{"id":511378,"date":"2024-02-29T19:36:47","date_gmt":"2024-02-29T19:36:47","guid":{"rendered":"https:\/\/villa-albertine.org\/magazine\/the-power-of-collective-voice-culture-identity-and-empowerment\/"},"modified":"2024-03-07T19:49:23","modified_gmt":"2024-03-07T19:49:23","slug":"the-power-of-collective-voice-culture-identity-and-empowerment","status":"publish","type":"app_magazine_article","link":"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/the-power-of-collective-voice-culture-identity-and-empowerment\/","title":{"rendered":"Le Pouvoir du collectif : Culture, Identit\u00e9 et Empowerment"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Tiana, pourriez-vous nous expliquer comment fonctionne Yard Concept, qui se d\u00e9finit comme \u00ab\u202fune plateforme d\u2019apprentissage centr\u00e9e sur l\u2019investigation culturelle et la conscience collective\u202f\u00bb\u202f? Son influence a \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante pour aborder la question des d\u00e9fis urbains au centre de cette \u00e9dition de La Nuit des Id\u00e9es.<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tiana Webb Evans :<\/strong> Tout a commenc\u00e9 en 2018. Pour ceux d\u2019entre nous qui ne sont pas artistes plasticiens, il y a un risque de perdre de vue son identit\u00e9. Surtout aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 les citoyens sont consid\u00e9r\u00e9s comme faisant partie d\u2019une industrie ou, selon l\u2019expression de James Baldwin, d\u2019une cha\u00eene de production. Ce que nous faisons pour gagner notre vie devient notre identit\u00e9. J\u2019\u00e9tais arriv\u00e9e \u00e0 un point o\u00f9 mes travaux de recherche et mes centres d\u2019int\u00e9r\u00eat personnels ne faisaient plus partie de ma vie quotidienne. Yard Concept est ma solution \u00e0 ce probl\u00e8me et englobe les divers centres d\u2019int\u00e9r\u00eat de mes 20 ann\u00e9es dans le monde de l\u2019art et du design, dans toute leur complexit\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019int\u00e9resse beaucoup \u00e0 la philosophie, et comme je viens des Cara\u00efbes, j\u2019attache une grande importance au concept d\u2019enracinement, mais aussi de ramification. Avec Yard Concept, je m\u2019efforce de rassembler diff\u00e9rentes voix au travers d\u2019un journal num\u00e9rique, de conversations, de po\u00e8mes, d\u2019essais et d\u2019interviews. Mon but est de cr\u00e9er une communaut\u00e9 vivante et dynamique qui accueille des personnes du monde entier, de tous les \u00e2ges, et qui font toutes preuve d\u2019une grande curiosit\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019amoureuse des livres, j\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chi au fait que ceux d\u2019entre nous qui travaillent dans le domaine des arts et des sciences humaines partent souvent du principe que nous avons tous les m\u00eames r\u00e9f\u00e9rences culturelles. Mais mon exp\u00e9rience des r\u00e9seaux sociaux m\u2019a prouv\u00e9 que ce n\u2019est pas toujours le cas et je me suis rendue compte que certains livres n\u00e9cessitent un important niveau de connaissances pr\u00e9alable pour \u00eatre pleinement appr\u00e9ci\u00e9s.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La question est donc de savoir comment partager cela. Comment partager ces informations, ces points de vue, ces fa\u00e7ons d\u2019\u00eatre avec les autres sans la pression d\u2019un club de lecture, sans exiger de quelqu\u2019un qu\u2019il ait l\u2019\u00e9quivalent de cinq ans de lecture derri\u00e8re lui avant de pouvoir se joindre \u00e0 une discussion\u202f? C\u2019est ce qui a donn\u00e9 naissance aux Yard Concept Reading Circles.