{"id":63761,"date":"2021-10-18T20:56:58","date_gmt":"2021-10-18T20:56:58","guid":{"rendered":"https:\/\/villa-albertine.org\/magazine\/maboula-soumahoro-faire-entendre-latlantique-datlanta\/"},"modified":"2023-08-23T08:10:59","modified_gmt":"2023-08-23T08:10:59","slug":"maboula-soumahoro-faire-entendre-latlantique-datlanta","status":"publish","type":"app_magazine_article","link":"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/maboula-soumahoro-faire-entendre-latlantique-datlanta\/","title":{"rendered":"Maboula Soumahoro : Faire entendre l\u2019Atlantique d\u2019Atlanta"},"content":{"rendered":"<p>Ma\u00eetresse de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Tours,\u00a0Maboula Soumahoro est sp\u00e9cialiste en \u00e9tudes \u00e9tatsuniennes, africaines-am\u00e9ricaines et de la diaspora noire\/africaine. Sa venue \u00e0 Atlanta dans le cadre d&rsquo;une r\u00e9sidence de la Villa Albertine n&rsquo;est \u00e9videmment pas son premier s\u00e9jour aux Etats-Unis, mais constitue tout de m\u00eame une d\u00e9couverte pour l&rsquo;autrice de\u00a0<em>Le Triangle et l&rsquo;Hexagone<\/em> : <em>r\u00e9flexions sur une identit\u00e9 noire <\/em>qui\u00a0doit para\u00eetre bient\u00f4t en anglais sous le titre <em>Black is the Journey, Africana the Name. <\/em>Cette plong\u00e9e dans la capitale de l&rsquo;Etat de G\u00e9orgie, au Sud des Etats-Unis, renvoie Maboula Soumahoro \u00e0 un sujet qui l&rsquo;occupe depuis ses premiers travaux de th\u00e8se : comment rendre compte d&rsquo;une histoire, de r\u00e9alit\u00e9s qui s&rsquo;expriment d&rsquo;abord en dehors du langage universitaire.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Dans votre dernier essai<em> Le Triangle et l&rsquo;Hexagone<\/em> : <em>r\u00e9flexions sur une identit\u00e9 noire<\/em><em>, <\/em>vous proposez de d\u00e9velopper un imaginaire Atlantique, de penser cet espace entre l\u2019Europe, l\u2019Am\u00e9rique et l\u2019Afrique comme un espace \u00e0 part enti\u00e8re. La ville d&rsquo;Atlanta, par son nom, r\u00e9sonne \u00e9videmment avec cette pr\u00e9occupation. Que repr\u00e9sente-t-elle dans votre imaginaire personnel, avant d\u2019y d\u00e9marrer votre r\u00e9sidence ?<\/strong><\/p>\n<p>Atlanta est une ville que je ne connais pas du tout. J&rsquo;y ai seulement pass\u00e9 quatre jours, il y a cinq ans, pour le congr\u00e8s de l&rsquo;UNCF (<em>United Negro College Fund<\/em>), o\u00f9 j\u2019\u00e9tais invit\u00e9e. Evidemment, je connais l&rsquo;existence des HBCU&rsquo;s (<em>Historicaly black colleges and universities<\/em>) et j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion d&rsquo;aller sur les campus de Spelmann College ou de Morehouse College, qui sont vraiment des lieux mythiques pour moi. J&rsquo;ai pu visiter aussi le quartier africain-am\u00e9ricain, et notamment l&rsquo;\u00e9glise o\u00f9 officiait Martin Luther King. Pour moi, Atlanta reste donc une ville embl\u00e9matique de cette histoire, que j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9e mais que je ne connais pas intimement comme je connais New York.<\/p>\n<p>Quant au nom de la ville et \u00e0 sa signification, je dois avouer que c\u2019est Pascale Beyaert, l\u2019ancienne attach\u00e9e culturelle sur place, qui m&rsquo;a fait entendre pour la premi\u00e8re fois \u00ab l&rsquo;Atlantique \u00bb dans Atlanta. C\u2019est donc tout nouveau, cette association AtlantaAtlantique, dans mon esprit. Pourtant, j&rsquo;ai la conscience de l&rsquo;Atlantique, de la Cara\u00efbe et de l&rsquo;Am\u00e9rique centrale ou du Sud, mais je suis entr\u00e9e aux \u00c9tats-Unis par New York, comme une immigr\u00e9e europ\u00e9enne par Ellis Island. Dans ma conception originelle de la ville et du Sud des \u00c9tats-Unis, je n&rsquo;avais jamais fait le rapprochement.