu\u2019elle ne le dit pas, et quand elle aura tu\u00e9 le rap, elle infiltrera un autre mouvement. On dit qu\u2019il y a un rap de niche, mais en France le rap est une niche en soi. Je suis venu \u00e0 cette musique car je d\u00e9testais la vari\u00e9t\u00e9 et le pop-rock fran\u00e7ais, je ha\u00efssais tout \u00e7a, alors que j\u2019aime le pop-rock anglais des ann\u00e9es 70. J\u2019ai aim\u00e9 le rap en France justement parce que ce n\u2019\u00e9tait pas de la vari\u00e9t\u00e9. Aujourd\u2019hui, je ne vais pas me mettre \u00e0 l\u2019\u00e9couter sous pr\u00e9texte qu\u2019il y a un soup\u00e7on de rap dedans. La vari\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise peut prendre la forme qu\u2019elle veut, je la d\u00e9testerai toujours. Elle a m\u00eame attaqu\u00e9 la musique classique avec des personnalit\u00e9s comme Andr\u00e9 Rieux qui l\u2019a \u00ab\u00a0vari\u00e9t\u00e9is\u00e9e\u00a0\u00bb ou le rock comme avec Dick Rivers, qui vend plus de disques que Chuck Berry en France. Rappelons que le rap en France a justement \u00e9t\u00e9 rendu visible par la vari\u00e9t\u00e9 de Chagrin d\u2019Amour ou Mc Solaar.<\/p>\n<p><strong>A Miami, vous ambitionnez de faire le portrait d\u2019un certain r\u00eave am\u00e9ricain, miamien m\u00eame, et de ses limites, en lien avec les diasporas qui ont fui les r\u00e9gimes autoritaires de la Cara\u00efbe et de l\u2019Am\u00e9rique latine. Que venez-vous chercher au contact de ces communaut\u00e9s\u00a0?<\/strong><br \/>\nQuand j\u2019aborde un sujet sur le plan artistique, je l\u2019aborde toujours par le biais d\u2019un \u00e9l\u00e9ment concret. Si je veux parler de mes premi\u00e8res amours, celles qui m\u2019ont permis de m\u2019\u00e9vader, je vais parler de l\u2019actrice Nora Miao. A Miami, je viens sur les traces de Jos\u00e9 Fernandez, un joueur de baseball qui r\u00e9sume pour moi toute l\u2019histoire de la diaspora cubaine, et des diasporas en g\u00e9n\u00e9ral. Il est une all\u00e9gorie de ce r\u00eave am\u00e9ricain, et de la chute in\u00e9vitable que va conna\u00eetre Miami d\u2019ici la fin du si\u00e8cle des cons\u00e9quences du d\u00e9r\u00e8glement climatique. Je veux travailler autour de sa figure, pas le personnage en tant que tel, mais tout ce qu\u2019il repr\u00e9sente, pour pouvoir retracer une histoire. Sa vie est un miroir qui me permettra d\u2019aborder le d\u00e9part de Cuba : son arriv\u00e9e \u00e0 Miami, la d\u00e9couverte du baseball, son influence dans cet univers qu\u2019il a profond\u00e9ment transform\u00e9, comment il a craqu\u00e9 mentalement, la fa\u00e7on dont les communaut\u00e9s latines le per\u00e7oivent\u2026 Musicalement, visuellement, sur le plan litt\u00e9raire, c\u2019est une figure incroyable. Je veux comprendre cette destin\u00e9e pour la d\u00e9cliner sous tous les angles possibles.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><em>Rappeur Montpelli\u00e9rain d&rsquo;origine irakienne, Sameer Ahmad est l\u2019auteur de cinq albums :\u00a0<\/em>Justin Herman Plaza<em>, <\/em>Perdants Magnifiques<em>, <\/em>Apaches<em>,\u00a0le diptyque\u00a0<\/em>Un Amour Supr\u00eame : Jovontae\u00a0&amp;\u00a0Ezekiel<em>\u00a0et\u00a0<\/em>Effendi<em>. Enfant, il suit son p\u00e8re en Irak avant de devoir fuir les pers\u00e9cutions politiques, d&rsquo;abord vers l\u2019Alg\u00e9rie, puis enfin la France en 1985. C&rsquo;est en rencontrant, \u00e0 Flers, dans l&rsquo;Orne, le monde du skateboard qu&rsquo;il se prend au jeu du rap.<\/em><\/p>\n","protected":false},"featured_media":60955,"menu_order":0,"template":"","app_discipline":[281],"app_city_tax":[262],"app_magazine_category":[296],"class_list":["post-63780","app_magazine_article","type-app_magazine_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","app_discipline-musique-fr","app_city_tax-mia-fr","app_magazine_category-figures-fr"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Sameer Ahmad : \u00ab L\u2019Am\u00e9rique avec laquelle je me suis construit \u00e9tait compl\u00e8tement fantasm\u00e9e \u00bb - Villa Albertine<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/be-determined\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Sameer Ahmad : \u00ab L\u2019Am\u00e9rique avec laquelle je me suis construit \u00e9tait compl\u00e8tement fantasm\u00e9e \u00bb - Villa Albertine\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Vous avez fui l\u2019Irak avec votre p\u00e8re, d\u2019abord pour l\u2019Alg\u00e9rie puis pour la France. 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