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ces cercles de lecture ont commenc\u00e9 \u00e0 la Gavin Brown\u2019s Enterprise, une ancienne galerie d\u2019art tr\u00e8s populaire \u00e0 Harlem. Ils s\u2019appuient sur une discussion en commun plut\u00f4t que sur des lectures individuelles, ce qui permet des \u00e9changes inclusifs et diversifi\u00e9s. Cette approche remet aussi en question la binarit\u00e9 qui pr\u00e9vaut en mati\u00e8re de genre, de race et d\u2019\u00e2ge, et qui est un vrai poison et une source de division dans notre soci\u00e9t\u00e9. Faire converser ensemble des inconnus devient un acte radical. Tr\u00e8s souvent, les gens qui assistent aux cercles de lecture lisent les livres apr\u00e8s coup, une fois l\u2019\u00e9v\u00e9nement termin\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lydia, vous avez cr\u00e9\u00e9 votre propre maison d\u2019\u00e9dition, Shed Publishing. Pourriez-vous nous expliquer comment vous rassemblez du mat\u00e9riel, comment vous trouvez un terrain culturel commun \u00e0 partir de livres et de connaissances ancr\u00e9s dans une communaut\u00e9, afin de leur donner une port\u00e9e plus universelle\u202f?&nbsp;<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lydia Amarouche : <\/strong>J\u2019ai con\u00e7u Shed Publishing il y a environ quatre ans, pour combler un manque en France, o\u00f9 les espaces physiques de r\u00e9union pour le mouvement antiraciste sont rares. Des centres culturels comme Khiasma, cr\u00e9\u00e9 par Olivier Marboeuf aux Lilas (93), et <s>La Colonie <\/s>\u00e0 Paris, fond\u00e9 par l\u2019artiste franco-alg\u00e9rien Kader Attia, ont jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans la promotion d\u2019\u00e9changes intellectuels et artistiques ancr\u00e9s dans la diversit\u00e9. Malheureusement, \u00e0 cause de la pand\u00e9mie et du manque de financement public, les deux centres ont ferm\u00e9.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe tout de m\u00eame encore d\u2019excellentes initiatives, comme Filles de Bl\u00e9dards et Mwasi, qui font partie du collectif afrof\u00e9ministe, mais je voulais cr\u00e9er un espace de libert\u00e9 distinct des institutions et du monde universitaire. J\u2019ai aussi le sentiment que lorsqu\u2019on a sa propre structure, on peut dialoguer plus efficacement avec les institutions.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, comme Tiana, j\u2019organisais des ateliers avec des groupes de lecture. J\u2019utilisais la m\u00e9thode de l\u2019arpentage, issue de la culture des syndicats au XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle en France. C\u2019est une forme d\u2019exploration qui \u00e9tait employ\u00e9e par les travailleurs d\u00e9sireux de s\u2019instruire et de lire des ouvrages de th\u00e9orie politique, mais qui n\u2019avaient ni le temps ni l\u2019argent pour s\u2019acheter des livres. Le principe de l\u2019arpentage, c\u2019est de prendre un livre, de le d\u00e9couper en plusieurs morceaux, et de les distribuer au groupe. Chacun re\u00e7oit le m\u00eame nombre de pages, qu\u2019il lit de son c\u00f4t\u00e9. Ensuite, le groupe se r\u00e9unit et chacun partage ce qu\u2019il a appris. Cette m\u00e9thode a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par les milieux militants.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des premiers livres que j\u2019ai lus collectivement dans ces groupes \u00e9tait l\u2019\u0153uvre d\u2019une architecte, Samia Henni, qui mettait en lumi\u00e8re la fa\u00e7on dont l\u2019architecture avait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans l\u2019Alg\u00e9rie colonis\u00e9e pour supprimer toute vell\u00e9it\u00e9 d\u2019ind\u00e9pendance ou de r\u00e9volte. Le livre \u00e9voquait la mani\u00e8re dont les exp\u00e9rimentations architecturales men\u00e9es dans les colonies avaient eu un impact sur les paysages urbains fran\u00e7ais, comme les grands ensembles dans les banlieues. Cela m\u2019a fait r\u00e9aliser combien il \u00e9tait difficile de discuter de l\u2019impact de la colonisation sur l\u2019architecture fran\u00e7aise, ou dans tout autre domaine, avec une approche syst\u00e9mique. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er une maison d\u2019\u00e9dition o\u00f9 nous pourrions travailler et exp\u00e9rimenter de fa\u00e7on collective. Je voulais aussi cr\u00e9er une collection pour les enfants, pour pr\u00e9server et prendre soin des communaut\u00e9s sous-repr\u00e9sent\u00e9es, et publier de simples histoires les concernant, \u00e0 lire au moment du coucher, comme il y en a tant ici aux \u00c9tats-Unis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les livres peuvent \u00eatre intimidants, surtout dans ces communaut\u00e9s sous-repr\u00e9sent\u00e9es avec lesquelles vous travaillez. Pourquoi avez-vous toutes les deux choisi les livres et comment travaillez-vous sur cette id\u00e9e d\u2019intimidation culturelle\u202f?&nbsp;<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TW : <\/strong>C\u2019est dr\u00f4le, on en revient toujours \u00e0 l\u2019histoire moderne et au colonialisme. La majorit\u00e9 des personnes r\u00e9duites en esclavage aux \u00c9tats-Unis n\u2019avaient pas le droit de lire\u202f; le faire \u00e9tait un privil\u00e8ge. \u00c0 un moment donn\u00e9, un contre-r\u00e9cit s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9, et suscit\u00e9 un rejet insidieux de l\u2019intellectualisme qui a r\u00e9cemment gagn\u00e9 encore plus de terrain aupr\u00e8s d\u2019une large frange de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En tant que New-Yorkaise d\u2019origine jama\u00efcaine, j\u2019ai fait l\u2019exp\u00e9rience de cette fracture. Les personnes d\u2019origine carib\u00e9enne ont la r\u00e9putation d\u2019\u00eatre bien \u00e9duqu\u00e9es. \u00c9videmment, c\u2019est une g\u00e9n\u00e9ralisation. Dans la culture jama\u00efcaine en particulier, il y a une tradition d\u2019engagement philosophique, que ce soit \u00e0 travers la Bible ou par d\u2019autres moyens officiels. \u00c0 tel point qu\u2019\u00e0 Kingston, il y a des types qui ont un van-librairie et vont vendre des livres \u00e0 la sortie des f\u00eates. Donc ce rejet de la lecture m\u2019est inconnu. Je sais que le c\u00f4t\u00e9 intimidant vient d\u2019injonctions culturelles. Les livres sont des objets extr\u00eamement puissants. Ils peuvent vraiment transformer quelqu\u2019un. Je crois que dans le contexte des \u00c9tats-Unis, penser est un acte radical, tout comme le fait de remettre les choses en question, parce que nous sommes prisonniers du consum\u00e9risme et de la recherche de la richesse mat\u00e9rielle.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA : <\/strong>Quand je pense aux livres, je les trouve effectivement intimidants. Je voulais faire bouger les choses \u00e0 diff\u00e9rents niveaux. Gr\u00e2ce aux livres que nous publions, je souhaitais faire d\u00e9couvrir d\u2019autres points de vue et sortir de la figure classique de l\u2019intellectuel, qui est si pr\u00e9gnante en France. Nous avons un discours universitaire tr\u00e8s bien r\u00f4d\u00e9 \u2013 et c\u2019\u00e9tait important pour moi de travailler avec des gens qui ma\u00eetrisent ces concepts \u2013 mais \u00e7a m\u2019int\u00e9ressait aussi de travailler avec des militants associatifs, des associations \u00e0 but non-lucratif et des syndicats. Et je suis d\u2019accord, les livres sont de puissants outils, parce que ce sont aussi des archives\u202f; ils peuvent circuler et inspirer d\u2019autres initiatives.