<\/p>\n<p>Je me suis pourtant int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque \u00e0 l\u2019histoire et \u00e0 la culture des Gullah (\u00e9galement appel\u00e9s Geechee), ces Africains-Am\u00e9ricains originaires des <em>Sea Islands<\/em>, au large de la G\u00e9orgie. J\u2019ai beaucoup lu pendant mes \u00e9tudes sur cette communaut\u00e9, descendante des esclaves des plantations de G\u00e9orgie, dont l\u2019isolement a d\u00e9bouch\u00e9 sur l\u2019invention d\u2019une langue cr\u00e9ole, qui n\u2019est pas l&rsquo;idiome africain-am\u00e9ricain mais se rapproche plut\u00f4t de ce qu\u2019on peut trouver aux Antilles. Le film de Julie Dash <em>Daughter of the Dus<\/em>t, tout comme certaines de mes lectures, m\u2019avaient fait d\u00e9couvrir l\u2019histoire des Gullah et je r\u00eavais d&rsquo;aller les visiter. Pas tant dans les<em> Sea Islands<\/em> d\u2019ailleurs, d\u2019o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s par le d\u00e9veloppement immobilier, que sur les c\u00f4tes o\u00f9 ils ont migr\u00e9. Je suis heureuse de pouvoir partir trois mois pour m\u2019immerger dans cette r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Parlons de cette question de la langue, et de la traduction. Dans <em>Le Triangle et l&rsquo;Hexagone<\/em>, vous meniez une r\u00e9flexion sur le rapport que vous entretenez avec la langue de votre m\u00e8re, le dioula, que vous n\u2019avez pas appris d\u2019elle. La r\u00e9sidence sera-t-elle l\u2019occasion d\u2019approfondir votre r\u00e9flexion \u00e0 ce sujet ?<\/strong><\/p>\n<p>Tout le projet tourne autour de la question de la traduction, mais appr\u00e9hend\u00e9e de mani\u00e8re \u00e9largie, la traduction au-del\u00e0 de la langue en quelque sorte. J&rsquo;ai mes obsessions personnelles, \u00e0 commencer par mon rapport \u00e0 ma langue maternelle et la perte d&rsquo;un certain degr\u00e9 d&rsquo;intimit\u00e9 qui est aujourd\u2019hui irr\u00e9cup\u00e9rable. M\u00eame si j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;apprendre le dioula et le bambara, je ne les aurai pas appris par ma m\u00e8re, et je ne pourrai jamais rattraper cela. Ce qui m&rsquo;int\u00e9resse, c&rsquo;est donc la notion de traduction en tant que transformation, que circulation, comme mani\u00e8re de trouver des \u00e9quivalences, du sens entre deux endroits diff\u00e9rents. Le r\u00e9sultat devrait \u00eatre une performance, ou une installation multim\u00e9dia, qui me permettra de d\u00e9cliner diff\u00e9rents types de langues et d&rsquo;expressions.<\/p>\n<p>Pour prendre un autre exemple personnel \u00e0 propos de cette probl\u00e9matique qui me passionne, j&rsquo;ai acquis au cours de mes \u00e9tudes ce qu\u2019on pourrait appeler la langue universitaire, une langue plut\u00f4t confidentielle, \u00e9litiste, qui \u00e9choue souvent \u00e0 atteindre le commun des mortels. Or, ma trajectoire est celle d&rsquo;une transfuge de classe, et je me suis toujours demand\u00e9 comment je pouvais partager mes connaissances, mes voyages, tout ce que j&rsquo;ai accumul\u00e9, avec des gens qui ne sont pas form\u00e9s au langage universitaire. C\u2019est une question qui me poursuit depuis ma th\u00e8se, qui portait sur les mouvements <em>Nation of Islam<\/em> et rastafari, des objets qui m\u2019int\u00e9ressaient parce que j\u2019\u00e9coutais beaucoup de reggae et de rap. D\u00e8s lors, comment se fait-il que d\u00e8s le moment o\u00f9 j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger ce travail de th\u00e8se doctorale, je me sois imm\u00e9diatement coup\u00e9e de ces communaut\u00e9s, de la possibilit\u00e9 pour elles d\u2019acc\u00e9der \u00e0 ce que j\u2019\u00e9crivais ? Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que cette langue qui, \u00e0 un moment, nous divise ? Et surtout, cette langue dit-elle vraiment beaucoup plus qu&rsquo;un morceau de musique ? Je ne le pense pas. Il s\u2019agit pour moi aujourd\u2019hui de conscientiser tout cela.<\/p>\n<p><strong>De quelle fa\u00e7on ? Qu\u2019est-ce que la performance ou l\u2019installation vous apportent que ne permet pas un ouvrage de sciences sociales ?<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 terme, je ne sais pas encore ce que ce projet va donner, mais je sais qu&rsquo;il y aura de la musique, de la vid\u00e9o, des entretiens\u2026 C&rsquo;est aussi pour moi une fa\u00e7on de regrouper tous mes mondes, de les d\u00e9cloisonner. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s inspir\u00e9e par Omar Berrada, un chercheur d\u2019origine marocaine qui enseigne \u00e0 New York, et dont j\u2019avais pu voir une performance \u00e0 Lafayette Anticipations, la Fondation d\u2019entreprise pour les arts contemporains des Galeries Lafayette. Je crois que c&rsquo;\u00e9tait en 2018 ou 2019, une conf\u00e9rence-performance dans laquelle il revenait sur sa trajectoire personnelle, depuis le Maroc jusqu\u2019\u00e0 la France, tout en diss\u00e9minant des \u00e9l\u00e9ments de son savoir scientifique. Je me souviens en particulier du propos qu\u2019il articulait autour de sa grand-m\u00e8re, ou de son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re, venue au Maghreb depuis l\u2019Afrique subsaharienne et qui avait gard\u00e9 un accent qui l\u2019emp\u00eachait de prononcer certains mots arabes. C\u2019\u00e9tait la trace de son alt\u00e9rit\u00e9, qui lui servait de point de d\u00e9part sonore pour explorer et diffuser des images d\u2019archives personnelles m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 des films ethnographiques, du texte, de la musique, des powerpoint\u2026<\/p>\n<p>\u00c7\u2019a \u00e9t\u00e9 comme un d\u00e9clic, le propos \u00e9tait passionnant, et cela montrait qu\u2019on pouvait le tenir d\u2019une autre fa\u00e7on, s\u2019appuyer sur d\u2019autres outils. J\u2019avais commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019affranchir des r\u00e8gles acad\u00e9miques en utilisant la premi\u00e8re personne du singulier dans <em>Le<\/em> <em>Triangle et l\u2019Hexagone.<\/em> Mais je me suis vite rendu compte que ce recours au \u00ab je \u00bb, qui me semblait dans un premier temps tr\u00e8s radical, \u00e9tait surtout tr\u00e8s insuffisant. Aller plus loin va me permettre de regrouper, de rassembler encore plus les diff\u00e9rents aspects de ma vie et de mes exp\u00e9riences.<\/p>\n<p>Mais tout reste \u00e0 d\u00e9finir, c&rsquo;est vraiment une sorte de <em>coming out.<\/em> J\u2019ai grandi pauvre dans une cit\u00e9 HLM, et en obtenant mes dipl\u00f4mes, en m\u2019\u00e9levant socialement, il y avait peu de place dans les nouveaux cercles que je fr\u00e9quentais pour ce qui me constitue profond\u00e9ment. Avec l\u2019\u00e2ge, j&rsquo;ai envie d&rsquo;\u00eatre tout \u00e7a en m\u00eame temps, on verra bien ce que \u00e7a va donner.