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nos livres sont un processus collectif et transformateur, qui ont aussi leur place ailleurs que dans les librairies. C\u2019est pourquoi nous nous rendons dans des \u00e9coles et participons \u00e0 des manifestations. Nos pratiques au sein de la maison d\u2019\u00e9dition sont tr\u00e8s intersectionnelles\u202f; nous avons des liens avec les milieux militants, la communaut\u00e9 LGBTQ+, le mouvement antiraciste et la sc\u00e8ne artistique. Cela permet de rassembler beaucoup de gens qui ne se parlent pas toujours en temps normal.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TW : <\/strong>Je voudrais juste intervenir parce que je pense que les diff\u00e9rences culturelles sont int\u00e9ressantes. Pendant deux, trois ans peut-\u00eatre, il y a eu un rejet total des intellectuels, du milieu universitaire, de l\u2019\u00e9ducation. Je pense que c\u2019\u00e9tait le d\u00e9but de la campagne de Trump, et c\u2019\u00e9tait vraiment extr\u00eame, les gens \u00e9taient fiers d\u2019\u00eatre anti-\u00e9ducation. Mon initiative est tr\u00e8s diff\u00e9rente, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019aider les gens \u00e0 comprendre pourquoi il est important d\u2019avoir une approche critique de tous les sujets. Nous voulons donner le droit d\u2019analyser et de remettre en question le monde, de r\u00e9fl\u00e9chir, et m\u00eame de r\u00e9imaginer ce monde.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart d\u2019entre nous ne font que suivre une routine\u202f: travailler, rentrer \u00e0 la maison, regarder la t\u00e9l\u00e9, et refaire la m\u00eame chose le lendemain. Nous pouvons accumuler des biens mat\u00e9riels au fil du temps, mais cela ne signifie pas n\u00e9cessairement que nous participons activement \u00e0 des activit\u00e9s culturelles ou d\u00e9terminantes pour l\u2019avenir. Je ne porte aucun jugement, mais c\u2019est une observation qui me pousse \u00e0 intervenir et souligner le fait que nous avons toujours le choix\u202f: soit nous acceptons le monde tel qu\u2019il est, soit nous essayons de le changer. Le fait est que l\u2019architecture, la nourriture, et les livres que nous d\u00e9couvrons sont tous n\u00e9s de l\u2019imagination de quelqu\u2019un, mais nous avons nous aussi le pouvoir d\u2019influer sur notre environnement. Malheureusement, beaucoup d\u2019entre nous sont prisonniers de leur routine, \u00e0 essayer de survivre, au lieu d\u2019\u00eatre engag\u00e9s activement avec le monde qui nous entoure.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lydia, vous allez bient\u00f4t commencer votre r\u00e9sidence \u00e0 la Villa Albertine. Comment comptez-vous travailler ici sur l\u2019id\u00e9e d\u2019agentivit\u00e9 et d\u2019\u00e9mancipation que Tiana vient de d\u00e9crire\u202f?&nbsp;<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA : <\/strong>Je m\u2019int\u00e9resse particuli\u00e8rement au concept de militantisme associatif, qui est per\u00e7u tr\u00e8s diff\u00e9remment en France et aux \u00c9tats-Unis. En France, l\u2019id\u00e9e m\u00eame de communaut\u00e9 est stigmatis\u00e9e, ethniquement et socialement. Le concept fran\u00e7ais de communautarisme implique une forme d\u2019isolement volontaire. La croyance dominante est que les liens communautaires forts sont un obstacle \u00e0 l\u2019int\u00e9gration dans la soci\u00e9t\u00e9 au sens large. Cette id\u00e9e est accentu\u00e9e par l\u2019insistance de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais \u00e0 ne pas tenir compte des origines ethniques et \u00e0 consid\u00e9rer que l\u2019\u00e9galit\u00e9 passe par une n\u00e9gation des diff\u00e9rences. De ce point de vue, pour \u00eatre vraiment Fran\u00e7ais, on doit renoncer \u00e0 son identit\u00e9 culturelle et religieuse. Bien s\u00fbr, nous savons que le refus de tenir compte des origines ethniques et la notion d\u2019int\u00e9gration \u00e0 tout prix sont un mythe, voire un mensonge d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. \u00c0 l\u2019inverse, aux \u00c9tats-Unis, le fait d\u2019appartenir \u00e0 une communaut\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme quelque chose de positif et d\u2019enrichissant.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ma r\u00e9sidence se concentrera principalement sur la fa\u00e7on dont le militantisme associatif appr\u00e9hende les livres. Je sais qu\u2019il existe une culture des clubs de lecture tr\u00e8s vivace aux \u00c9tats-Unis et une r\u00e9elle capacit\u00e9 \u00e0 les rendre ludiques. Je compte participer \u00e0 des clubs de ce type et me rendre dans des biblioth\u00e8ques ind\u00e9pendantes. \u00c0 Los Angeles, j\u2019aimerais beaucoup visiter la Radical Hood Library, cr\u00e9\u00e9e par la rappeuse Noname. J\u2019esp\u00e8re que ce s\u00e9jour me donnera de nombreuses id\u00e9es pour enrichir mes pratiques.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TW : <\/strong>Je te conseille aussi d\u2019aller en banlieue\u202f; c\u2019est l\u00e0 que je recueille les donn\u00e9es qui m\u2019ont permis de comprendre que m\u00eame les personnes qui ont des dipl\u00f4mes et des emplois bien pay\u00e9s se contentent parfois de survivre en suivant une routine.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous mentionnez les banlieues. Arr\u00eatons-nous un moment sur ce terme, qui a une connotation diff\u00e9rente en France et aux \u00c9tats-Unis. En France, les banlieues sont souvent synonymes de comme des zones de d\u00e9classement social. Lydia, pourriez-vous nous en dire davantage, et faire le lien avec vos remarques sur l\u2019architecture postcoloniale\u202f?&nbsp;<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA :<\/strong> Quand je pense aux banlieues am\u00e9ricaines, j\u2019imagine souvent un d\u00e9cor \u00e0 la <em>Desperate Housewives<\/em>. Les banlieues fran\u00e7aises, \u00e0 l\u2019inverse, sont victimes d\u2019une importante stigmatisation sociale et ethnique. Ces zones sont majoritairement habit\u00e9es par les descendants de populations issues des anciennes colonies fran\u00e7aises et souffrent d\u2019un manque notable d\u2019infrastructures. Habitant Marseille, la deuxi\u00e8me plus grande ville de France, j\u2019ai pu constater par moi-m\u00eame un certain nombre de probl\u00e8mes. Entre autres, le manque de liens entre les diff\u00e9rents quartiers, la s\u00e9gr\u00e9gation sociale et ethnique, et la politique des transports publics, avec par exemple des bus qui ne desservent que certaines zones, ce qui emp\u00eache les r\u00e9sidents des Quartiers Nord d\u2019acc\u00e9der aux plages. Bien que de nombreuses associations \u00e0 but non lucratif se soient engag\u00e9es activement dans l\u2019action sociale, il semble que l\u2019\u00c9tat pr\u00e9f\u00e8re se d\u00e9charger de ses responsabilit\u00e9s sur ces organisations, qui manquent de financements, plut\u00f4t que de s\u2019attaquer de front \u00e0 ces probl\u00e8mes.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TW : <\/strong>C\u2019est fascinant, ces diff\u00e9rences. Ce qui me parle, c\u2019est la fa\u00e7on dont l\u2019architecture et l\u2019urbanisme ont contribu\u00e9 historiquement \u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation et \u00e0 la marginalisation. Dans notre r\u00e9gion, par exemple, le r\u00e9seau de bus est intentionnellement con\u00e7u pour emp\u00eacher certaines communaut\u00e9s d\u2019entrer en contact, ce qui refl\u00e8te une strat\u00e9gie destin\u00e9e \u00e0 maintenir la s\u00e9gr\u00e9gation. Je m\u2019int\u00e9resse tout particuli\u00e8rement au contexte historique dans lequel ces d\u00e9cisions ont \u00e9t\u00e9 prises. Aux \u00c9tats-Unis, par exemple, les lois sp\u00e9cifiques mises en place pendant l\u2019\u00e8re Jim Crow \u00e9taient fond\u00e9es sur l\u2019id\u00e9e que la proximit\u00e9 physique conduit \u00e0 l\u2019int\u00e9gration sociale et culturelle. Pour \u00e9viter cela, des mesures ont \u00e9t\u00e9 prises pour assurer la s\u00e9paration des communaut\u00e9s.