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est aussi un moyen de contourner les r\u00e9sistances que vous avez rencontr\u00e9es en France, \u00e0 l\u2019universit\u00e9, lorsque vous avez voulu vous pencher sur les <em>black studies <\/em>? Est-ce que les choses n\u2019ont pas \u00e9volu\u00e9 tout de m\u00eame depuis votre th\u00e8se ? <\/strong><\/p>\n<p>La question est int\u00e9ressante, et la r\u00e9ponse n\u00e9cessairement ambivalente. Bien s\u00fbr qu&rsquo;il y a eu des avanc\u00e9es, mais il n&rsquo;y a pas encore eu de profonds changements structurels. Je pense que pour avoir de v\u00e9ritables avanc\u00e9es, nous ne pourrons pas faire l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;entr\u00e9e de corps diff\u00e9rents, et notamment de corps noirs, au sein de l&rsquo;universit\u00e9. Or, si le sujet est de plus en plus discut\u00e9, il l\u2019est parfois \u2013 souvent \u2013 entre sp\u00e9cialistes exclusivement blancs. Et \u00e7a, \u00e7a ne r\u00e8gle pas le probl\u00e8me, car on ne peut pas dissocier le sujet des personnes.<\/p>\n<p>D&rsquo;un point de vue plus personnel, il y a tellement d&rsquo;avance aux \u00c9tats-Unis, au niveau universitaire comme artistique, que j\u2019\u00e9prouve toujours beaucoup de plaisir \u00e0 aller dans cet espace o\u00f9 on peut de ce fait aller beaucoup plus loin. Utiliser le \u00ab je \u00bb comme je l\u2019ai fait, ou faire une th\u00e8se sur la Nation d&rsquo;Islam et les rastas, cela peut para\u00eetre tr\u00e8s avant-gardiste ou radical en France. Aux \u00c9tats-Unis, je c\u00f4toie des cercles o\u00f9 c&rsquo;est normal, presque classique m\u00eame, et \u00e7a fait du bien parfois d\u2019avoir le sentiment de mener des recherches classiques, de ne pas avoir \u00e0 se justifier. \u00c7a permet surtout de r\u00eaver, de sortir du niveau strictement politique, de la confrontation, et donc d\u2019\u00e9voluer avec un certain confort de penser sans avoir besoin de se d\u00e9fendre, de se justifier ou d&rsquo;acqu\u00e9rir de la l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mais est-ce que cela passe n\u00e9cessairement selon vous par une forme de communautarisation de l&rsquo;enseignement et donc de la pens\u00e9e ? Est-ce qu&rsquo;il faut compl\u00e8tement abandonner la possibilit\u00e9 d\u2019une forme d&rsquo;objectivit\u00e9 scientifique, au nom de la pr\u00e9valence du sujet n\u00e9cessairement situ\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce que permettent les HBCUs aux \u00c9tats-Unis, ou m\u00eame toutes les universit\u00e9s ou les enclaves intellectuelles qu&rsquo;on appellerait \u00ab communautaristes \u00bb en France, c&rsquo;est du confort. C&rsquo;est \u00e0 dire que dans les HBCUs, on n&rsquo;est pas seulement en train de r\u00e9p\u00e9ter en boucle \u00ab on est africains-am\u00e9ricains, on est africains-am\u00e9ricains, on est africains-am\u00e9ricains \u00bb. Il y a la possibilit\u00e9 de se former \u00e0 toutes les disciplines, mais toujours avec cette compr\u00e9hension de l&rsquo;hostilit\u00e9 ambiante, de ce que j\u2019ai appel\u00e9 la \u00ab charge raciale \u00bb. Ces espaces sont cr\u00e9\u00e9s pour prendre soin des gens, et je pr\u00e9cise \u2013 car on a souvent une id\u00e9e fausse en France \u2013 que les HBCUs ne sont pas interdites aux Blancs, ni comme \u00e9tudiants, ni comme professeurs. La question qui se pose alors, c&rsquo;est : pourquoi y en a-t-il si peu ?