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En \u00e9tudiant une zone dens\u00e9ment peupl\u00e9e comme Jersey City dans le cadre de la Nuit des Id\u00e9es, nous sommes t\u00e9moins d\u2019importants changements et confront\u00e9s \u00e0 une pression immense. On peut \u00e9tablir un parall\u00e8le avec ce qui se passe au niveau mondial\u202f: l\u2019augmentation du co\u00fbt de la vie en ville conduit \u00e0 une forme d\u2019exode massif. M\u00eame des gens qui ont un emploi stable et qui avaient jusqu\u2019ici les moyens de se loger risquent aujourd\u2019hui de se retrouver sans toit. Cette situation refl\u00e8te une crise plus globale.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les d\u00e9fis essentiels \u00e0 relever et les priorit\u00e9s que vous vous fixez aujourd\u2019hui, concernant cette question de la sous-repr\u00e9sentation, en tant que membres de communaut\u00e9s affranchies et post-colonialistes\u202f?&nbsp;<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TW : <\/strong>J\u2019ai tendance \u00e0 remettre en question cette fa\u00e7on de voir les choses. En tant que Carib\u00e9enne, j\u2019ai re\u00e7u une \u00e9ducation qui mettait l\u2019accent sur l\u2019\u00e9mancipation, h\u00e9ritage des enseignements [du militant panafricaniste] Marcus Garvey, que suivaient mes parents et mes grands-parents. En grandissant dans le Queens, \u00e0 New York, dans les ann\u00e9es 1970 et 1980, la jeune Noire d\u2019origine carib\u00e9enne que j\u2019\u00e9tais a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du multiculturalisme de l\u2019une des villes les plus diverses de la plan\u00e8te, et je ne me suis jamais sentie inf\u00e9rieure \u00e0 qui que ce soit. Je suis pleinement consciente des r\u00e9alit\u00e9s de la sous-repr\u00e9sentation, mais mon travail se concentre davantage sur les probl\u00e9matiques du pouvoir et de la libert\u00e9. Le langage que nous utilisons, les cat\u00e9gories dans lesquelles nous nous pla\u00e7ons, affectent profond\u00e9ment notre vision du monde.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je plaide pour une approche collective qui accepte les nuances et l\u2019inconnu, ce que [l\u2019\u00e9crivain et philosophe] \u00c9douard Glissant appelait l\u2019opacit\u00e9. L\u2019amour et la curiosit\u00e9 sont, je crois, essentielles pour s\u2019attaquer aux probl\u00e9matiques auxquelles nous sommes tous confront\u00e9s\u202f: je ne crois pas qu\u2019un groupe puisse \u00eatre libre ou se lib\u00e9rer ind\u00e9pendamment des autres\u202f; nous sommes tous connect\u00e9s, que cela nous plaise ou non. Mon r\u00f4le est de faciliter les contacts et les conversations entre divers groupes qui n\u2019interagiraient pas en temps normal.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un des aspects essentiels de mon travail est la remise en question de la notion selon laquelle les peuples carib\u00e9ens se voient comme des marginaux. Accepter cette fa\u00e7on de pr\u00e9senter les choses \u2013 se voir comme sous-repr\u00e9sent\u00e9, comme une minorit\u00e9 \u2013 peut constituer un d\u00e9savantage pour les personnes concern\u00e9es, que ce soit sur le plan mental, \u00e9motionnel, spirituel ou intellectuel. Je rejette ce cadre restrictif. Mon int\u00e9r\u00eat pour la philosophie vient d\u2019un d\u00e9sir de comprendre comment nous nous percevons et quel langage nous utilisons pour exprimer ces perceptions.