<\/p>\n<p>J\u2019aimerais faire le parall\u00e8le avec les universit\u00e9s de femmes, qui ont \u00e9t\u00e9 ouvertes \u00e0 un moment o\u00f9 elles \u00e9taient exclues de l&rsquo;universit\u00e9. Mais aujourd\u2019hui, ces universit\u00e9s ne sont plus uniquement f\u00e9minines, je pense par exemple au Barnard Coll\u00e8ge \u00e0 Columbia que je connais bien. En revanche, c\u2019est un lieu qui prend en compte la question du sexisme \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, et permet \u00e0 des femmes de d\u00e9velopper des comp\u00e9tences de leadership qui auraient \u00e9t\u00e9 plus difficiles \u00e0 acqu\u00e9rir si elles \u00e9taient all\u00e9es dans une autre universit\u00e9 plus classique. Cela n\u2019emp\u00eache en rien les hommes d\u2019aller \u00e0 la Barnard ! On doit prendre conscience, c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, de l\u2019importance qu\u2019ont ces espaces o\u00f9 les minorit\u00e9s sont en majorit\u00e9, trouvent un certain confort tout en maintenant la conversation avec des gens diff\u00e9rents, mais toujours ouverts.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que malgr\u00e9 tout, quand vous \u00eates dans un contexte am\u00e9ricain, vous avez le sentiment d&rsquo;amener quelque chose de la France avec vous ? <\/strong><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, parce que je ne suis pas que Noire aux \u00c9tats-Unis, je suis Fran\u00e7aise&#8230; et je ne suis pas une Africaine du continent non plus, je ne suis pas de la Cara\u00efbe, je suis parisienne. Cela joue aussi, \u00e9videmment, dans mon rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. La plus grosse diff\u00e9rence que je ressens avec mes coll\u00e8gues africains-am\u00e9ricains, c\u2019est que je suis habitu\u00e9e \u00e0 interagir en dehors de ma communaut\u00e9. Je n&rsquo;ai pas de probl\u00e8me \u00e0 fr\u00e9quenter des cercles blancs, noirs, asiatiques, latinos, natifs\u2026 Je peux naviguer entre ces diff\u00e9rentes sph\u00e8res peut-\u00eatre plus ais\u00e9ment, parce que je ne suis pas entrav\u00e9e par l&rsquo;histoire locale, par l&rsquo;histoire nationale. Ce n&rsquo;est pas moi. C&rsquo;est un peu, je pense, comme les Africains-Am\u00e9ricains qui viennent \u00e0 Paris, qui sont accept\u00e9s dans des cercles qu&rsquo;ils ne c\u00f4toieraient pas s&rsquo;ils \u00e9taient aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 cause des tensions qui sont tr\u00e8s vives. Quand je vais aux \u00c9tats-Unis, je peux aller partout, voir n\u2019importe quelle exposition. Parfois, quand on est l&rsquo;\u00e9trang\u00e8re et qu&rsquo;on n&rsquo;est pas une \u00e9trang\u00e8re d\u00e9valoris\u00e9e, il peut y avoir des avantages.<\/p>\n","protected":false},"featured_media":58466,"menu_order":0,"template":"","app_discipline":[],"app_city_tax":[268],"app_magazine_category":[296],"class_list":["post-63761","app_magazine_article","type-app_magazine_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","app_city_tax-atl-fr","app_magazine_category-figures-fr"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Maboula Soumahoro : Faire entendre l\u2019Atlantique d\u2019Atlanta - Villa Albertine<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/maboula-soumahoro-faire-entendre-latlantique-datlanta\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Maboula Soumahoro : Faire entendre l\u2019Atlantique d\u2019Atlanta - Villa Albertine\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Ma\u00eetresse de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Tours,\u00a0Maboula Soumahoro est sp\u00e9cialiste en \u00e9tudes \u00e9tatsuniennes, africaines-am\u00e9ricaines et de la diaspora noire\/africaine. 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