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mon objectif est de favoriser le dialogue entre diff\u00e9rentes communaut\u00e9s et exp\u00e9riences de vie, pour permettre aux individus de se voir les uns les autres avant tout comme des \u00eatres humains.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lydia, voulez-vous r\u00e9agir \u00e0 ce que vient de dire Tiana\u202f?&nbsp;<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LA : <\/strong>En France, l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit dominant est celui du refus de tenir compte des origines ethniques, comme je l\u2019\u00e9voquais tout \u00e0 l\u2019heure. Cette philosophie est notamment \u00e9vidente dans notre syst\u00e8me scolaire, o\u00f9 certains enseignants, inspir\u00e9s par les travaux [du p\u00e9dagogue br\u00e9silien] Paolo Freire et de [la militante afro-am\u00e9ricaine] bell hooks, s\u2019efforcent de renforcer l\u2019inclusivit\u00e9 et la diversit\u00e9 dans leurs classes. Leur objectif est de repr\u00e9senter des individus de diff\u00e9rents milieux et origines dans diff\u00e9rents domaines et r\u00f4les, encourageant ainsi les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 d\u00e9velopper une imagination libre et diverse. On peut prendre comme exemple les cours sur l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e9gyptienne. En g\u00e9n\u00e9ral, les manuels scolaires n\u2019\u00e9voquent que des arch\u00e9ologues britanniques caucasiens, et laissent dans l\u2019ombre leurs confr\u00e8res \u00e9gyptiens. Ces enseignants recherchent activement d\u2019autres ressources pour pallier ce d\u00e9s\u00e9quilibre. Cependant, je crois que la question de la repr\u00e9sentation d\u00e9passe la simple notion de visibilit\u00e9. Il est imp\u00e9ratif d\u2019\u00e9tudier plus en profondeur les structures qui sous-tendent ces repr\u00e9sentations, en particulier la division ethnique du travail, au lieu de se contenter de mettre sporadiquement en avant des artistes non-caucasiens. Il ne s\u2019agit donc pas seulement de repr\u00e9sentation, mais d\u2019un probl\u00e8me syst\u00e9mique auquel il convient de pr\u00eater une attention particuli\u00e8re.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>TW : <\/strong>J\u2019adore cette nuance culturelle. Tu as \u00e9voqu\u00e9 le refus de tenir compte des origines ethniques, et je comprends les implications et l\u2019impact de ce concept en France. Cependant, je crois qu\u2019aux \u00c9tats-Unis, notre mythe fondateur, c\u2019est la m\u00e9ritocratie. Nous nous accrochons d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la croyance selon laquelle tout le monde peut r\u00e9ussir. M\u00eame si nous admettons que ce n\u2019est pas totalement vrai, cette id\u00e9e reste profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans l\u2019esprit des Am\u00e9ricains. Nous souffrons des rapports in\u00e9galitaires entre les ethnies dans notre soci\u00e9t\u00e9, mais il n\u2019y a pas d\u2019adh\u00e9sion massive au refus de tenir compte des origines ethniques ou au principe d\u2019int\u00e9gration. Dans le climat \u00e9conomique actuel, on se concentre davantage sur la lutte pour survivre face \u00e0 l\u2019IA, le d\u00e9r\u00e8glement climatique, et la d\u00e9t\u00e9rioration des infrastructures du gouvernement plut\u00f4t que sur le combat en faveur du rapprochement entre les communaut\u00e9s.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Tiana Webb Evans est la fondatrice d&rsquo;ESP Group LLC, un cabinet de conseil en strat\u00e9gie de marque et en communication qui soutient des clients internationaux dans les secteurs de l&rsquo;art, du design et de l&rsquo;h\u00f4tellerie.<\/em>\u202fElle est \u00e9galement la fondatrice et la directrice cr\u00e9ative de Yard Concept, une plateforme culturelle compos\u00e9e d&rsquo;un journal num\u00e9rique, d&rsquo;une galerie et d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sous la forme de cercles de lecture qu&rsquo;elle a cr\u00e9\u00e9s et qui visent \u00e0 favoriser la prise de conscience par le biais de l&rsquo;art, du design et de la communaut\u00e9. Plus r\u00e9cemment, elle a fond\u00e9 la Jamaica Art Society, une initiative destin\u00e9e \u00e0 soutenir les professionnels de l&rsquo;art jama\u00efcain et \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer son h\u00e9ritage en mati\u00e8re d&rsquo;arts visuels.\u202f <em>Outre ses activit\u00e9s professionnelles, Tiana \u00e9crit sur la culture, conseille et soutient les artistes \u00e9mergents et partage son expertise en si\u00e9geant aux conseils d&rsquo;administration du Project for Empty Space, du Female Design Council et de l&rsquo;Atlanta Art Week. Elle fait \u00e9galement partie des comit\u00e9s consultatifs du Laundromat Project, des foires photographiques et de l&rsquo;Art at a Time Like This.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.yard-concept.com\/\">https:\/\/www.yard-concept.com\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><em>Lydia Amarouche, \u00e9ditrice et commissaire d&rsquo;exposition bas\u00e9e \u00e0 Marseille, est dipl\u00f4m\u00e9e de l&rsquo;\u00c9cole normale sup\u00e9rieure en sociologie, anthropologie et histoire.<\/em> <em>Elle explore divers documents d&rsquo;archives pour cr\u00e9er des enqu\u00eates \u00e9ditoriales qui sont soit expos\u00e9es, soit perform\u00e9es.<\/em> <em>En 2019, elle lance Corpus, une s\u00e9rie de lectures collectives en libre acc\u00e8s qui traitent de l&rsquo;histoire coloniale, des questions queer et f\u00e9ministes, du syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire, de l&rsquo;\u00e9ducation et de l&rsquo;art.<\/em> <em>En 2020, elle fonde Shed publishing, une plateforme d&rsquo;\u00e9dition et d&rsquo;art qui publie des essais sur la th\u00e9orie sociale et politique, et la litt\u00e9rature jeunesse.<\/em>\u202f<em>Lydia est \u00e9galement charg\u00e9e de cours \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Aix-Marseille.<\/em>\u202f<em>En 2024, elle sera r\u00e9sidente de la Villa Albertine et se lancera dans un projet de recherche sur les pratiques de r\u00e9sistance dans l&rsquo;\u00e9dition et la litt\u00e9rature, en se concentrant sp\u00e9cifiquement sur les initiatives qui exploitent les livres comme un m\u00e9dium et un outil d&rsquo;\u00e9ducation politique et populaire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/shed-publishing.com\/\">https:\/\/shed-publishing.com\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"featured_media":503959,"menu_order":0,"template":"","app_discipline":[277,263,282],"app_city_tax":[264],"app_magazine_category":[],"class_list":["post-511378","app_magazine_article","type-app_magazine_article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","app_discipline-architecture-fr","app_discipline-litterature-fr","app_discipline-sciences-humaines-et-sociales-fr","app_city_tax-nyc-fr"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le Pouvoir du collectif : Culture, Identit\u00e9 et Empowerment - Villa Albertine<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/villa-albertine.org\/va\/fr\/magazine\/the-power-of-collective-voice-culture-identity-and-empowerment\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le Pouvoir du collectif : Culture, Identit\u00e9 et Empowerment - Villa Albertine\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Tiana, pourriez-vous nous expliquer comment fonctionne Yard Concept, qui se d\u00e9finit comme \u00ab\u202fune plateforme d\u2019apprentissage centr\u00e9e sur l\u2019investigation culturelle et la conscience collective\u202f\u00bb\u202f? 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